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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 00:35
Le printemps

lilas à Kerestat sur la commune de Roscoff, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent ;
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

 

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

 

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos cœurs gonflés et palpitants ;
Te voilà, rire du Printemps !

 

Jules BRETON (1827-1906)

Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux,
Slatkine Reprints, 1971, III. 1876 (p. 11).

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 00:41
Les Bouquins

affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur le lien

Tu me vois quelquefois triste, énervé, grincheux,
— Quand j’ai fumé surtout mes pipes allemandes
En travaillant longtemps — alors, tu me demandes
D’où vient l’expression si dure de mes yeux.

 

Tu me dis que mes grands bouquins sont ennuyeux
Comme les pins et leurs petits pots dans les landes ;
C’est vrai : viens… tes baisers sont comme des amandes :
Ils ont un parfum blanc : ils sont délicieux.

 

T’aimer bien, ça vaut mieux que de rimer des strophes
Ou que d’étudier de tristes philosophes.
Dans un livre savant, hier soir, je lisais :

 

On y voulait prouver d’une façon notoire
Que la réalité n’est qu’ « hallucinatoire » ;
Je suis halluciné, chère, par tes baisers.



1894. recueil VERS

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 00:06
vers de la maturité

.... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys.

Mourir est moins cruel que ce sort odieux ;

Et je la vis pleurer au moment des adieux.

Elle disait : " Je pars. Partir est chose dure. "

Je lui dis : "Sois heureuse, et va, car rien ne dure.

mais souviens-toi toujours combien je t'ai aimé.

Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée,

Nous allions à la source ou rodions dans les landes.

J'ai tressé pour ton cou d'entêtantes guirlandes ;

La verveine, la rose et la fraiche hyacinthe

Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte ;

Les baumes précieux oignaient ton corps charmant

Et jeune. Près de moi reposant tendrement,

Tu recevais des mains des expertes servantes

Les mille objets que l'art et la mollesse inventent

Pour parer la beauté des filles d'Ionie......

 

SAPPHO

traduction de Marguerite Yourcenar

extrait de l'anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de F. Chandernagor

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 00:33
Souffle d'aventure

port de pêche de Cagnes sur Mer photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Mon désir a suivi la route des steamers
Qui labourent les flots d’une proue obstinée
Dans leur hâte d’atteindre à l’horizon des mers
Où ne persiste d’eux qu’une vaine fumée.

 

Longtemps il s’attarda, compagnon des voiliers
Indolents et déchus, qu’un souffle d’aventure
Ranime par instants en faisant osciller
Le fragile appareil de leur haute mâture.

 

Mais la nuit vient trop vite et ne me laisse plus,
Pour consoler encor mon âme à jamais lasse,
Que les cris de dispute et les chants éperdus
Des marins enivrés dans les auberges basses.

 

Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)

L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 01:00
Haïku de printemps - encore bis

Papillon qui bats des ailes

Je suis comme toi -

Poussière d'être !

 

 

 

Kobayashi Issa

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 00:16
70ème contrerime

paysage d'Arles par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur les liens

 

La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage

 

M’enchante, et ton rire pareil
Au vif éclat des armes ;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil.

 

Mourir non plus n’est ombre vaine.
La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton cœur :
C’est une étrange peine.

 

 

Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 00:00
Oiseau du bois

céramique de Fernand Léger au musée de Biot photo Jalm, cliquez sur les liens

 

C'est un oiseau du bois sauvage
Qui m'a dit : " Tu l'aimeras toujours. "
C'est une vague du rivage
Qui m'a dit : " Renonce à tes amours... "
Mais cet oiseau du bois sauvage
M'a bien dit : " Tu l'aimeras toujours ! "

 

Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.
Loin de tes yeux le temps me dure !
Je languis pour tes regards si beaux !
Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.

 

Augusta HOLMÈS (1847-1903)
extrait de "C'est un oiseau du bois sauvage"

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 01:00
Les arbres

Dans l’azur de l’avril et dans l’air de l’automne,

Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.

Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,

Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

 

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne ;

Son feuillage murmure et frémit en rêvant,

Et s’incline, amoureux des roses du Levant…

Le tremble porte au front une pâle couronne.

 

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,

Le bouleau virginal à l’ivoire changeant

Projette avec pudeur ses blancheurs incertaines.

 

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,

Et des acacias aux verdures lointaines

Tombe divinement la neige des parfums.

 

Renée Vivien

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 01:00
Les Quatrains de Rûmî -- 5

Tu ne peux te libérer du monde

en prêtant l'oreille

 

Tu ne peux te libérer de toi-même 

par beaucoup de paroles

 

Tu ne peux te libérer de tous les deux,

Du monde et de toi-même,

Sauf par le silence.

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 00:32
Solitaire

"stitching the standard" de Edmund Blair Leighton, cliquez sur les liens

 

A Paul Verlaine

 

Pourquoi dois-je, princesse austère et solitaire,
Mourir ici d’ennui : qui viendra conquérir
Ma main, pour me mener vers l’inconnu mystère !

 

Où luira-t-il, ton casque, ô chaste chevalier
Que je crois voir venir au vol de la Chimère,
Le bras bardé de bronze et lourd d’un bouclier !

 

Stuart Merrill
La douleur de la Princesse
in les gammes éd. Vanier 1887

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L'univers d'An Amzer

 

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