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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 00:30
Au trébuché

 

 

Au trébuché

Vacille  son visage                 

Absence

Reste une voix entoilée

 

Suis tombée à genoux

Dans ses mots

Comme l’on prie

Toucher à bras le cœur 

L’insoutenable bonheur 

D’un essentiel

Lumineux

 

 

Eve de Laudec

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 00:10
Crépuscule
 

Marie NOËL

Recueil : "Chants d’arrière-saison"

L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue
Où je serai l’étrangère en ma maison,
Où j’aurai sous le front une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.

Ils diront que j’ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :
La lueur d’avant mon aube la première
Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint.

Ils diront que j’ai perdu ma présence
Parce qu’attentive aux présages épars
Qui m’appellent de derrière ma naissance
J’entends s’ouvrir les demeures d’autre part.

Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n’y savent plus ce qu’ils font
Parce qu’au bord du jour pâle, mes paroles
Sortent d’un silence insolite et profond.

Ils diront que je retombe au bas âge
Qui n’a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage,
Parce que je retourne à l’Éternité.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 01:00
Souvent le coeur qu'on croyait mort

 

Souvent le coeur qu'on croyait mort 
N'est qu'un animal endormi ; 
Un air qui souffle un peu plus fort 
Va le réveiller à demi ; 
Un rameau tombant de sa branche 
Le fait bondir sur ses jarrets 
Et, brillante, il voit sur les prés 
Lui sourire la lune blanche.

 

Cécile Sauvage

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 01:00
A fleur de regard

A fleur de regard

le silence, seulement

- retenu -

par le vol d'un goéland.

 

Guidées par le vent,

des odeurs de varech,

des ancres rouillées

battent le pavé.

L'urgence de la vie

lèche le vide,

dans un geste maladroit.

 

La mort rôde.

Une pluie - drue -

Frigidité d'un bout de terre

qui gémit sous les coups du sort.

 

La rue de Siam,

infinie,

incertaine,

étrangement longue,

frissonne sous les nuages bas.

 

L'haleine salée de la mer d'Iroise

s'effiloche

sur les toits.

 

Une vie en friches.

Le vent tremble au dessus de Brest.

 

Chantal Couliou

Recueil "Au creux des îles " édition SOC & FOC

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 01:00
1540

1540

 

Aussi imperceptiblement que le chagrin L'été s'en est allé—
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie— Une quiétude s'est distillée

Comme un demi-jour commencé de longtemps, Ou la Nature qui aurait passé avec elle-même Un après-midi retiré—
L'obscurité s'est ramassée plus tôt—

Le matin, étranger, a brillé—
Courtoise, pourtant déchirante grâce, Comme invitée, mais qui s'en serait allée— Et ainsi, sans une aile,
Ni l'aide d'une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.

Emily Dickinson

 

 

1540

As imperceptibly as Grief The Summer lapsed away— Too imperceptible at last To seem like Perfidy—

A Quiestness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself Sequestered Afternoon—

The Dusk drew earlier in— The Morning foreign shone—

A courteous, yet harrowing Grace, As Guest, that would be gone— And thus, without a Wing
Or service of a Keel

Our Summer made her light escape Into the Beautiful.

 

 

Emily Dickinson, 40 poèmes -Emily Dickinson et Charlotte Melançon Emily Dickinson Volume 28, numéro 2, Avril 1986 Éditeur(s) Collectif Liberté

ISSN 0024-2020 (imprimé) 1923-0915 (numérique) Citer cet article
Emily Dickinson et Charlotte Melançon "Emily Dickinson, 40 
poèmes." Liberté 282 (1986): 21–50.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 00:06
vers de la maturité

.... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys.

Mourir est moins cruel que ce sort odieux ;

Et je la vis pleurer au moment des adieux.

Elle disait : " Je pars. Partir est chose dure. "

Je lui dis : "Sois heureuse, et va, car rien ne dure.

mais souviens-toi toujours combien je t'ai aimé.

Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée,

Nous allions à la source ou rodions dans les landes.

J'ai tressé pour ton cou d'entêtantes guirlandes ;

La verveine, la rose et la fraiche hyacinthe

Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte ;

Les baumes précieux oignaient ton corps charmant

Et jeune. Près de moi reposant tendrement,

Tu recevais des mains des expertes servantes

Les mille objets que l'art et la mollesse inventent

Pour parer la beauté des filles d'Ionie......

 

SAPPHO

traduction de Marguerite Yourcenar

extrait de l'anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de F. Chandernagor

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 01:00
Les arbres

Dans l’azur de l’avril et dans l’air de l’automne,

Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.

Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,

Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

 

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne ;

Son feuillage murmure et frémit en rêvant,

Et s’incline, amoureux des roses du Levant…

Le tremble porte au front une pâle couronne.

 

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,

Le bouleau virginal à l’ivoire changeant

Projette avec pudeur ses blancheurs incertaines.

 

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,

Et des acacias aux verdures lointaines

Tombe divinement la neige des parfums.

 

Renée Vivien

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 01:00
L'Aloes

(extrait)

 

Au bout de l'amour il y a l'amour

Au bout du désir il n'y a rien

L'amour n'a ni commencement ni fin

Il ne nait pas, il ressuscite.

Il ne rencontre pas, il reconnait.

Il se réveille comme après un songe

Dont la mémoire aurait perdu les clefs.

Il se réveille les yeux clairs

Et prêt à vivre sa journée.

Mais le désir insomniaque meurt à l'aube

Après avoir lutté toute la nuit.

 

Parfois l'amour et le désir dorment ensemble

Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.

 

Liliane Wouters

Quand les femmes parlent d'amour  de Françoise Chandernagor

Cherche Midi

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 01:00
Maraudeur

Je maraude en terres démunies

Je rapine en forêts arides

Je progresse en terrain nu

 

En quête

De cette voix intime

Qui n'affleure

Qu'entre solitude et silence

Qu'entre intervalles et manque

Qu'entre absence et vertige

 

Je circule à vide

En quête d'immensité

 

 

Andrée Chedid

Territoires du souffle - Poésie / Flammarion

 

 

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 01:00
J'aime

J'aime te sentir

Sur moi

Comme un pont écroulé

Ma rivière 

Polira tes pierres

 

....

 

J'aime l'homme

Au dos vaste

Comme une steppe

Dans les profondeurs

De sa terre

J'écoute

Le bruit du troupeau de buffles

Qui le traverse

 

Anise KOLTZ

extraits parus dans l'Anthologie de la poésie féminine  " Quand les femmes parlent d'amour " de Françoise Chandernagor . Editions Cherche Midi

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L'univers d'An Amzer

 

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