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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 01:00
allez allez (t)rime

 

A la femme qui a trop
souvent courbé l’échine
allez allez
trime trime et trime
à la femme qui déplut
à lui affairé à sa boutique
qui un jour la trouva
en panne de sex appeal
avec torchons soucis au front
roses rouges jamais
que les épines
à la femme qui a trop
trimé trimé
et trime encore
allez allez
trime trime et trime
à la femme qui éleva
enfants lava habits
fit devoirs et dressa
tant de tables
qui sa passion d’histoire
de l’art laissa dehors
à celle qui belle encore
mais sans regard
pour l’aimer
trima trima trima
et trime encore
à la femme qui m’apprit
à trimer trimer ah trime
trime pour lui trime pour eux trime
trime trime pour elles
et parfois j’enlève
un peu le t
reste rimer
je rime je rime
pour lui pour toi
pour elle
pour la femme
qui la rime
de trime
m’apprit aussi
et que tant j’aime
autour d’un thé
temps suspendu
à partager
ces mots en rimes
libres
en vers ouverts
du 8 mars
à toi
à celles
qui te
ressemblent
je les dédie
allez allez
rime rime et rime

 

Laurence Vielle 

Poète national Belgique

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 01:00
Je t'aime

Ton baiser a la splendeur éclatée des érables

A la saison des grands départs d'oiseaux

Quand leurs graines ont pris le large

Sur les vents qu'elles empourprent 

Je t'aime dans la profondeur des nuits  

.../...

Je t'aime

Et la bouche s'étonne comme l'épine en mai

D'avoir des fleurs si blanches à pistils écarlates

.../...

Je t'aime et je connais l'ivresse des grands fonds

L'azote qui s'endort dans le cours des artères

La lenteur des poissons qui virent sans sillage

Le sable sous-marin sans trace sous tes pas

 

Je connais l'ivresse d'outre-mer

Et cet alcool si bleu dans les sarments qui brûlent.

 

Juliette Darle 

Anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de Françoise Chandernagor

 

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 01:00
Sonnet à M. L. Ulback.

Marie-Laure Grouard (1822-1843)

 

Sonnet à M. L. Ulback.

 

Vous m'avez dit un jour: Jeune fille poète,

Ne chantez point votre âme et cachez votre coeur;

La femme, parmi nous, doit demeurer muette,

Renier ses amours et garder sa douleur.

 

Et moi je vous réponds: Dites à la tempête,

Aux grands vents, aux grands flots d'étouffer leur fureur;

Faites taire au vallon l'écho fort qui répète

Ou le cri de souffrance ou le cri du bonheur;

 

Dites au rossignol, sous la grande ramée,

Que son accent fait peine à votre âme alarmée...

Qu'il se taise toujours... Défendez au reclus

 

D'invoquer l'espérance et la liberté sainte;

Faites taire tout bruit, tout chant et toute plainte:

Quand tout sera muet, je ne chanterai plus.

 

 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 01:00
autoportrait

autoportrait

.../...

Les matins succombent sous les fleurs, les soirs sont gorgés de parfums (.../...)

J'ai jeté ma tunique inutile pour donner ma poitrine aux abeilles, mes doigts aux papillons.

Les feuilles jouent autour de mon visage et le geai m'a crié des folies en passant.

 

Es-tu jaloux, Sylvius ?

 

Le soleil m'a prise à la nuque, son corps de feu m'a possédée.

Maintenant, je sens croître dans mes entrailles un fruit lumineux d'été.

 

Marguerite Burnat-ProvinS

extrait de " Le livre pour toi" 

 

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 01:00
Tristesse
 

Louisa SIEFERT 

Recueil : "Rayons perdus"

Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez, je ne suis plus l’heureuse jeune fille
Que vous avez connue en de plus anciens jours.
Je ne suis plus coquette, ô mes pauvres atours !
Laissez-moi ma cornette et ma robe de chambre,
Laissez-moi les porter jusqu’au mois de décembre ;
Leur timide couleur n’offense point mes yeux :
C’est comme un deuil bien humble et bien silencieux,
Qui m’adoucit un peu les réalités dures.
Allez-vous-en au loin, allez-vous-en, parures !
Avec vous je sens trop qu’il ne reviendra plus,
Celui pour qui j’ai pris tant de soins superflus !
Quand vous et mon miroir voulez me rendre fière,
Retenant mal les pleurs qui mouillent ma paupière,
Sentant mon cœur mourir et l’appeler tout bas,
Je répète : « À quoi bon, Il ne me verra pas ! »

 

.../...( extrait)
 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 00:30
Au trébuché

 

 

Au trébuché

Vacille  son visage                 

Absence

Reste une voix entoilée

 

Suis tombée à genoux

Dans ses mots

Comme l’on prie

Toucher à bras le cœur 

L’insoutenable bonheur 

D’un essentiel

Lumineux

 

 

Eve de Laudec

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 00:10
Crépuscule
 

Marie NOËL

Recueil : "Chants d’arrière-saison"

L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue
Où je serai l’étrangère en ma maison,
Où j’aurai sous le front une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.

Ils diront que j’ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :
La lueur d’avant mon aube la première
Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint.

Ils diront que j’ai perdu ma présence
Parce qu’attentive aux présages épars
Qui m’appellent de derrière ma naissance
J’entends s’ouvrir les demeures d’autre part.

Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n’y savent plus ce qu’ils font
Parce qu’au bord du jour pâle, mes paroles
Sortent d’un silence insolite et profond.

Ils diront que je retombe au bas âge
Qui n’a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage,
Parce que je retourne à l’Éternité.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 01:00
Souvent le coeur qu'on croyait mort

 

Souvent le coeur qu'on croyait mort 
N'est qu'un animal endormi ; 
Un air qui souffle un peu plus fort 
Va le réveiller à demi ; 
Un rameau tombant de sa branche 
Le fait bondir sur ses jarrets 
Et, brillante, il voit sur les prés 
Lui sourire la lune blanche.

 

Cécile Sauvage

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 01:00
A fleur de regard

A fleur de regard

le silence, seulement

- retenu -

par le vol d'un goéland.

 

Guidées par le vent,

des odeurs de varech,

des ancres rouillées

battent le pavé.

L'urgence de la vie

lèche le vide,

dans un geste maladroit.

 

La mort rôde.

Une pluie - drue -

Frigidité d'un bout de terre

qui gémit sous les coups du sort.

 

La rue de Siam,

infinie,

incertaine,

étrangement longue,

frissonne sous les nuages bas.

 

L'haleine salée de la mer d'Iroise

s'effiloche

sur les toits.

 

Une vie en friches.

Le vent tremble au dessus de Brest.

 

Chantal Couliou

Recueil "Au creux des îles " édition SOC & FOC

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 01:00
1540

1540

 

Aussi imperceptiblement que le chagrin L'été s'en est allé—
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie— Une quiétude s'est distillée

Comme un demi-jour commencé de longtemps, Ou la Nature qui aurait passé avec elle-même Un après-midi retiré—
L'obscurité s'est ramassée plus tôt—

Le matin, étranger, a brillé—
Courtoise, pourtant déchirante grâce, Comme invitée, mais qui s'en serait allée— Et ainsi, sans une aile,
Ni l'aide d'une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.

Emily Dickinson

 

 

1540

As imperceptibly as Grief The Summer lapsed away— Too imperceptible at last To seem like Perfidy—

A Quiestness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself Sequestered Afternoon—

The Dusk drew earlier in— The Morning foreign shone—

A courteous, yet harrowing Grace, As Guest, that would be gone— And thus, without a Wing
Or service of a Keel

Our Summer made her light escape Into the Beautiful.

 

 

Emily Dickinson, 40 poèmes -Emily Dickinson et Charlotte Melançon Emily Dickinson Volume 28, numéro 2, Avril 1986 Éditeur(s) Collectif Liberté

ISSN 0024-2020 (imprimé) 1923-0915 (numérique) Citer cet article
Emily Dickinson et Charlotte Melançon "Emily Dickinson, 40 
poèmes." Liberté 282 (1986): 21–50.

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L'univers d'An Amzer

 

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