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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 01:00
1540

1540

 

Aussi imperceptiblement que le chagrin L'été s'en est allé—
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie— Une quiétude s'est distillée

Comme un demi-jour commencé de longtemps, Ou la Nature qui aurait passé avec elle-même Un après-midi retiré—
L'obscurité s'est ramassée plus tôt—

Le matin, étranger, a brillé—
Courtoise, pourtant déchirante grâce, Comme invitée, mais qui s'en serait allée— Et ainsi, sans une aile,
Ni l'aide d'une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.

Emily Dickinson

 

 

1540

As imperceptibly as Grief The Summer lapsed away— Too imperceptible at last To seem like Perfidy—

A Quiestness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself Sequestered Afternoon—

The Dusk drew earlier in— The Morning foreign shone—

A courteous, yet harrowing Grace, As Guest, that would be gone— And thus, without a Wing
Or service of a Keel

Our Summer made her light escape Into the Beautiful.

 

 

Emily Dickinson, 40 poèmes -Emily Dickinson et Charlotte Melançon Emily Dickinson Volume 28, numéro 2, Avril 1986 Éditeur(s) Collectif Liberté

ISSN 0024-2020 (imprimé) 1923-0915 (numérique) Citer cet article
Emily Dickinson et Charlotte Melançon "Emily Dickinson, 40 
poèmes." Liberté 282 (1986): 21–50.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 00:06
vers de la maturité

.... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys.

Mourir est moins cruel que ce sort odieux ;

Et je la vis pleurer au moment des adieux.

Elle disait : " Je pars. Partir est chose dure. "

Je lui dis : "Sois heureuse, et va, car rien ne dure.

mais souviens-toi toujours combien je t'ai aimé.

Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée,

Nous allions à la source ou rodions dans les landes.

J'ai tressé pour ton cou d'entêtantes guirlandes ;

La verveine, la rose et la fraiche hyacinthe

Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte ;

Les baumes précieux oignaient ton corps charmant

Et jeune. Près de moi reposant tendrement,

Tu recevais des mains des expertes servantes

Les mille objets que l'art et la mollesse inventent

Pour parer la beauté des filles d'Ionie......

 

SAPPHO

traduction de Marguerite Yourcenar

extrait de l'anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de F. Chandernagor

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 01:00
Les arbres

Dans l’azur de l’avril et dans l’air de l’automne,

Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.

Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,

Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

 

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne ;

Son feuillage murmure et frémit en rêvant,

Et s’incline, amoureux des roses du Levant…

Le tremble porte au front une pâle couronne.

 

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,

Le bouleau virginal à l’ivoire changeant

Projette avec pudeur ses blancheurs incertaines.

 

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,

Et des acacias aux verdures lointaines

Tombe divinement la neige des parfums.

 

Renée Vivien

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 01:00
L'Aloes

(extrait)

 

Au bout de l'amour il y a l'amour

Au bout du désir il n'y a rien

L'amour n'a ni commencement ni fin

Il ne nait pas, il ressuscite.

Il ne rencontre pas, il reconnait.

Il se réveille comme après un songe

Dont la mémoire aurait perdu les clefs.

Il se réveille les yeux clairs

Et prêt à vivre sa journée.

Mais le désir insomniaque meurt à l'aube

Après avoir lutté toute la nuit.

 

Parfois l'amour et le désir dorment ensemble

Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.

 

Liliane Wouters

Quand les femmes parlent d'amour  de Françoise Chandernagor

Cherche Midi

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 01:00
Maraudeur

Je maraude en terres démunies

Je rapine en forêts arides

Je progresse en terrain nu

 

En quête

De cette voix intime

Qui n'affleure

Qu'entre solitude et silence

Qu'entre intervalles et manque

Qu'entre absence et vertige

 

Je circule à vide

En quête d'immensité

 

 

Andrée Chedid

Territoires du souffle - Poésie / Flammarion

 

 

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 01:00
J'aime

J'aime te sentir

Sur moi

Comme un pont écroulé

Ma rivière 

Polira tes pierres

 

....

 

J'aime l'homme

Au dos vaste

Comme une steppe

Dans les profondeurs

De sa terre

J'écoute

Le bruit du troupeau de buffles

Qui le traverse

 

Anise KOLTZ

extraits parus dans l'Anthologie de la poésie féminine  " Quand les femmes parlent d'amour " de Françoise Chandernagor . Editions Cherche Midi

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 01:00
Le châle blanc des mères de la place de Mai, peint sur le sol de la place de Mai Buenos Aires

Le châle blanc des mères de la place de Mai, peint sur le sol de la place de Mai Buenos Aires

Pour la journée de la femme, pour toutes les femmes et toutes leurs luttes 

 

 

 

La femme à la langue meurtrie
Lasse d’égrener l’exil
La femme à la langue scellée
Lasse de prévoir les ghettos
Surprennent dans l’exil de leurs fils
L’aiguillon de la haine
Les fièvres du talion

 

Pourtant
Dans la sagesse de leur sang millénaire
Dans l’espérance d’un sang pour vivre
Dans le secret d’un sang
Où s’abreuvent mêmes racines
S’ébranle le souffle de l’alliance
Et des promesses à venir

 

Elles vont                 Elles iront
Dans le futur qu’elles nomment
Ces femmes sans frontières
Au présent dévasté.

 

 

Andrée CHEDID

Territoires du souffle - Poésie / Flammarion


illustration : les mères de mai

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 01:00
Le coeur

Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles, 
Vous êtes un jardin où les quatre saisons 
Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles 
Et des pommes de pin, dansent sur le gazon... 
- Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vives 
Vous êtes le coteau qui regarde la mer, 
Ivre d'ouïr chanter, quand le matin arrive, 
La cigale collée au brin de menthe amer.
- Vous êtes un vallon escarpé ; la nature 
Tapisse votre espace et votre profondeur 
De mousse délicate et de fraîche verdure. 
- Vous êtes dans votre humble et pastorale odeur 
Le verger fleurissant et le gai pâturage 
Où les joyeux troupeaux et les pigeons dolents 
Broutent le chèvrefeuille ou lissent leur plumage. 
- Et vous êtes aussi, coeur grave et violent, 
La chaude, spacieuse et prudente demeure 
Pleine de vins, de miel, de farine et de riz, 
Ouverte au bon parfum des saisons et des heures, 
Où la tendresse humaine habite et se nourrit...

 

Anna de Noailles

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 18:42
source image http://images.lpcdn.ca/641x427/201111/16/423034.jpg

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Ce dimanche je vous invite à écouter

Louise Dupré 

installez vous dans votre fauteuil

cliquez sur le lien ci dessous et ouvrez vos oreilles 

 

" Chaque poème est un automne "

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 01:00
Eau de vie, Au-delà

Louise de VILMORIN

 

Eau-de-vie ! Au-delà !

À l’heure du plaisir,

Choisir n’est pas trahir,

Je choisis celui-là.

 

Je choisis celui-là

Qui sait me faire rire,

D’un doigt de-ci, de-là,

Comme on fait pour écrire.

 

Comme on fait pour écrire,

Il va par-ci, par-là,

Sans que j’ose lui dire:

J’aime bien ce jeu-là.

 

J’aime bien ce jeu-là,

Qu’un souffle fait finir,

Jusqu’au dernier soupir

Je choisis ce jeu-là.

 

Eau-de-vie ! Au-delà !

À l’heure du plaisir,

Choisir n’est pas trahir,

Je choisis celui-là.

 

1937

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