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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 18:36
A un vieil arbre

hêtre remarquable du chemin des améthystes au Vieux-Marché photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t'ai vu, n'est-ce pas ? moins triste et moins modeste.
Ta tête sous l'orage avait un noble geste,
Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.

 

D'autres, autour de toi, comme de riches fûts,
Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste.
Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste ;
Et toi-même, aujourd'hui, sait-on ce que tu fus ?

 

O vieil arbre tremblant dans ton écorce grise !
Sens-tu couler encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?

 

Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,
Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J'aime à me souvenir des nids que j'ai bercés.

 

Léon-Pamphile LE MAY (1837-1918) 

 

 

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 00:15
Thémis

poterie grecque représentant Thémis la déesse de la Justice, cliquez sur les liens

 

Regardez cette figure,
Qui représente Thémis,
Qui, dit-on, d'une main sûre,
Pèse et met tout à son prix :
Dans les biens qu'elle dispense,
Qui fait pencher la balance ?
C'est un petit filet d'or,
Qui fait aller le ressort.

 

Gabriel Charles, abbé de LATTAIGNANT (1697-1779)

extrait du poème "les pantins"

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 00:35
Le printemps

lilas à Kerestat sur la commune de Roscoff, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent ;
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

 

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

 

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos cœurs gonflés et palpitants ;
Te voilà, rire du Printemps !

 

Jules BRETON (1827-1906)

Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux,
Slatkine Reprints, 1971, III. 1876 (p. 11).

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 00:00
Oiseau du bois

céramique de Fernand Léger au musée de Biot photo Jalm, cliquez sur les liens

 

C'est un oiseau du bois sauvage
Qui m'a dit : " Tu l'aimeras toujours. "
C'est une vague du rivage
Qui m'a dit : " Renonce à tes amours... "
Mais cet oiseau du bois sauvage
M'a bien dit : " Tu l'aimeras toujours ! "

 

Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.
Loin de tes yeux le temps me dure !
Je languis pour tes regards si beaux !
Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.

 

Augusta HOLMÈS (1847-1903)
extrait de "C'est un oiseau du bois sauvage"

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 00:06
Ton printemps

iris sur les  bords de l'Aven à Névez, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Que le soc imprudent ait blessé sa racine,
Le lis ne soutient plus son front qui se flétrit;
Son calice fermé languissamment s'incline,
Perd son dernier parfum, se dessèche et périt.

 

Aux jours de ton printemps, ainsi, triste et pensive,
Tu laisses le chagrin se glisser dans ton coeur :
Tu souffres, tu gémis, et ta bouche craintive
N'a jamais dans mon sein épanché ta douleur.

 

Charles Dovalle (1807-1829)
extrait du poème "Soupçon" in Poésies

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 00:13
L’astronome

l'astronome de Vermeer 1668 musée du Louvre, cliquez sur les liens

 

Vois-tu, vers le zénith, cette étoile nageant
          Dans les flots de l’éther sans borne ?
L’astronome m’a dit que sa sphère d’argent
          N’était plus rien qu’un cercueil morne.

 

Jadis, dans un superbe épanouissement,
          D’un troupeau de mondes suivie,
Féconde, elle enfantait majestueusement
          L’amour, la pensée et la vie.

 

Auguste DORCHAIN (1857-1930)
extrait de "Les Étoiles éteintes"

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 00:04
Sur la louange de la Paix

colombe de la paix à Assise, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Celuy est sans parens, sans famille, sans loix,
(Dit Homere) lequel en son pais desire,
Discord civil regner, un des discords le pire,
Horrible à toutes gens, mesmement aux Gaulois.

 

Les Gaulois ont senty n'agueres par trois fois,
Que c'est que de troubler un pacificq' empire :
Mais voiant que le mal de jour en jour empire,
CHARLES y a pourveu, le meilleur Roy des Rois.

 

Meu de l'esprit de Dieu, qui le coeur du Roy tient
En sa main enfermé, il a mis paix en France,
Que les bons desiroient voians tant de soufrance.

 

Louons donc ce bon Roy, qui son peuple maintient
En bonne sauveté, aiant par sa prudence
Changé discord civil en civille alliance.

 

Jean DORAT (1517-1588)

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 00:43
Nous sommes trente voyageurs

forêt dans la vallée de l'Areuse canton de Neuchâtel photo Jalm, cliquez sur les liens


A nous les bois et leurs mystères,
Qui pour nous n'ont plus de secrets !
A nous le fleuve aux ondes claires
Où se reflète la forêt,
A nous l'existence sauvage
Pleine d'attraits et de douleurs !
A nous les sapins dont l'ombrage,
Nous rafraîchit dans nos labeurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.

 

Bravant la foudre et les tempêtes
Avec leur aspect solennel,
Qu'ils sont beaux ces pins dont les têtes
Semblent les colonnes du ciel !
Lorsque privés de leur feuillage
Ils tombent sous nos coups vainqueurs,
On dirait que dans le nuage
L'esprit des bois verse des pleurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
(...)

 

Octave CRÉMAZIE (1827-1879)
extrait de Le Chant des voyageurs

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 00:05
Notre feu

Jeune paysanne faisant du feu, gelée blanche (1887-89) de Camille PISSARRO, cliquez sur les liens


Non, non, je m'en dédis, je suis tien, ma maîtresse,
Je suis tien, je le suis et le serai toujours.
Jusqu'à ce que la mort aura borné mes jours,
Et même après la mort, si l'amour ne nous laisse.

 

J'ai mille fois juré, fâché de ta rudesse,
De couper le chemin à mes longues amours :
Mais toujours mon désir ressort tout au rebours,
Et tant que je te fuis, tant plus l'amour m'oppresse.

 

Ô serments d'amoureux ! Ô que vous êtes vains !
Et vous petits courroux et vous petits dédains
Vous semblez aux soufflets dont un feu se rallume,

 

Ayant sa flamme éteint: car ainsi peu à peu
Vous tuez d'un soufflet la flamme à notre feu,
Afin que dans nos coeurs plus ardent il s'allume.

 

Pierre de BRACH (1547-1605)

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 00:15
La ronde sous la cloche

Lune blanche dans le ciel de novembre à Landévennec, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche
de Saint-Jean. Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre,
et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze
voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.

 

Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées,
et une pluie mêlée d'éclairs et de tourbillons fouetta
ma fenêtre, tandis que les girouettes criaient comme des
grues en sentinelle sur qui crève l'averse dans les bois.

 

La chanterelle de mon luth, appendu à la cloison, éclata ;
mon chardonneret battit de l'aile dans sa cage ; quelque
esprit curieux tourna un feuillet du Roman-de-la-Rose qui
dormait sur mon pupitre.

 

Mais soudain gronda la foudre au haut de Saint-Jean. Les
enchanteurs s'évanouirent frappés à mort, et je vis de
loin leurs livres de magie brûler comme une torche dans
le noir clocher.

 

Aloysius BERTRAND (1807-1841)
Recueil : Gaspard de la nuit

 

Bonne Année 2017 à tous !

Que la poésie continue encore d'être un guide sur le chemin de vos vies

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L'univers d'An Amzer

 

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