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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 00:35
Le printemps

lilas à Kerestat sur la commune de Roscoff, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent ;
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

 

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

 

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos cœurs gonflés et palpitants ;
Te voilà, rire du Printemps !

 

Jules BRETON (1827-1906)

Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux,
Slatkine Reprints, 1971, III. 1876 (p. 11).

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 00:00
Oiseau du bois

céramique de Fernand Léger au musée de Biot photo Jalm, cliquez sur les liens

 

C'est un oiseau du bois sauvage
Qui m'a dit : " Tu l'aimeras toujours. "
C'est une vague du rivage
Qui m'a dit : " Renonce à tes amours... "
Mais cet oiseau du bois sauvage
M'a bien dit : " Tu l'aimeras toujours ! "

 

Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.
Loin de tes yeux le temps me dure !
Je languis pour tes regards si beaux !
Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.

 

Augusta HOLMÈS (1847-1903)
extrait de "C'est un oiseau du bois sauvage"

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 00:06
Ton printemps

iris sur les  bords de l'Aven à Névez, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Que le soc imprudent ait blessé sa racine,
Le lis ne soutient plus son front qui se flétrit;
Son calice fermé languissamment s'incline,
Perd son dernier parfum, se dessèche et périt.

 

Aux jours de ton printemps, ainsi, triste et pensive,
Tu laisses le chagrin se glisser dans ton coeur :
Tu souffres, tu gémis, et ta bouche craintive
N'a jamais dans mon sein épanché ta douleur.

 

Charles Dovalle (1807-1829)
extrait du poème "Soupçon" in Poésies

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 00:13
L’astronome

l'astronome de Vermeer 1668 musée du Louvre, cliquez sur les liens

 

Vois-tu, vers le zénith, cette étoile nageant
          Dans les flots de l’éther sans borne ?
L’astronome m’a dit que sa sphère d’argent
          N’était plus rien qu’un cercueil morne.

 

Jadis, dans un superbe épanouissement,
          D’un troupeau de mondes suivie,
Féconde, elle enfantait majestueusement
          L’amour, la pensée et la vie.

 

Auguste DORCHAIN (1857-1930)
extrait de "Les Étoiles éteintes"

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 00:04
Sur la louange de la Paix

colombe de la paix à Assise, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Celuy est sans parens, sans famille, sans loix,
(Dit Homere) lequel en son pais desire,
Discord civil regner, un des discords le pire,
Horrible à toutes gens, mesmement aux Gaulois.

 

Les Gaulois ont senty n'agueres par trois fois,
Que c'est que de troubler un pacificq' empire :
Mais voiant que le mal de jour en jour empire,
CHARLES y a pourveu, le meilleur Roy des Rois.

 

Meu de l'esprit de Dieu, qui le coeur du Roy tient
En sa main enfermé, il a mis paix en France,
Que les bons desiroient voians tant de soufrance.

 

Louons donc ce bon Roy, qui son peuple maintient
En bonne sauveté, aiant par sa prudence
Changé discord civil en civille alliance.

 

Jean DORAT (1517-1588)

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 00:43
Nous sommes trente voyageurs

forêt dans la vallée de l'Areuse canton de Neuchâtel photo Jalm, cliquez sur les liens


A nous les bois et leurs mystères,
Qui pour nous n'ont plus de secrets !
A nous le fleuve aux ondes claires
Où se reflète la forêt,
A nous l'existence sauvage
Pleine d'attraits et de douleurs !
A nous les sapins dont l'ombrage,
Nous rafraîchit dans nos labeurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.

 

Bravant la foudre et les tempêtes
Avec leur aspect solennel,
Qu'ils sont beaux ces pins dont les têtes
Semblent les colonnes du ciel !
Lorsque privés de leur feuillage
Ils tombent sous nos coups vainqueurs,
On dirait que dans le nuage
L'esprit des bois verse des pleurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
(...)

 

Octave CRÉMAZIE (1827-1879)
extrait de Le Chant des voyageurs

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 00:05
Notre feu

Jeune paysanne faisant du feu, gelée blanche (1887-89) de Camille PISSARRO, cliquez sur les liens


Non, non, je m'en dédis, je suis tien, ma maîtresse,
Je suis tien, je le suis et le serai toujours.
Jusqu'à ce que la mort aura borné mes jours,
Et même après la mort, si l'amour ne nous laisse.

 

J'ai mille fois juré, fâché de ta rudesse,
De couper le chemin à mes longues amours :
Mais toujours mon désir ressort tout au rebours,
Et tant que je te fuis, tant plus l'amour m'oppresse.

 

Ô serments d'amoureux ! Ô que vous êtes vains !
Et vous petits courroux et vous petits dédains
Vous semblez aux soufflets dont un feu se rallume,

 

Ayant sa flamme éteint: car ainsi peu à peu
Vous tuez d'un soufflet la flamme à notre feu,
Afin que dans nos coeurs plus ardent il s'allume.

 

Pierre de BRACH (1547-1605)

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 00:15
La ronde sous la cloche

Lune blanche dans le ciel de novembre à Landévennec, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche
de Saint-Jean. Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre,
et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze
voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.

 

Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées,
et une pluie mêlée d'éclairs et de tourbillons fouetta
ma fenêtre, tandis que les girouettes criaient comme des
grues en sentinelle sur qui crève l'averse dans les bois.

 

La chanterelle de mon luth, appendu à la cloison, éclata ;
mon chardonneret battit de l'aile dans sa cage ; quelque
esprit curieux tourna un feuillet du Roman-de-la-Rose qui
dormait sur mon pupitre.

 

Mais soudain gronda la foudre au haut de Saint-Jean. Les
enchanteurs s'évanouirent frappés à mort, et je vis de
loin leurs livres de magie brûler comme une torche dans
le noir clocher.

 

Aloysius BERTRAND (1807-1841)
Recueil : Gaspard de la nuit

 

Bonne Année 2017 à tous !

Que la poésie continue encore d'être un guide sur le chemin de vos vies

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 00:21
auteur né une année en  7 :

undefinedjardin de l'abbaye de Beauport photo Jalm

Esprit, dès le berceau dans le ciel emporté,
Qui dédaignes l'éclat des choses moins durables,
Et toujours t'arrêtant aux desseins honorables,
Ne t'es jamais soumis à nulle vanité ;

Sujet à la raison, tu vis en liberté ;
Tant de vaines grandeurs, aux autres admirables,
Tant de plaisirs pipeurs, tant d'honneurs misérables,
N'ont jamais pu toucher tes ans ni ta beauté.

Le plaisir de nos jours, qui sans cesse varie,
Est semblable aux couleurs d'une plaine fleurie,
Qu'on voit après six mois en neiges se tourner ;

Mais nos saintes amours sont hors de la nature,
Le Ciel et la Vertu seront leur sépulture ;
Car jamais les saisons ne les pourront borner.

Nicolas VAUQUELIN DES YVETEAUX (1567-1649) 
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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 00:08
auteur né une année  en 7 :
tn-Arbre.jpg
VENTS, IV

Quand la violence eut renouvelé le lit des hommes sur la terre,
Un très vieil arbre, à sec de feuilles, reprit le fil de ses maximes...
Et un autre arbre de haut rang montait déjà des grandes Indes
souterraines,
Avec sa feuille magnétique et son chargement de fruits nouveaux.

Saint-John Perse (1887-1975) Vents éd. Gallimard 1960
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L'univers d'An Amzer

 

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