Arlequin par Paul Cézanne 1889, cliquez sur l'image
devant autant de belles plantes
Arlequin fait le joli coeur
et papillonne sans pudeur
au jardin des fêtes galantes
Janus
Arlequin par Paul Cézanne 1889, cliquez sur l'image
devant autant de belles plantes
Arlequin fait le joli coeur
et papillonne sans pudeur
au jardin des fêtes galantes
Janus
Bonjour à tous, aujourd'hui c'est "le vent d'est" de "la terre lointaine" qui vient vous proposer de jouer poétiquement avec la métonymie. C'est une figure d'expression par laquelle on désigne une entité conceptuelle au moyen d'un terme qui, en langue courante, en signifie une autre, celle-ci étant, au départ, associée à la première par un rapport de contiguïté.
Et, comme Monsieur Jourdain avec la prose, nous utilisons tous les jours sans le savoir d’innombrables « métonymies » tels que : « belle plume » (bon écrivain), « fine lame » (bon escrimeur), « cloche, poire, gourde, cruche » (personne stupide), « langue de vipère » (personne médisante), « âne bâté » (têtu), « mère poule » (une maman qui couve trop ses enfants), « cheval de retour » (un récidiviste), « rat de bibliothèque » (passe son temps à compulser les livres), « pigeon voyageur », (quelqu’un qui se déplace souvent), « cœur d’artichaut » (quelqu’un qui tombe facilement amoureux), « navet » (mauvaise pièce de théâtre), « carotte » (récompense promise en échange d’un effort), « les carottes sont cuites » (il n’y a plus rien à faire), « avoir une bonne fourchette » (avoir un gros appétit), « avoir une dent contre quelqu’un » (avoir rancune), « avoir la main lourde » (faire fort, même pour la Justice), « avoir la main verte » (réussir souvent avec les plantes), « avoir la main leste » (être prompt à frapper, à voler), « avoir le cœur sur la main » (être généreux), « faire des vagues » (créer de l’agitation, des troubles), « se faire refroidir » (se faire tuer), « tomber le masque » (Se montrer sous son vrai jour), etc. liste non limitative ! Mais souvent nous les prenons pour de l’argot.
En poésie, tout le monde connaît ces deux célèbres vers de François Malherbe (1555-1628) :
Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin
Et plus près de nous, « la vie, c’est comme une dent » (1951) de Boris Vian (1920-1959) :
La vie, c’est comme une dent
D’abord on n’y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis çà se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie
Règle : À l’instar de Boris Vian, composez un quatrain (quatre vers) d’octosyllabes (huit pieds), avec deux rimes ab que vous placez où vous voulez, tout en y incluant au minimum une métonymie, pour obtenir ce qu’on pourrait appeler une « Méto-mini », comme celle-ci :
Scaramouche dans Les Charlatans italiens de Karel Dujardin, cliquez sur l'image
Oh non, ce n’est pas un martyr !
C’était un ignoble tueur
Qui a causé tant de malheurs
Qu’enfin il s’est fait refroidir.
Dông Phong
fresque à Rome, Galleria Nazionale d'Arte Moderna, cliquez sur l'image
Et l’amour est entré en riant dans notre maison,
Et nous ceignant le cou du double collier de ses bras,
Il a forcé nos bouches closes et nos yeux ingrats
À voir et à dire enfin ce que nous leur refusons.
Stuart Merrill
Les Quatre Saisons : Poème
extrait de "la visitation de l'amour"
Société du Mercure de France, 1900
auteur né une année en 4 :
gisant d'Agnès Sorel à Loches photo Jalm, cliquez sur l'image
Chanson
Vu que tu es plus blanche que le lis,
Qui t'a rougi ta lèvre vermeillette
D'un si beau teint ? Qui est-ce qui t'a mis
Sur ton beau sein cette couleur rougette ?
Qui t'a noirci les arcs de tes sourcils ?
Qui t'a bruni tes beaux yeux, ma maîtresse ?
Ô grand beauté remplie de soucis,
Ô grand beauté pleine de grand liesse !
Ô douce, belle, honnête cruauté,
Qui doucement me contraint de te suivre,
Ô fière, ingrate, et fâcheuse beauté,
Avecque toi je veux mourir et vivre.
Pierre de RONSARD (1524-1585)
Recueil : Second livre des Amours
les Alyscamps par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Comme les dieux gavant leur panse,
les prétendants aussi.
Télémaque en est tout ranci :
il pense à la dépense.
Neptune soupe à Djibouti
(près de la mer salée).
Pénélope s’est en allée.
Tout le monde est parti.
Un poète, que nuls n’écoutent,
chante Hélène et les œufs.
Le chien du logis se fait vieux :
ces gens-là le dégoûtent.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
Aujourd'hui, éperdus d'amour, pleins d'agitation, nous sommes ivres
et dans le temple des idoles, nous rendons au vin son culte.
Oui, aujourd'hui, entièrement détachés de notre être,
nous aurons atteint le trône de l'éternité.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
Massif du Mercantout photo Jalm, cliquez sur l'image
Et s'affolent mes vers ô muse de la rime,
Tes étés, de l'hiver, en sortent magnanimes,
Hélas, il faut défier les rimes un peu bancales
Et replacer le pied, qui là, se trouvait mal !
Rien ne peut échapper, c'est vrai je vous l'assure,
A ce rythme des mots,
C'est l'éther de l'azur !...
Annie