Peinture de cerf par Carl Zimmermann (1863–1930), cliquez sur les liens :
À la Samain j’ai vu un cerf
Bramant de joie juste à l’idée
Du bal celte des cervidés
La nuit au plan d’eau de l’aber.
Muriel
Peinture de cerf par Carl Zimmermann (1863–1930), cliquez sur les liens :
À la Samain j’ai vu un cerf
Bramant de joie juste à l’idée
Du bal celte des cervidés
La nuit au plan d’eau de l’aber.
Muriel
Peinture de cerf par Anton Weinberger 1898, cliquez sur les liens :
Dans la mythologie celtique, le cerf (élaphe en grec et karo en breton) représente le dieu cornu celte "Kernunos" qui préside au renouveau cyclique de la nature et à la vie dans l'autre monde. Il est associé au 1er novembre et à la fête de Samain. On retrouve l'évocation de cet animal dans le premier quatrain du poème "la solitude" de Théophile de Viau (1590-1626) :
Dans ce val solitaire et sombre
Le cerf qui brame au bruit de l’eau,
Penchant ses yeux dans un ruisseau,
S’amuse à regarder son ombre.
Cette strophe illustre bien le procédé d'enrichissement de la fin du premier et du quatrième vers par une rime dérivative faisant rimer des mots de même racine. Par ailleurs, ce texte n'est pas sans rappeler le chant du psalmiste :
"Comme le cerf brame sur les eaux des ruisseaux,... " ps 42
En cette période d'automne précédant la fête celte de Samain, je vous propose donc de nous amuser à créer des petits poèmes sur cette thématique du Cerf qui cherche à se désaltérer, en nous inspirant de la prosodie de Théophile.
règle : composez, sur le thème du Cerf assoiffé, un quatrain (strophe de quatre vers) d'octosyllabes (vers de huit pieds) rimé de la manière suivante : abba, avec au moins une rime dérivative. Glissez-y, où vous voulez, les mots "cerf" et "eau". Vous obtiendrez alors un petit poème que j'appellerais bien un "élafsoifé" comme celui-ci :
Parmi les arbrisseaux bruissant,
Le cerf, découvrant le ruisseau,
S'alarme sur l'absence d'eau
Et lance un long brame bruyant.
de Jean-Luc Aotret
Trempez votre plume dans une corne d'encre pour nous écrire des quatrains pleins de bruissements d'eau et de brames de cerf. Vous êtes, bien entendu, instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Un moulin par Charles Hoguet 1854, cliquez sur les liens :
Construit, au vent mauvais,
Par une jeune veuve,
Le moulin Liz n'est plus.
Mais les brumes épaisses,
Par leurs mystères, peuvent
Faire qu'il transparaisse,
Aux heures vespérales.
Sur la lande automnale,
Ses ailes squelettiques
S'impriment dans les nues.
Sa tour fantomatique
Broie les anciens malheurs,
Saupoudrant de mes peurs
Le papier que j'émets.
de Jean-Luc Aotret
Voici l'ultime "moulindheure" de ce jeu poétique de l'été d'An Amzer Poésies. Je vous remercie beaucoup pour vos contributions toutes aussi originales les unes que les autres et vous dis à l'automne pour un nouveau jeu...
Janus
Moulin du Kastell de l'île de Batz par Jalm, cliquez sur les liens :
Le progrès, sonnant l'heure,
A fait tomber les ailes
Du moulin du Kastell.
Si encore, aujourd'hui,
Sa tour reste debout,
C'est son rôle d'amer
Qui en est la raison.
Il moud les azimuts,
Les caps, les directions.
Sur le papier jauni
Des vieux explorateurs
Il donne sur sa butte
Un rassurant repère
Aux bateaux, vent de bout.
de Jean-Luc Aotret
Le Moulin de Rembrandt entre 1645 et 1648, National Gallery of Art, cliquez sur les liens :
Les vergues de ses ailes
Marquent le papier brun
D'anciens navigateurs
Aux abords de Rosko.
Dans le centre de l'île,
Le moulin dit Robin
A décompté les heures
Qu'ont duré les propos
Tenus par les édiles
Avec le sieur Cambry.
Témoin trop encombrant
À mouliner les vents,
L'État l'a converti
En une citadelle.
de Jean-Luc Aotret
Moulin ar C'hastellig de l'île de Batz par Jalm, cliquez sur les liens :
Construit au sommet de
La colline du barde,
Le moulin Kastellig
Se présente, pour l'heure,
Sous l'aspect d'un manoir
Qui surprend et intrigue.
Quels grains de vie moulus
Sous sa meule du temps ?
Quels pains donnés rompus
Aux pérégrins passant ?
Quels secrets sa tour garde
Sur des papiers mémoire
Écrits de jours heureux
Ou tâchés de malheurs ?
de Jean-Luc Aotret
Le Moulin, détail du tableau "Le portement de Croix" de Pieter Brueghel l'Ancien 1564, Musée d'Histoire de l'art de Vienne, cliquez sur les liens :
Le moulin du Rhu fut
le plus ancien de l'île.
À son pied, le pilote
Y a passé des heures,
Au côté des blagueurs,
À narrer ses voyages
Que la meule a moulus
Avec les grains d'orages.
Résistant au gros temps,
Il fut un fier amer,
Pour l'approche des côtes,
Noté comme un repère
Sur le papier utile
De nos cartes d'antan.
de Jean-Luc Aotret
Moulin Neuf de l'île de Batz par Jalm, cliquez sur les liens :
Sur Bassa Insula,
Au cours de l'été vingt
Du siècle précédent,
Le photographe a peint
Sur sa toile les ailes
D'un moulin neuf à vent
Qui a moulu les heures
D'un séjour enchanteur.
Il a laissé des traces
Sur le papier sépia
De l'estran du rivage
Où les algues s'amassent,
Flaques en ribambelles
Débordant sur les pages.
de Jean-Luc Aotret
Le Moulin Rouge par Édouard Zawiski 1902, Musée Carnavalet, cliquez sur les liens :
Sous les lampions flamboie
Le Moulin Rouge avec
Bonheur et artifices,
Frous-frous du french cancan
Où mille émois s'y glissent
Zizi Jeanmaire, au clair
De lune, les Pierrots,
Avec son truc en plumes
Alors soudain, allume !
La nuit brode des rêves,
Compte encore les heures,
Pour toucher les étoiles
Affichées sur papier
Que l'aube parachève !
Claudie
Moulin à eau par Berthold Genzmer 1925, cliquez sur les liens :
Oripeaux de détresse
Tout détrempés de larmes,
Chiffons effilochés
De joie et de tristesse
Martelés par le temps
D'un moulin à papier.
Vos heures se diluent
Dans l'eau de la rivière,
Vos souvenirs s'enfuient
Dans l'énorme vacarme.
Sur la feuille polie
J'écris ces quelques vers
Qui ont tôt reconnu
Le rêve d'un enfant.
de Jean-Luc Aotret