épave sur le Blavet photo Jalm, cliquez sur l'image
Plus qu'une rame à la dame, Dame !
Il sert de gîte aux myopotames
L'Esquif Vellave
Qui périt en ce lac pitoyable épave
Dominique
épave sur le Blavet photo Jalm, cliquez sur l'image
Plus qu'une rame à la dame, Dame !
Il sert de gîte aux myopotames
L'Esquif Vellave
Qui périt en ce lac pitoyable épave
Dominique
épave sur le Blavet photo Jalm, cliquez sur l'image
Il a couru les océans
Sens dessus dessous, oui dans tous les sens,
Et sans entrave,
Mais échoué ici, ce n’est plus qu’une épave.
Dông Phong
L'épanalepse est une figure de répétition qui peut être décrite, en poésie, comme la reprise en fin de vers du mot ou de l'expression qui le commence, comme dans ce vers d'Aragon in "Le roman inachevé", éd. Gallimard :
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans.
L'épave est l'un des thèmes du poème d'Émile VERHAEREN (1855-1916) "Le ramasseur d'épaves" (Recueil : Toute la Flandre) dont voici le premier quatrain :
Le vieux chercheur d'épaves rares
Fouille le sable, avec des yeux d'avare,
Et va ; - son ombre
Autour de son pas lent fait de l'ombre plus sombre.
Cet été, je vous propose de nous amuser en utilisant l'épanalepse et en nous inspirant de la prosodie d'Emile pour créer des petits poèmes sur le thème de l'épave.
règle : composez un quatrain (strophe de quatre vers) hétérogène constitué d'un octosyllabe (vers de huit pieds), d'un décasyllabe (vers de dix pieds), d'un tétrasyllabe (vers de quatre pieds) et d'un alexandrin (vers de douze pieds), sur deux rimes plates aabb. Employez l'épanalepse dans le vers de votre choix, glissez où vous le voulez le mot "épave" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien une "épavanalepse" comme celle-ci :
épave dans la vallée du Belon photo Jalm, cliquez sur l'image
L'épave repose oubliée,
cachée dans le lit du fleuve. Caché,
aux regards des
yeux avides, son trésor est encor secret.
de Jean-Luc Aotret
Telle la mouette sur la membrure d'une épave, posez votre plume sur le mètre de vos vers.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Voici s’endormir les heures brèves
Qui frissonnent de froid et de peur.
La meute invisible de nos rêves
Poursuit la lune dont la lueur
Emeut l’âme de l’eau sur les grèves
Et fait crier l’amour dans mon cœur.
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Foi
Mercure de France, 1909
pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
Le plus sage est de chercher la joie dans une coupe de vin ;
de ne pas trop nous préoccuper du présent ni du passé ;
enfin, même pour un instant, de délivrer des entraves de la raison
cette âme qu'on nous prête et qui gémit dans sa prison.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
À Henri Ghys.
Le long des peupliers je marche, le front nu,
Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie.
Je m’avance hagard vers le but inconnu.
Le printemps a des fleurs dont le parfum m’ennuie,
L’été promet, l’automne offre ses fruits, d’aspects
Irritants ; l’hiver blanc, même, est sali de suie.
Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,
Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,
Que l’air et le soleil blanchissent mes os secs,
Et, surtout, que le vent emporte mes paroles !
recueil : Le coffret de santal
auteur né une année en 4 :
le voyage dans la lune de Mélliès, cliquez sur l'image
Ô bel oeil de la nuit, ô la fille argentée
Et la soeur du soleil et la mère des mois,
O princesse des monts, des fleuves et des bois,
Dont la triple puissance en tous lieux est vantée.
Puisque tu es, déesse, au plus bas ciel montée,
D'où les piteux regrets des amants tu reçois,
Dis, lune au front cornu, as-tu vu quelquefois
Une âme qui d'amour fût si fort tourmentée ?
Si doncques ma douleur vient ton corps émouvoir,
Tu me peux secourir ; ayant en ton pouvoir
Des songes emplumés la bande charmeresse.
Choisis l'un d'entre tous qui les maux d'un amant
Sache mieux contrefaire, et l'envoie en dormant
Représenter ma peine à ma fière maîtresse.
Jean PASSERAT (1534-1602)