café expo de "l'art de l'oisiveté", photo Jalm, cliquez sur les liens
Si ce n'était peur de la pluie
j'aurais pu chanter sérénade.
Juste prié, tu as dis oui.
Marions nous dès aujourd'hui,
pas besoin de convier l'alcade.
Yvette
café expo de "l'art de l'oisiveté", photo Jalm, cliquez sur les liens
Si ce n'était peur de la pluie
j'aurais pu chanter sérénade.
Juste prié, tu as dis oui.
Marions nous dès aujourd'hui,
pas besoin de convier l'alcade.
Yvette
musée Matisse sur le Cimiez à Nice, photo Jalm, cliquez sur le lien
Ramos joue de la mandoline
Sous le balcon de Juanita,
L'alcade ôte la capeline
De la si belle Messaline,
Inès, reine de ses émois.
Annie
perron du musée de la vie romantique à Paris, photo Jalm, cliquez sur le lien
Tiré du fameux recueil "les amours jaunes", "Portes et fenêtres" est un poème de Tristan Corbière (1845-1875) dans lequel il n'est jamais question ni de portes, ni de fenêtres. Quant à sa dernière strophe que voici :
A damner je n'ai plus d'alcades,
Je n'ai fait que me damner moi,
En serinant mes sérénades...
- Il ne reste à damner que Toi !
elle s'inspire de la strophe finale d'un poème d'Alfred de Musset (1810-1857) intitulée "l'andalouse" :
Allons, mon page, en embuscades !
Allons ! la belle nuit d'été !
Je veux ce soir des sérénades
A faire damner les alcades
De Tolose au Guadalété
Cet été, je vous propose de nous inspirer comme Tristan de la thématique de la sérénade d'Alfred sous une fenêtre dont nous ne parlerons pas (elle servira uniquement de décor) mais en empruntant également à Musset sa prosodie et le terme "Alcade", ce mot d'origine arabe désigant en Espagne le premier magistrat d'une collectivité locale, équivalent du maire français.
règle : composez un quintil (strophe de cinq vers) d'octosyllabes (vers de huit pieds) à formule simple (dont les rimes ab son disposées de la manières suivante : abaab) sur la thématique de la sérénade en y glissant le mot "alcade" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien une "alcadiade" comme celle-ci :
L'alcade ne m'en voudra pas
si je chante sous ton balcon
des poèmes qui n'en sont pas :
des pieds qui ne vont pas au pas
et quelques vers de mirliton.
Faites sonner les luths de vos prosodies sous les fenêtres virtuelles des interfaces de vos ordinateurs pour nous faire découvrir derrière la numérisation de votre écriture une véritable poésie.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Prose du transsibérien et de la petit Jeanne de France par Sonia Delaunay et Blaise Cendrars musée de Beaubourg photo Jalm, cliquez sur les liens
Freddy renaît tel un phénix de ses cendres,
manchot mais adroit d'une gauche qui se lave,
dans l'essuie-main du ciel1 où les oiseaux se gavent.
Le vin bourru est bu, les massues sont à prendre.
La braise est encor chaude aux ailes des abeilles,
quand la moisson de miel précède le cresson.
Sa droite disparait dans le giron d'Orion2,
après que dans la chambre soient gâchées les merveilles1.
Aux comptoirs des bistros1, il lève un coude fier.
Entre vin rouge1 et bleus s'insinue la lumière.
Des pâques newyorkaises3 naît l'homme nouveau,
et Jehanne4 entend la folie sonner le grelot.
La colombe se niche chez les boutiquiers1.
Les calicots1 affichent des vers sibériens
et les contrastes1 sont des lois simultanées
où les couleurs1 se lovent comme des sauriens.
C'est l'or de Cimabue1 qui enflamme le ciel
sur une Seine butinée de bateaux mouches1.
Dans les fumées d'usine les hommes se mouchent,
charlots des temps modernes trompés par le sel.
Le suisse brésilien s'en va voir les étoiles
sous une voie lactée le couvrant de son voile.
La brume du chariot5 fait pendant à la croix,
sous les arbres des Batignolles on y croit...
de Jean-Luc Aotret
1- Contrastes, dix-neuf poèmes élastiques Blaise Cendrars, Au sans pareil 1919
2- Orion, nuits étoilées, Le Formose Blaise Cendrars, Au sans pareil 1924
3- Les pâques à New-York, Du monde entier Blaise Cendrars, Gallimard 1919
4- La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France Blaise Cendrars et Sonia Delaunay, les hommes nouveaux 1913
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur le lien
La Conscience voit dans nous
Comme le chat dans les ténèbres.
Tous ! les obscurs et les célèbres,
L’impie et le moine à genoux,
Nous cachons en vain nos dessous
À ses regards froids et funèbres !
La Conscience voit dans nous
Comme le chat dans les ténèbres.
Tant que l’Esprit n’est pas dissous,
Et que le sang bat les vertèbres,
Elle déchiffre nos Algèbres,
Et plonge au fond de nos remous.
La Conscience voit dans nous !
Les Névroses
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur les liens
On descendrait, si vous l’osiez,
D’en haut de la terrasse,
Jusques au seuil, où s’embarrasse
Le pas dans les rosiers.
D’un martin pêcheur qui s’élance
L’éclair n’a que passé ;
Et la source, à son pleur glacé,
Alterne un noir silence.
L’Angelus, dans le couchant roux,
Comme un parfum s’efface.
Lilith, en détournant sa face,
A tiré les verroux.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
cliquez sur le lien
Mon pauvre coeur, plein de douleur et de folie
n'a pu être affranchi de l'ivresse où l'a plongé l'amour de ma bien aimée.
Oh ! le jour où le vin de cet amour a été distribué,
ma portion a été sans doute puisée dans le sang de mon coeur !
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
Temps-pestif va être en vacances au moins une quinzaine de jours, Janus s'en va découvrir l'île de beauté à l'aune de son pas, merci de votre fidélité malgré une publication de plus en plus aléatoire. A bientôt, poétiquement vôtre...
fontaine à Logonna-Daoulas, cliquez sur le lien
Tes mains ! tes mains ! tes mains ! Qu’elles soient à jamais
Miennes. Et quand enfin les clartés incertaines
De l’aurore auront lui sur l’eau de ces fontaines
Et ces bois où s’attarde encore un vent mauvais,
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Adagio
Mercure de France, 1909
brebis sur les pâtures de Ouessant,cliquez sur le lien
La brebis et le chien, de tous les temps amis,
Se racontaient un jour leur vie infortunée.
Ah ! Disait la brebis, je pleure et je frémis
Quand je songe aux malheurs de notre destinée.
Toi, l'esclave de l'homme, adorant des ingrats,
Toujours soumis, tendre et fidèle,
Tu reçois, pour prix de ton zèle,
Des coups et souvent le trépas.
Moi, qui tous les ans les habille,
Qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,
Je vois chaque matin quelqu'un de ma famille
Assassiné par ces méchants.
Leurs confrères les loups dévorent ce qui reste.
Victimes de ces inhumains,
Travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,
Voilà notre destin funeste !
Il est vrai, dit le chien : mais crois-tu plus heureux
Les auteurs de notre misère ?
Va, ma soeur, il vaut encor mieux
Souffrir le mal que de le faire.
rivage de Plouescat, cliquez sur le lien
Les parfums de juillet brûlent dans le silence
D’une trop vaste et trop puissante volupté.
Vers l’azur ébloui, comme un oiseau, s’élance,
En des battements fous, mon cœur ivre d’été.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920