Mélèze du conservatoire botanique du Stangalar photo Jalm, cliquez sur les liens
l'automne a l'humus pour parfum
Mélèze du conservatoire botanique du Stangalar photo Jalm, cliquez sur les liens
l'automne a l'humus pour parfum
Ginkgo biloba dans le jardin du Stangalar à Brest photo Jalm, cliquez sur les liens soulignés
La contrerime est un quatrain combinant rimes embrassées (ABBA) et structure métrique croisée (généralement 8-6-8-6), ce qui donne au poème une impression de déséquilibre systématique. Elle a été formalisée et baptisée ainsi par Paul-Jean Toulet [un des enchanteurs de Temps-Pestif] qui l’utilisa dans nombre de poèmes, notamment dans son recueil Les Contrerimes. Voici un exemple par cet auteur :
Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l’Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme.
Avant lui ce genre de strophe ne fut utilisée que très exceptionnellement. On la trouve néanmoins dans ce poème de Leconte de Lisle, Le Manchy :
Sous un nuage frais de claire mousseline,
Tous les dimanches au matin,
Tu venais à la ville en manchy de rotin,
Par les rampes de la colline.
Après Toulet, les poètes fantaisistes eux-mêmes, qui pourtant le prenaient comme modèle, ne l’utilisèrent que très rarement.
Nous vous proposons aujourd’hui ce nouveau jeu en contrerime pour chanter l’automne qui est déjà là.
Règle : Composez un quatrain de 8-6-8-6 pieds et aux rimes embrassées ABBA, qui doit contenir au moins une allusion à l’automne, pour obtenir une Contrerime d’automne, comme celle-ci :
Venez nombreux à Temps-Pestif,
Où l’on chante l’automne
Sans les violons monotones,
Mais par des vers festifs !
Laissez-vous happer par les langueurs de l’automne et donner à vos plumes une couleur mélancolique propre à nous faire apprécier la douceur de cette saison.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
le port de Dinan par Emile Othon Friesz, cliquez sur les liens
Il est un bel endroit
Aux confins de la Rance,
Qui nous met en émoi
En chemin de vacances.
Port Saint-Jean
les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur lles liens
— « Enfin, puisque c’est sa demeure,
Le bon Dieu, où est-Y ?
— « Chut, me dit-elle : il est sorti,
On ne sait à quelle heure. »
« Et de nous tous le plus calé,
Je dis : Satan lui-même,
Ne sait en ce désordre extrême
Où diable il est allé. »
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur le lien
À Albert Wolff.
De la tourterelle au crapaud,
De la chevelure au drapeau,
À fleur d’eau comme à fleur de peau
Les frissons courent :
Les uns furtifs et passagers,
Imperceptibles ou légers,
Et d’autres lourds et prolongés
Qui vous labourent.
Les Névroses
Terpsichore à Bilbao photo jalm, cliquez sur les liens
Sur la lyre tissant mes douces mélodies,
Tantôt j'ai fait gronder un hymne à la vertu ;
Et tantôt, soupirant, mes lèvres moins hardies
Ont tout bas murmuré : " Printemps, que me veux-tu ? "
Restant toujours fidèle à l'essaim de mes rêves,
Jamais je n'ai maudit l'extase de l'amour,
Ni condamné ceux qui, dans des heures trop brèves,
Prononcent des serments qu'ils oublieront un jour.
Saint Suliac par Antoine Guillemet (1843-1918), cliquez sur les liens
En route vers l’été
Une halte s’impose,
Une pause en beauté
Où la douceur se pose.
Port Saint-Jean
porte dite des femmes de l'église d'Antrain photo Jalm, cliquez sur les liens
A Mme C. M.
Sueur, tu les dresseras triomphantes et fortes,
Levant le lourd fardeau des miennes, vers le jour,
Et nous saurons enfin le nom de notre amour,
Le mot secret qui fait s’ouvrir toutes les portes !
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Adagio
Mercure de France, 1909
poupe de l'Hermione à Brest photo Jalm, cliquez sur les liens
Que m’importe, à présent, que la terre soit ronde
Et que l’homme y demeure à jamais sans espoir ?
Oui, j’ai compris pourquoi l’on a créé le monde ;
C’était pour mon plaisir exubérant d’un soir !
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
Arlésiennes par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
C’était, dans les vapeurs du nard,
Un cri, des jeux infâmes,
Et ces yeux fatals qu’ont les femmes
Du cruel Fragonard.
Parfois, pour ranimer l’orgie,
Brillait un sang nouveau.
Bacchus, rose comme le veau,
Cuvait sa nostalgie.
Cet air des Brigands l’attristait.
Il voulait qu’on s’en aille.
Une voix se tut. La canaille
Dansait, et sanglotait.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929