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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 01:00
Iles 7


A Palma de Majorque
Tout le monde est heureux.
On mange dans la rue
Des sorbets au citron.

Des fiacres, plus jolis
Que des violoncelles,
Vous attendent au port
Pour vous mettre à l'hôtel.

Racontez-moi encore
Palma des Baléares;
Je ne connais qu'une île
Au milieu de la Marne.

Elle est petite, en tôle,
Comme un tir de la foire ;
Mon coeur est l'oeuf qui danse
Sur le haut du jet d'eau.

Monsieur le photographe,
Un oiseau va sortir.
La noce qui s'embarque...
Je reste seul sauvage.

Marquises, Carolines,
Votre nom sur la carte.
Grave le mien dans l'arbre
Près de la balançoire.

Express et paquebots
Qui bercent nos voyages,
Ce sont les bateaux-mouche
Et les trains de plaisir.


Jean Cocteau

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 01:00
Dans toute combe...

[DANS TOUTE COMBE]

Dans toute combe,
ce sentiment de traverser un petit pays,
comme si la rivière avait creusé pour protéger,
on y reçoit presque des confidences,
les prés, les arbres, les champs étroits font monter leur 
voix, leur silence,
sur le chemin de Carlucet, de Gavaudun
constellé de cardamines.


De part et d’autre de la route, les ombellifères
au pied des frênes ruisselants de lumière,
leurs premières feuilles comme des promesses,
vallée de l’Aveyron toujours envoûtante,
elle commence vraiment à Montricoux,
elle s’ouvre en nous,
puis nous montons vers Penne,
les chênes du causse ont mis leurs feuilles,
nous parlons finalement de choses et d’autres,
du temps qui s’accélère,
de la jeunesse où ça ne comptait pas d’avoir la vie
devant soi,
on n’y pensait pas.


[…]

Josette Ségura, Jours avec, Éditinter, Collection poésie, 2017

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 01:00
Haïku zen 1

sans pensée d'été

marcher dans les feuilles mortes

sans idée d'hiver

 

 

 

Luc Bordes 

recueil :  Escargots hardis, chats sceptiques, etc..

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 01:00
Hoëdic & Ouessant

 

C’est un même océan qui coule dans leurs veines

Entrechoc de rochers également aimés

Hoëdic et Ouessant, mes deux îles, mes deux reines,

En mon âme palpitent deux maternités !

 

Il y a de cela quelque marée lointaine

Où mes yeux ont uni en un même horizon,

Leurs exils entourés d’une mer souveraine,

Pour baigner de tendresse leurs cœurs à l’unisson.

 

Point de basses rancoeurs, point de jalousies vaines,

Pourtant mes père et mère ont parfois comparé

Leurs deux vierges beautés, leurs reines souveraines

Pour les porter aux nues, les mieux encenser!

 

Quel étrange destin, du sort quelle ironie,

Deux îles égarées au fond d’un océan,

D’où naît un seul amour qui me donna la vie,

Ouessant et Hoëdic, Hoëdic et Ouessant !...

 

Annie Avril. Juin 2010.

 

Membre de l'Association AN AMZER POESIE 

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 01:00
Quand s'agenouillent....

 

Quand s’agenouillent les glycines

C’est que le vent mauvais

Pose des mots trop lourds

Aux épaules

Hume donc l’opium des bourres de pissenlit

Eteindre le bruit sec

Des pas gallinacés

Et les tours de crécelle

 

Respire respire

La poétique courbure

Du silence

 

A t’en souvenir

 

 

Eve de Laudec  4/17

 

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 21:50
La Devinière

portrait de Rabelais croqué par Matisse à la Devinière, photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Au grand carrois aucune guerre
Picrocholine entre bergers
Et pèlerins ne vient troubler
La paix de cet illustre lieu
Sur le seuil de la Devinière
Les fruits tombés de Rabelais
En réjouissant nos palais
Nous auront tous rendus heureux

 

de Jean-Luc Aotret
sur les bords de Vienne le 21/09/17

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 19:32
Oiseaux de passage

port de pêche du Légué à St Brieuc photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Ô la pluie ! Ô le vent ! Ô les vieilles années !
Dernier baiser furtif d’une saison qui meurt
Et premiers feux de bois au fond des cheminées !
L’hiver est installé, sans sursis, dans mon cœur.

 

Vous voilà de retour, mes pâles bien-aimées.
Heures de solitude et de morne labeur,
Fidèles aux lueurs des lampes allumées
Parmi le calme oubli de l’humaine rumeur.

 

Un instant, j’ai pensé que la plus fière joie
Eût été de m’enfuir, comme un aigle s’éploie,
Au lointain rouge encore des soleils révolus.

 

Et j’enviais le sort des oiseaux de passage.
Mais mon âme s’apaise et redevient plus sage,
Songeant que votre amour ne me quittera plus.

 

Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)

L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 18:36
A un vieil arbre

hêtre remarquable du chemin des améthystes au Vieux-Marché photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t'ai vu, n'est-ce pas ? moins triste et moins modeste.
Ta tête sous l'orage avait un noble geste,
Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.

 

D'autres, autour de toi, comme de riches fûts,
Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste.
Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste ;
Et toi-même, aujourd'hui, sait-on ce que tu fus ?

 

O vieil arbre tremblant dans ton écorce grise !
Sens-tu couler encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?

 

Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,
Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J'aime à me souvenir des nids que j'ai bercés.

 

Léon-Pamphile LE MAY (1837-1918) 

 

 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 21:18
L'espérance

l'Espérance par Nicolas Untersteller à Cinq-Mars-la-pile photo Jalm, cliquez sur les liens

 

Sur le pré, la fin de l'été
dessine le rond de fleurs des
fées vendangeuses de l'automne.
Le coeur saignant de la madone
couvre le sol de la futaie
d'un tapis de primulacées.
Dans son atelier de silence,
Untersteller peint l'espérance.

 

de Jean-Luc Aotret
sur les bords de Loire le 28/09/17

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 00:29
3ème chanson

la chambre à coucher à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur les liens

 

Plus oultre.


Au mois d’aimer, au mois de Mai,
Quand Zo’va cherchant sous les branches
Le bien-aimé,

 

Son jupon, tendu sur les hanches,
Me fait songer à l’aile blanche
Du voilier :

 

Mers qui battez au pied des mornes
Et dont un double pilier
Dressa les bornes.

 

Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929

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