Ginkgo biloba dans le jardin du Stangalar à Brest photo Jalm, cliquez sur les liens soulignés
La contrerime est un quatrain combinant rimes embrassées (ABBA) et structure métrique croisée (généralement 8-6-8-6), ce qui donne au poème une impression de déséquilibre systématique. Elle a été formalisée et baptisée ainsi par Paul-Jean Toulet [un des enchanteurs de Temps-Pestif] qui l’utilisa dans nombre de poèmes, notamment dans son recueil Les Contrerimes. Voici un exemple par cet auteur :
Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l’Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme.
Avant lui ce genre de strophe ne fut utilisée que très exceptionnellement. On la trouve néanmoins dans ce poème de Leconte de Lisle, Le Manchy :
Sous un nuage frais de claire mousseline,
Tous les dimanches au matin,
Tu venais à la ville en manchy de rotin,
Par les rampes de la colline.
Après Toulet, les poètes fantaisistes eux-mêmes, qui pourtant le prenaient comme modèle, ne l’utilisèrent que très rarement.
Nous vous proposons aujourd’hui ce nouveau jeu en contrerime pour chanter l’automne qui est déjà là.
Règle : Composez un quatrain de 8-6-8-6 pieds et aux rimes embrassées ABBA, qui doit contenir au moins une allusion à l’automne, pour obtenir une Contrerime d’automne, comme celle-ci :
Venez nombreux à Temps-Pestif,
Où l’on chante l’automne
Sans les violons monotones,
Mais par des vers festifs !
Laissez-vous happer par les langueurs de l’automne et donner à vos plumes une couleur mélancolique propre à nous faire apprécier la douceur de cette saison.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.








