20 avril 2016
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur les liens
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Paul VERLAINE (1844-1896)
Recueil : Romances sans paroles
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le chat noir
19 avril 2016
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églantine sur le chemin de Montmoreau St Cybard, photo Jalm, cliquez sur les liens
Églantine ! Humble fleur, comme moi solitaire,
Ne crains pas que sur toi j'ose étendre ma main.
Sans en être arrachée orne un moment la terre,
Et comme un doux rayon console mon chemin.
Quand les tièdes zéphirs s'endorment sous l'ombrage,
Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants,
Quand l'ombre se répand et brunit le feuillage,
Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants.
Mais ton front, humecté par le froid crépuscule,
Se penche tristement pour éviter ses pleurs ;
Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule,
Et le soir a changé ta forme et tes couleurs.
Rose, console-toi ! Le jour qui va paraître,
Rouvrira ton calice à ses feux ranimé ;
Ta mourante auréole, il la fera renaître,
Et ton front reprendra son éclat embaumé.
Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l'ombre
Je me cache et je cède à l'abandon du jour ;
Mais un rayon d'espoir enchante ma nuit sombre :
Il vient de l'autre rive... et j'attends son retour.
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
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né une année en 6
4 avril 2016
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deux garçons dans un doris de Winslow Homer, cliquez sur les liens
En route vers l’été
Une halte s’impose,
Une pause en beauté
Où la douceur se pose.
Il est un bel endroit
Aux confins de la Rance,
Qui nous met en émoi
En chemin de vacances.
En début de Bretagne
Sans remous, sans écume,
La mer dans la campagne
Est sage sous la brume.
Qu’il fait bon de s’asseoir
Placide au bord de l’eau,
Devant le reposoir
De bien jolis bateaux.
Barques d’un temps jadis
Avec leur nez pointu,
Ils crânent les doris
Sous le pont suspendu.
Un petit port charmant
Au bas d’un raidillon,
En un trop court instant
Nous fait récréation…
….Car il faut repartir
Déjà vers le Ponant,
Laisser à déplaisir
Ce havre si plaisant.
Mais au bout de l’été
A l’heure du retour,
En routards passagers
Nous ferons un détour.
Oui bientôt à rebours
En route vers Paris,
A rebrousse parcours
Nous reviendrons ici.
Jacques Premel-Cabic
Port Saint-Jean
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breizitude
2 avril 2016
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la plage de la palud à Santec photo Jalm, cliquez sur les liens
Le vent de l’océan siffle à travers les portes
Et secoue au jardin les arbres effeuillés.
La voix qui vient des mers lointaines est plus forte
Que le bruit de mon cœur qui s’attarde à veiller.
Ô souffle large dont s’emplissent les voilures,
Souffle humide d’embrun et brûlant de salure,
Ô souffle qui grandis et recourbes les flots
Et chasses la fumée, au loin, des paquebots !
Tu disperses aussi mes secrètes pensées,
Et détournes mon cœur de ses douleurs passées.
L’imaginaire mal que je croyais en moi
N’ose plus s’avouer auprès de ce vent froid
Qui creuse dans la mer et tourmente les bois.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
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horizon chimérique
30 mars 2016
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la chambre à coucher à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur les liens
Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle
Viens, apaise notre querelle,
Je suis las de crier ;
Las d’avoir fait saigner pour elle
plus d’un noir encrier…
Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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contrerimes
28 mars 2016
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pour en savoir plus cliquez sur Omar
Nous voilà tous réunis au milieu des amoureux;
nous voilà tous affranchis des peines que le temps inflige ,
ayant vidé la coupe de mon amour, nous voilà tous libres,
tous tranquilles, tous pris de vin.
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roubaïates
27 mars 2016
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"le matin après le déluge" par William Turner, cliquez sur les liens
La porte s'entrouvre au petit matin,
Et l'oiseau monte dans le ciel serein.
La maison s'emplit d'un souffle de vie.
La femme repose au sol endormie,
La vigne à la rose fait un écrin.
de Jean-Luc Aotret
extrait du déluge in Enlumimurs
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enlumimurs
26 mars 2016
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Jonas avalé par la baleine. Chapiteau du XIIe siècle de la nef de l'abbatiale de Mozac, cliquez sur les liens
Ils sèment la parole obscure, simple et nue ;
Mais dans l'obscurité tu rends l'oeil clairvoyant,
Et joins du haut du ciel à la lettre qui tue
L'esprit vivifiant.
Leur bouche sous l'énigme annonce le mystère,
Mais tu nous en fais voir le sens le plus caché ;
Ils nous prêchent tes lois, mais ton secours fait faire
Tout ce qu'ils ont prêché,
Ils montrent le chemin, mais tu donnes la force
D'y porter tous nos pas, d'y marcher jusqu'au bout ;
Et tout ce qui vient d'eux ne passe point l'écorce,
Mais tu pénètres tout.
Ils n'arrosent sans toi que les dehors de l'âme,
Mais sa fécondité veut ton bras souverain ;
Et tout ce qui l'éclaire, et tout ce qui l'enflamme
Ne part que de ta main.
Pierre CORNEILLE (1606-1684)
extrait de "Que la vérité parle au dedans du coeur"
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25 mars 2016
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"Via Crucis" peinture de Gilbert Quioc et texte de Jean-Luc Aotret, cliquez sur le lien
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23 mars 2016
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galries royales saint Hubert à Bruxelles photo Jalm, cliquez sur les liens
Voici qu'à l'horizon coule un fleuve de sang.
De sa pourpre lugubre et splendide il inonde,
Sous les cieux consternés, l'orbe muet du monde,
Où l'horreur d'un grand meurtre invisible descend.
Ainsi qu'au lendemain des épiques désastres
Pour les princes vaincus on drape l'échafaud,
La Nuit, sur le zénith, debout comme un héraut,
Étend l'obscurité de son deuil larmé d'astres.
Exsangue et phosphoreuse, ô tête dont la chair
A gardé la pâleur et le froid de l'épée, -
Lumineusement roule une lune coupée
Dans le silence noir et la terreur de l'air.
Rien ne s'anéantit. Tout ce qui fut, persiste.
Les crimes d'ici-bas renaissent dans les cieux.
Ce soir, dans le palais aérien des dieux,
Hérodiade a fait décoller Jean Baptiste.
Iwan GILKIN (1858-1924)
recueil La Nuit
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