22 mars 2016
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur les liens
Ce soir, ce soir qui meurt, s'imprègne dans nos moelles
Et, d'un coeur malgré moi toujours plus anxieux,
Je le suis maintenant qui sombre dans tes yeux
Comme un beau vaisseau d'or chargé de longs adieux !
Nul souffle sur la rade. Au loin une sirène
Mugit... la nuit descend insensible et sereine,
La nuit... et tout devient, on dirait, éternel :
Les mâts, le lacis fin des vergues sur le ciel,
Les quais noirs encombrés de tonneaux et de grues,
Les grands vapeurs fumant des routes parcourues,
Le bras de la jetée allongé dans la mer,
Les entrepôts obscurs luisants de rails de fer,
Et, bizarre, étageant ses masses indistinctes,
Là-bas, la ville anglaise avec ses maisons peintes.
Albert Samain (1858-1900)
extrait de Elégie
Recueil : Le chariot d'or
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le chat noir
18 mars 2016
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deux garçons dans un doris tirant le filet de Winslow Homer, cliquez sur les liens
Mais au bout de l’été
A l’heure du retour,
En routards passagers
Nous ferons un détour.
Jacques Premel-Cabic
Port Saint-Jean
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breizitude
16 mars 2016
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les laveuses à Arles Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Pour une dame imaginaire
Aux yeux couleur du temps,
J’ai rimé longtemps, bien longtemps :
J’en étais poitrinaire.
Quand vint un jour où, tout à coup,
Nous rimâmes ensemble.
Rien que d’y penser, il me semble
Que j’ai la corde au cou.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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contrerimes
14 mars 2016
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Perceval à la recluserie miniature d'un manuscrit de Poitiers du XVe, cliquez sur les liens
Quand j'ois parler d'un prince et de sa cour,
Et qu'on me dit : Fréquentez-y, beau sire,
Lors je réponds : Mon argent est trop court,
J'y dépendrais, sans cause, miel et cire :
Et qui de cour la hantise désire,
Il n'est qu'un fol, et fût-ce Parceval ;
Car on se voit souvent, dont j'ai grand ire,
Très bien monté, puis soudain sans cheval.
Jean BOUCHET (1476-1557)
extrait d'une ballade
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né une année en 6
11 mars 2016
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pour en savoir plus cliquez sur Omar
J'ai, de mes moustaches, balayé le seuil de la taverne.
J'ai renoncé à réfléchir sur le bien et le mal de ce monde et de l'autre.
Je les verrais, semblable à deux boules, rouler dans un fossé et, quand je dors
pris de vin, je ne m'en soucirais pas plus qu'en voyant rouler un grain d'orge.
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roubaïates
9 mars 2016
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vaisseau l'Hermione à Brest photo Jalm, cliquez sur les liens
Vaisseaux des ports, steamers à l’ancre, j’ai compris
Le cri plaintif de vos sirènes dans les rades.
Sur votre proue et dans mes yeux il est écrit
Que l’ennui restera notre vieux camarade.
Vous le porterez loin sous de plus beaux soleils
Et vous le bercerez de l’équateur au pôle.
Il sera près de moi, toujours. Dès mon réveil,
Je sentirai peser sa main sur mon épaule.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
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horizon chimérique
8 mars 2016
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur les liens
La neige est triste. Sous la cruelle avalanche
Les gueux, les va-nu-pieds, s'en vont tout grelottants.
Oh ! le sinistre temps, oh ! l'implacable temps
Pour qui n'a point de feu, ni de pain sur la planche !
Les carreaux sont cassés, la ports se déclenche,
La neige par des trous entre avec les autans...
Des enfants, mal langés dans de pauvres tartans,
Voient au bout d'un sein bleu geler la goutte blanche.
Et par ce temps de mort, le père est au travail,
Dehors. Le givre perle aux poils de son poitrail.
Ses poumons boivent l'air glacé qui les poignarde.
Il sent son corps raidir, il râle, il tombe, las,
Cependant que le ciel ironique lui carde,
Comme pour l'inviter au somme, un matelas.
Jean Richepin (1849-1926)
recueil la chanson des gueux
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le chat noir
6 mars 2016
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vaches highland à Plougatel-Daoulas photo Jalm, cliquez sur les liens
A Paul Verlaine
De ses mules de pourpre elle a frôlé les marbres,
Et la voici courbée au rebord des remparts
Où déferle d’en bas la verdure des arbres.
A ses pieds, par les prés et les marais herbeux,
De l’aube à l’angelus sanglotent les sonnailles
Des solennels troupeaux de taureaux et de bœufs.
Stuart Merrill
La douleur de la Princesse
in les gammes éd. Vanier 1887
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merrillades
5 mars 2016
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jardin minéral zen de l'île Versailles à Nantes photo Jalm, cliquez sur les liens
Je te vais sur cela prouver deux vérités :
L'une, que le travail, aux hommes nécessaire,
Fait leur félicité plutôt que leur misère ;
Et l'autre, qu'il n'est point de coupable en repos.
C'est ce qu'il faut ici montrer en peu de mots.
Suis-moi donc. Mais je vois, sur ce début de prône,
Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune,
Et que, les yeux fermés, tu baisses le menton.
Ma foi, le plus sûr est de finir ce sermon.
Aussi bien j'aperçois ces melons qui t'attendent,
Et ces fleurs qui là-bas entre elles se demandent,
S'il est fête au village, et pour quel saint nouveau,
On les laisse aujourd'hui si longtemps manquer d'eau.
Nicolas BOILEAU (1636-1711)
extrait de "à mon jardinier" Epître XI
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né une année en 6
4 mars 2016
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deux garçons dans un doris avec leurs casiers à homards de Winslow Homer, cliquez sur les liens
…Car il faut repartir
Déjà vers le Ponant,
Laisser à déplaisir
Ce havre si plaisant.
Jacques Premel-Cabic
Port Saint-Jean
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