chouette effraie du catalogue 2017 de la LPO, photo Jalm, cliquez sur les liens
Quand viendra la nuit de Toussaint,
Quand l'effraie chuinte au clocher,
Quand le hibou veille au pommier,
iras tu courir les chemins ?
chouette effraie du catalogue 2017 de la LPO, photo Jalm, cliquez sur les liens
Quand viendra la nuit de Toussaint,
Quand l'effraie chuinte au clocher,
Quand le hibou veille au pommier,
iras tu courir les chemins ?
Hibou en Cantabrie photo Jalm, cliquez sur les liens
En cette nuit de la Samain,
Quand le vent souffle tristement
En nous apportant moult tourment,
Un hibou hulule sans fin.
Hibou de N.D. des Neiges en Ardèche photo Jalm, cliquez sur les liens
Les potirons sont un peu fous
Dans la nuit de festive trouille,
Ils viennent charmer les citrouilles,
Grisés par le chant du hibou.
Jakez
Dans la mythologie grecque, Ascalaphos, le fils d'Achéron et d'Orphné, dénonce à Hadès les pépins de grenade mangés par Perséphone, empêchant cette dernière de quitter les enfers. Pour se venger, Démeter transforme Ascalaphos, dont le nom signifie hibou, en véritable oiseau de nuit.
"Les hiboux" est également le titre d'un sonnet de Charles Baudelaire tiré de son recueil "les fleurs du mal" et dont voici le premier quatrain :
Sous les ifs noirs qui les abritent,
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur oeil rouge. Ils méditent.
Je vous propose en ce temps qui précède la fête d'Halloween où les morts rejoignent le monde des vivants, de jouer en créant des petits poèmes sur le thème de cet oiseau de nuit compagnon des mages et des sorcières. Nous pourrons, à cette occasion, nous inspirer de la prosodie baudelairienne.
règle : composez sur le thème de la nuit d'Halloween un quatrain (strophe de 4 vers) d'octosyllabes (vers de 8 pieds) sur deux rimes embrassées abba. Glissez y où vous voulez le mot "hibou" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien un "ascalaphogramme, comme celui-ci :
Comme un hymne serein et doux
Envoûtant la nuit de Samain
Jusqu'aux lueurs bleues du matin
J'entends hululer les hiboux
de Jean-Luc Aotret
Choisissez-vous une belle plume de hibou pour nous écrire des chouettes de petits poèmes à déguster les nuits de pleine lune propices aux vols des sorcières et aux divinations des mages.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Flora par E. Burne Jones et W. Morris photo Jalm, cliquez sur les liens
Cloris dont la présence à mes yeux est si chère
Et dont l'éloignement est si rude à mon coeur,
Mon sort est si cruel qu'il n'est point de rigueur
Dont la mer contre moi n'ait montré sa colère.
Mes yeux pour quelque temps perdirent la lumière,
La faiblesse me prit, je devins en langueur
Et mon corps tout glacé n'ayant plus de vigueur,
De la barque où j'étais pensa faire sa bière.
Aujourd'hui que je sens le funeste tourment
Que de votre beauté le triste éloignement
Avec tant de raison me devait faire craindre,
Ces maux que j'ai soufferts ne me semblent que doux
Et je n'ai point d'amour, ou je ne me dois plaindre
Que d'avoir eu le coeur de m'éloigner de vous.
port de Bas-Pouldu photo Jalm, cliquez sur les liens
Le fleuve est recourbé comme ta hanche,
ô pin !
La ville aux pieds tranquilles
devant le fleuve grouille et mange.
L'eau biaise aux pieds tranquilles
des ponts, des arches de ponts, des îles.
Ainsi va le temps ! et devant le ciel !
Ainsi va le ciel au-dessus des temps.
Ainsi vas-tu, ainsi, fleuve cicatriciel.
Ainsi vont mes amours souffrants.
Mais les joies des bateaux, fourrure de la hanse
aux nues donnent audience.
Jadis un bois de pins réchauffait la colline.
Un jour, les pins laissant traînasser leurs crépines
sur les toits de la ville sont descendus et les racines
de leur feuillage ardent chevauchaient des gradins.
Les arbres dévêtus rangés le long des berges
sont devenus les mâts, les haubans et les vergues.
Amour ! la joie d'aimer c'est comme les bateaux
sur le cœur de l'eau cicatrisée par un râteau.
Si les mâts sont en croix, les mâts montrent là-haut
et j'aperçois du fond de mon cercueil
ton front lourd et le sourire fin de ton œil.
Max Jacob (1876-1944)
Poéme / Poémes d'Max Jacob
menhir près de Cheylard l'Evêque photo Jalm, cliquez sur les liens
La chaleur s’alourdit. Parmi les piliers grêles
Des frênes et des pins, déjà darde midi :
La brise vocalise au cœur des fleurs si frêles,
Et les feuilles en pleurs soupirent de désir :
Mais morne, ce jour-là, la Princesse s’attarde
A poursuivre le cours de son mauvais plaisir.
Stuart Merrill
La douleur de la Princesse
in les gammes éd. Vanier 1887
voilier à l'amarre au port de l'île de Batz photo Jalm, cliquez sur les liens
Moguériec, Moguériec,
Petit port en teinte sépia
A l’amarre au bout du Guillec
Et depuis bien longtemps déjà.
Moguériec
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur les liens
Dans la glace ils marchaient, les uns après les autres,
Tous les actes mauvais et louches, le front bas,
Mâchonnant dans leurs dents d’obscènes patenôtres ;
Et leur procession avançait pas à pas.
Derrière eux, les secrets calculs, les vilenies
Que tu fuis, ô mon cœur, et qu’en vain tu renies,
Comme des nains bossus agitaient de grands bras.
Émile Goudeau
extrait de La Ronde du remords
recueil : Fleurs du bitume, petits poèmes parisiens
Paul Ollendorff, éditeur, 1895
L'Allée des Alyscamps Paul Gauguin 1888, cliquez sur les liens
Toi, pour qui les dieux du mystère
Sont restés étrangers,
J’ai vu ta mâne aux pieds légers,
Descendre sous la terre,
Comme en un songe où tu te vois
A toi même inconnue,
Tu n’étais plus, — errante et nue, —
Qu’une image sans voix ;
Et la source, noire, où t’accueille
Une fauve clarté,
Une étrange félicité,
Un rosier qui s’effeuille…
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929