canaux d'Amsterdam en mai, photo Jalm, cliquez sur les liens
Aux branches du Plantage
l'oiseau de Robinson
rappelle le voyage
auquel a rêvé Jammes
dans le mai d'Amsterdam
jusque sur les trottoirs
c'est des déportations
qu'il sera fait mémoire
le reflet de Saskia
hante encore aujourd'hui
l'eau-forte des canaux
embarqués par Nemo
nous devinons les nuits
d'un port des Pays-Bas
de Jean-Luc Aotret
10/05/2017
Au trébuché
Vacille son visage
Absence
Reste une voix entoilée
Suis tombée à genoux
Dans ses mots
Comme l’on prie
Toucher à bras le cœur
L’insoutenable bonheur
D’un essentiel
Lumineux
Dans le champ de colza
les moineaux font mine
de contempler les fleurs
Anthologie du poème court japonais - Poésie / Gallimard
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est ce que c'est que ces hurlements ?
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit J'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coups de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent derrière lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est l'enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusils
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et vert de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent
Au dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.
Paroles - Folio
L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue
Où je serai l’étrangère en ma maison,
Où j’aurai sous le front une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.Ils diront que j’ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :
La lueur d’avant mon aube la première
Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint.Ils diront que j’ai perdu ma présence
Parce qu’attentive aux présages épars
Qui m’appellent de derrière ma naissance
J’entends s’ouvrir les demeures d’autre part.Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n’y savent plus ce qu’ils font
Parce qu’au bord du jour pâle, mes paroles
Sortent d’un silence insolite et profond.Ils diront que je retombe au bas âge
Qui n’a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage,
Parce que je retourne à l’Éternité.
Sur l'image sainte
elle lâche une fiente -
l'hirondelle !
Anthologie du poème court japonais . Poésie/Gallimard
Derrière de blanches cotonnades,
le noir des veuves ouessantines
perce le jour.
A contre-courant,
le cliquetis des aiguilles
implore
le retour des amours disparus.
Recueil " Aux creux des îles" édition SOC & FOC
Souvent le coeur qu'on croyait mort
N'est qu'un animal endormi ;
Un air qui souffle un peu plus fort
Va le réveiller à demi ;
Un rameau tombant de sa branche
Le fait bondir sur ses jarrets
Et, brillante, il voit sur les prés
Lui sourire la lune blanche.