[DANS TOUTE COMBE]
Dans toute combe,
ce sentiment de traverser un petit pays,
comme si la rivière avait creusé pour protéger,
on y reçoit presque des confidences,
les prés, les arbres, les champs étroits font monter leur
voix, leur silence,
sur le chemin de Carlucet, de Gavaudun
constellé de cardamines.
De part et d’autre de la route, les ombellifères
au pied des frênes ruisselants de lumière,
leurs premières feuilles comme des promesses,
vallée de l’Aveyron toujours envoûtante,
elle commence vraiment à Montricoux,
elle s’ouvre en nous,
puis nous montons vers Penne,
les chênes du causse ont mis leurs feuilles,
nous parlons finalement de choses et d’autres,
du temps qui s’accélère,
de la jeunesse où ça ne comptait pas d’avoir la vie
devant soi,
on n’y pensait pas.
[…]
Josette Ségura, Jours avec, Éditinter, Collection poésie, 2017








