
"De soi seul remplir sa maison,
en sortir suivant la saison"
Jules Renard (1864-1910)

"De soi seul remplir sa maison,
en sortir suivant la saison"
Jules Renard (1864-1910)
auteur né une année en 7 :

L'usage du temps
L'homme n'a rien du temps que l'instant qu'il possède,
Quand le temps est perdu, sa perte est sans remède :
Après tant d'embarras, tant de peine et de bruit,
On se trouve à la fin et sans temps et sans fruit.
Chacun se donne en proie au siècle qui l'entraîne,
Au plaisir qui l'amuse, au dessein qui le gêne,
Et comme s'il régnait une fatale loi,
Chacun fait ce qu'il peut pour n'être point à soi.
Homme trop partagé, possède-toi toi-même,
Fais servir tout le temps à ton bonheur suprême :
Chaque instant recueilli te vaut l'éternité.
Ne perds point tant de biens après la vanité.
N'attends pas à demain ; prends pour toi la journée :
Celle que l'on possède est la plus fortunée.
Le présent te regarde, et non pas l'avenir
Ne laisse point couler ce que tu peux tenir.
L'avare ne dit point : à demain la fortune ;
Il prend pour amasser la rencontre opportune.
Il abandonne au temps son esprit et son corps.
Le temps est son grand bien, le fond de ses trésors.
De notre illusion l'oubli du temps dérive.
De nos sens enchantés la fausse perspective
Nous montre de bien loin la mort et le tombeau ;
Et l'homme après un siècle à mourir est nouveau.
Ainsi perdant les jours, et comptant par années,
Cent ans dans son erreur ne sont que cent journées.
Le temps pousse le temps d'un insensible effort :
Et vivre, c'est toujours s'approcher de la mort. [...]
François MALAVAL (1627-1719)
Puisque personne ne saurait te répondre du jour de demain, empresse-toi
de réjouir ton coeur plein de tristesse ; bois, ô lune adorable!
bois dans une coupe vermeille, la lune du firmament
tournera bien longtemps, sans nous y trouver.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
poème en chose et rose
D'aimer si fort ses lèvres closes
Qu'il n'ait besoin de nulle chose
Hormis le souvenir des roses
A jamais de toi parfumées
Celui qui meurt même à douleur
A qui sans toi le monde est leurre
Et n'en retient que tes couleurs
Il lui suffit qu'il t'ait nommée
Heureux celui qui meurt d'aimer
Heureux celui qui meurt d'aimer
Louis Aragon extrait de "Heureux celui qui meurt d'aimer" 1966

Le Coeur du Hêtre brûle
L'âme au feu s'est donnée
Ecorces écorchées
d'existences somnambules
Le coeur du hêtre brûle
L'âme au feu s'est donnée
La pendule a sonné
des ans le crépuscule
Le coeur du hêtre brûle
L'âme au feu s'est donnée
Danièle

Deux coeurs gravés dans l'hêtre
Deux coeurs à l'unisson
Le lien de deux êtres,
Empreinte d'émotions
Deux coeurs gravés dans l'hêtre
Deux coeurs à l'unisson
Une branche de hêtre
Des fleurs à profusion
Deux coeurs gravés dans l'hêtre
Deux coeurs à l'unisson
Claudie

Dans ces bois où ensemble
Nous marchions, quel bonheur !
Les hêtres immenses tremblent
Face aux hommes sans coeur
Dans ces bois où ensemble
Nous marchions, quel bonheur !
Qui,comme bon leur semble
Coupent, broient, quelle erreur !
Dans ces bois où ensemble
Nous marchions, quel bonheur !
Sélène
auteur né une année en 7 :

La fiancée
Où vas-tu, jeune fille, en ta robe de fête ?
Comme un lys du matin, ne lèves-tu la tête
Que pour montrer au jour l'éclat de tes attraits ?
Quel bonheur rêves-tu? Dis, quels sont tes souhaits ?
Cherches-tu les plaisirs nourris par la mollesse,
Ou bien ceux que procure une vaine richesse,
Les discours ou l'encens d'amis adulateurs,
Ton empire et ta chute au milieu des honneurs ?
" Mettre au pied de l'autel ma couronne de rose,
Souvenir virginal qui d'amour se compose,
Prononcer un serment qui naît de la candeur
Je vais où me conduit le choix qu'a fait mon coeur,
Pour aimer mon époux et lui vouer mon âme,
Exister de lui-même et brûler de sa flamme,
Pour être grande et noble. O ! si belle à ses yeux !
Et porter nos regards, notre espoir vers les cieux. "
- Dieu veille sur tes pas, jeune fille adorée
Qu'il donne à ces vertus une gloire assurée.
De blanches fleurs parent son front.
Son coeur bat d'une vive joie.
Rien ne la distrait sur sa voie.
Or du ciel s'échappe un rayon
Pour embellir son innocence.
Elle marche avec l'espérance
Et l'amour dans sa pureté.
On la contemple et on l'admire ;
Sa hanche n'offre qu'un soupir,
L'adieu de sa virginité.
Charles LEVESQUE (1817-1859)
un orage en plein coeur :
Je pense à tous ces coeurs
Sur le Hêtre gravés
Promesses de Bonheur
Serments d' Fidélité
Je pense à tous ces coeurs
Sur le Hêtre gravés
Le Pire ou le Meilleur ?
Où sont tous ces souhaits ?
Je pense à tous ces coeurs
Sur le Hêtre gravés...
Danièle