
L'âne au berger porte son bât
L'âne a fort à le satisfaire!
L'âne chemine cahin-caha
L'âne au berger porte son bât
L'âne trébuche, patatras!
L'âne a perdu ses molaires!
L'âne au berger porte son bât
L'âne a fort à le satisfaire!
Claudie

L'âne au berger porte son bât
L'âne a fort à le satisfaire!
L'âne chemine cahin-caha
L'âne au berger porte son bât
L'âne trébuche, patatras!
L'âne a perdu ses molaires!
L'âne au berger porte son bât
L'âne a fort à le satisfaire!
Claudie

l'âne a fort vieille réputation
l'âne, longues oreilles, têtu
l'âne, du roi Midas la sanction
l'âne, en crèche avec boeuf, enfançon
l'âne, de Stevenson le compagnon
l'âne, de longs pantalons vêtu
l'âne, de Francis Jammes le rayon
l'âne, que d'histoires nous contes-tu !
Maïté
L'anaphore est une technique poétique basée sur la répétition d'un mot ou d'un syntagme (groupe d'éléments) en tête de vers. Ce mois-ci, je vous propose donc de vous amuser en composant un triolet utilisant cet artifice de rhétorique.

règle :
composer un triolet (voir le jeu des valentins) d'octosyllabes dont chaque vers commencera par le syntagme "l'âne" en y glissant au vers que vous souhaitez le calembour "l'âne a fort" comme dans l'exemple ci-dessous :
l'âne à la rose voue sa quête
l'âne a fort à faire en somme
l'âne est un homme sous la bête
l'âne à la rose voue sa quête
l'âne flâne et parfois s'entête
l'âne aussi veut mordre la pomme
l'âne à la rose voue sa quête
l'âne a fort à faire en somme
Enfilez votre bonnet d'âne, faites la somme de vos réserves d'humour pour relever ce nouveau défi et bonne chance pour la rédaction de vos "triolets anafortins" à glisser dans le commentaire comme d'habitude...
Vous êtes instamment conviés à donner vos appréciations, en notant que le jeu prendra fin le 15 juin, date à compter de laquelle un jury de l'association An Amzer Poésies statuera, à partir de celles-ci, pour désigner une gagnante ou un gagnant à qui seront offertes des publications des Editions An Amzer.
trente deuxième des quarante quatre quatrains sur chose et rose :

Ils franchissent la porte
Sous une pluie de roses
Le regard sur les choses
Que le bonheur apporte
de Jean-Luc Aotret
Bien que ma personne soit belle, que le parfum qui s'en exhale soit agréable,
que le teint de ma figure rivalise avec celui de la tulipe,
que ma taille soit élancée comme celle d'un cyprès, il ne m'a pas été démontré,
cependant, pourquoi mon céleste peintre a daigné m'ébaucher sur cette terre.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates

écrit le 30 MAI 1932
Il n'y a plus que toi et moi dans la mansarde
Mon père
Les murs sont écroulés
La chair s'est écroulée
Des gravats de ciel bleu tombent de tous côtés
Je vois mieux ton visage
Tu pleures
Et cette nuit nous avons le même âge
Au bord des mains qu'elle a laissées
Dix heures
La pendule qui sonne
Et le sang qui recule
II n'y a plus personne
Maison fermée
Le vent qui pousse au loin une étoile avancée
Il n'y a plus personne
Et tu es là
Mon père
Et comme un liseron
Mon bras grimpe à ton bras
Tu effaces mes larmes
En te brûlant les doigts
René Guy Cadou (1920-1951)

Quand déjà pétillait et flambait le bûcher,
Jeanne qu'assourdissait le chant brutal des prêtres,
Sous tous ces yeux dardés de toutes les fenêtres
Sentit frémir sa chair et son âme broncher.
Et semblable aux agneaux que revend au boucher
Le pâtour qui s'en va sifflant des airs champêtres,
Elle considéra les choses et les êtres
Et trouva son seigneur bien ingrat et léger.
" C'est mal, gentil Bâtard, doux Charles, bon Xaintrailles,
De laisser les Anglais faire ces funérailles
A qui leur fit lever le siège d'Orléans. "
Et la Lorraine, au seul penser de cette injure,
Tandis que l'étreignait la mort des mécréants,
Las ! pleura comme eût fait une autre créature.
Paul VERLAINE (1844-1896)
(Recueil : Jadis et naguère)

Bravo Claudie ! sur les 8 textes de cette "rhétorigami", le jury d'An Amzer poésie a retenu ton distique :
Clochettes, oeufs garnis, nids de poules, violettes,
Dans les jardins fleuris, Pâqu' me conte fleurette!
le second texte primé est celui de Danièle :
Genoux tout ronds écorchés aux ronciers nouveaux,
Chasses aux premiers nids nichés dans les halliers !
et enfin le troisième celui de Sélène :
Le dimanche de Paqu' sa queue blanch' le trahit
Furtif sur le chemin le lapin vif s'enfuit
Chacun d'entre vous recevra dans les semaines prochaines un recueil des éditions An Amzer, dans la mesure où vous m'aurez transmis vos adresses à anamzer@free.fr . Félicitations aux heureux lauréats et un grand MERCI à tous pour votre participation.
auteur né une année en 7 :

Homme est un mot...
Homme est un mot qui ne caractérise
Qu'un animal, ainsi qu'ours et lion ;
Son naturel est erreur et sottise,
Malignité, superbe, ambition ;
Il naît et meurt ; et mort, on le méprise.
De son destin orgueilleux, on le voi
Fouler la terre en pays de conquête,
Que la raison a soumis à sa loi ;
Il n'est plus que la première bête
De ce séjour dont il se dit le Roi.
Maître du monde, esclave de lui-même,
Il creuse tout, et ne sait ce qu'il est ;
Son coeur, pétri d'orgueil et d'intérêt,
Craint ce qu'il hait, méprise ce qu'il aime.
Impudemment il appelle vertu
Le crime sourd d'un sophisme vêtu.
Son amour-propre inventa l'apparence ;
L'intérêt vil lui donna la prudence,
Et sa raison n'est qu'un noir composé
D'orgueil adroit, d'orgueil intéressé.
L'or animé dans ses veines palpite ;
L'or est son coeur ; c'est le Dieu qui l'agite ;
Sa voix le traîne au travers des dangers,
Pour s'engraisser sur des bords étrangers.
L'or inventa les Arts, l'Astronomie,
Et l'Avarice est mère du Génie.
Louis Antoine de SAINT-JUST (1767-1794)

sculpture de Valérie Le Gall
JEU DU HAIKU
Vous criez dans le désert
En êtes-vous sûr ?
Dans ce désert d'autres crient.
J'ai comme une idée en l'air
Elle peut retomber
Pourvu que ce soit sur moi.
Il se perd dans ses pensées
Ses pensées le perdent
Parties réfléchir ailleurs
Dans le désert.
Deux vrais amis
Se regardent et sourient
Joyeux de leur silence.
Roger GICQUEL "Retourné" Ed. Skol Vreiz