Les nuages envahissent et pleurent à nouveau sur le gazon.
Oh! il n'est plus possible de vivre un instant sans le vin, couleur d'amarante.
Cette verdure réjouit aujourd'hui notre vue,
mais celle qui germeras de notre poussière, la vue de qui réjouira-t-elle?
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
auteur née une année en 0 :
rives de l'Elorn photo Jalm, cliquez sur l'image
Ô de mon bien futur le frêle fondement !
Ô mes désirs semés en la déserte arène !
Ô que j'éprouve bien mon espérance vaine !
Ô combien mon tourment reçoit d'accroissement !
Ô douloureux regrets ! ô triste pensement
Qui avez mes deux yeux convertis en fontaine !
Ô trop soudain départ ! ô cause de la peine
Qui me fait lamenter inconsolablement !
Ô perte sans retour du fruit de mon attente !
Ô époux tant aimé qui me rendais contente ;
Que ta perte me donne un furieux remords !
Las ! puisque je ne puis demeurer veuve et vive,
J'impètre du grand Dieu que bientôt je te suive,
Finissant mes ennuis par une douce mort.
Madeleine DES ROCHES (1520-1587)
bataiile de Pavie 1525 de Bernard van Orley 1531
Bernard de La Monnoye (1641-1728)
Le cirque de Georges Seurat musée d'Orsay, cliquez sur l'image
Un jour je m'en irai, je quitterai la piste.
Je me séparerai de la cavale blanche,
je ne danserai plus sur cette croupe franche,
les gens regretteront la belle équilibriste.
Un jour je partirai et cela sera triste
car je reposerai entre mes quatre planches,
les mains tenant des roses glissées dans mes manches
et on me pleurera par des "adieu l'artiste !"
Ce jour est déjà là laissant mon écuyer
si désemparé et tellement malheureux
que le chagrin dès lors a fait rougir ses yeux.
Je n'ai pas eu le temps de tous vous embrasser.
Mais n'ayez crainte depuis mon séjour des cieux,
je vous garde en mon coeur vous aidant de mon mieux.
de Jean-Luc Aotret
auteur né une année en 0 :
ND du Relecq statue du XVème, cliquez sur l'image
De tout mon coeur humblement te salue,
Pour la grandeur de ta haulte value,
Royne du ciel, de la terre et la mer,
Pardonne moy se j'oze au reclamer,
Ton sainct nom mettre en ma bouche polue,
Delaissant vie estrange et dissolue,
Vueil par pensee honneste et resolue
Te bien servir, et loyaulment aymer
De tout mon coeur.
Tu fuz comme es de Dieu si bien voulue,
Que pour sa mere et fille preesleue
Dame te feit des vertus renommer ;
Telle te doy en la terre nommer,
Et telle aussi seras escripte et leue
De tout mon coeur.
Guillaume CRÉTIN (1460-1525)