Hong Kong le chat de l'auteur photo Dông Phong, cliquez sur l'image
Chez nous le chat est bien aimable
Malgré ses dégâts détestables.
Quand les rideaux sont lacérés
On trouve toujours le coupable :
C’est la griffe du greffier !
Dông Phong
En argot le greffier, peut-être à cause du rapprochement avec griffe, est le nom du chat, cet animal si prisé des poètes, j'en veux pour preuve ces quelques vers d'Apollinaire tirés du recueil "bestiaire" :
Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.
Je vous propose donc de jouer, ce mois-ci, en nous inspirant de ce quintil dont la combinaison des rimes aabab n'est close qu'au dernier vers, ce qui le classe dans les quintils dits à formule simple.
règle : sur le thème du chat, composez un quintil (strophe de cinq vers) à formule simple d'octosyllabes (vers de huit pieds) sur deux rimes combinées aabab. Glissez-y où vous voulez le mot "griffe" et substituez au mot "chat" le mot "greffier", vous obtiendrez ainsi un petit poème que j'appellerais bien tout simplement un "greffier" comme celui-ci :
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il pose sa griffe féline
dessous mes lignes sibyllines
ce greffier au regard malin
qui tout à coup me fait des mines
à la façon d'un arlequin
de Jean-Luc Aotret
Laissez votre matou préféré grimper sur votre écritoire pour qu'il puisse parapher les vers qu'il vous inspirera.
Vous êtes bien entendu chaleureusement conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Procure-toi des danseurs, du vin et une charmante aux traits de houri,
si houris il y a; ou cherche une belle eau courante au bord du gazon,
si gazon il y a. Ne demande pas plus; oublie cet enfer éteint.
En vérité, il n'y a pas d'autre paradis que celui que je t'indique, si paradis il y a.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
sculpture de Valérie Le Gall photo VLG cliquez sur l'image
J'étais berger ; j'avais plus de mille brebis.
Berger je suis encor, mes brebis sont fidèles
Mais qu'aux champs refroidis languissent les épis,
Et meurent dans mon sein les soins que j'eus pour elles !
Au cours de l'abandon je laisse errer leurs pas,
Et je me livre aux dieux que je ne connais pas !...
J'immolerai ce soir aux Nymphes des montagnes.
Maurice de GUÉRIN (1810-1839)
extrait de Glaucus
balade poétique sur le chemin de Coat Mez à Daoulas photo Jalm cliquez sur l'image
Je connais un pays où nous serons bien
Là-bas les sources se promènent dans les champs
Et racontent une histoire de saison
Qui éclate de jaune et de mauve
Sur le bord des talus
"le jardin des tempête" éd. Flammarion 2005
bataiile de Pavie 1525 de Bernard van Orley 1531
Bernard de La Monnoye (1641-1728)
auteur né une année en 0 :
bois de pins à Pencran photo Jalm cliquez sur l'image
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les vents montrer leur insolence.
En quelque part des Cieux que le Soleil s'élance,
Vous estes tousjours pleins d'un froid aveuglement,
Et vos petits ruisseaux malgré leur element
Font monter jusqu'aux airs leur foible violence.
Lieu où jamais l'amour ne vint tendre ses rets,
Torrents, cavernes, troncs, si parmy ces forests
Je me tiens si content, et je vous ayme encore
Ce n'est pas qu'en efect vous ayez des appas,
Mais puisque vous avez la Beauté que j'adore,
Puis-je avoir ce Bon-heur, et ne vous aymer pas ?
Marin Le Roy de GOMBERVILLE (1600-1674)