Clytie et Cupidon d'Annibale Carracci, cliquez sur l'image
De l'Amour! S'ai-
mer à jamais!
doux baisers vo-
lés dans le car-
quois goguenard
de Cupidon !
Claudie
Clytie et Cupidon d'Annibale Carracci, cliquez sur l'image
De l'Amour! S'ai-
mer à jamais!
doux baisers vo-
lés dans le car-
quois goguenard
de Cupidon !
Claudie
Psyché et Cupidon d'Alphonse Legros, cliquez sur l'image
Où est le mal ?
amour sans cal-
cul ni argent,
Cupidon ri-
gole ahuri,
tout en bandant* !
Dông Phong
* son arc, bien sûr !
Psyché et Cupidon de Louis Jean Francois Lagrenée, cliquez sur l'image
ô temps perd
des oiseaux nus
des neiges bleues
des têtes blon-
des,cupidons
ô malicieux !
Dom
La rime coupée est un procédé qu'utilisaient déjà les troubadours dans leur poésie médiévale. Il consiste à aller chercher la rime à l'intérieur du mot et pour cela, n'hésite pas à le couper. Georges Brassens a très souvent utilisé cette rime, comme dans ce refrain tiré de sa célèbre chanson "la non demande en mariage" :
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Je vous propose donc à l'occasion de cette nouvelle "saint Valentin" de nous inspirer de ce procédé ainsi que de la prosodie du refrain de maître Georges pour écrire des "valentins" ces petits épigrammes imaginés par les amoureux pour leurs amoureuses ou l'inverse.
règle : dans le genre "valentin" composez un sizain (strophe de six vers) de tétrasyllabes (vers de quatre pieds) sur 3 rimes disposées de la manière suivantes : aabccb. Glissez-y où bon vous semble le nom "Cupidon", faites en sorte qu'il y ait au moins une rime coupée et vous obtiendrez un petit épigramme que j'appellerais bien un "coupidon" comme celui-ci :
Cupidon et Psyché par François Pascal Simon Gérard, cliquez sur l'image
Cupidon s'en-
vole et se ment.
L'amour n'a pas
envie de cou-
per ce que nous
tressions déjà.
de Jean-Luc Aotret
De vos plumes coupez donc dans le vif du coeur des mots pour nous réjouir de vos sujets amoureux. Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
auteur né une année en 3 :
coque échoué sur l'herbu photo Houcq, cliquez sur l'image
Le pilote, en silence, appuyé tristement
Sur la barre qui crie au milieu des ténèbres,
Écoute du roulis le sourd mugissement,
Et des mâts fatigués les craquements funèbres.
Les astres de l'Europe ont disparu des cieux ;
L'ardente Croix du Sud épouvante ses yeux.
Enfin l'aube attendue, et trop lente à paraître,
Blanchit le pavillon de sa douce clarté.
"Colomb, voici le jour ! le jour vient de renaître!
- Le jour! et que vois-tu ? -je vois l'immensité, "
Casimir DELAVIGNE (1793-1843)
extrait de "Trois jours de Christophe Colomb"
Recueil : Les Messéniennes
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
L'Allée des Alyscamps Paul Gauguin 1888, cliquez sur l'image
Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
comme une rouge nue
où déjà te dessinait nue
l’arome de ta chair ;
ni vous, dont l’image ancienne
captive encor mon cœur,
île voilée, ombres en fleurs,
nuit océanienne ;
non plus ton parfum, violier
sous la main qui t’arrose,
ne valent la brûlante rose
que midi fait plier.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
auteur né une année en 3 :
calligraphes extrême-orientaux, cliquez sur l'image
Ông đồ già
1936
Mỗi năm hoa đào nở,
Lại thấy ông đồ già
Bày mực tàu giấy đỏ
Bên phố đông người qua.
Bao nhiêu người thuê viết
Tấm tắc ngợi khen tài :
‘‘Hoa tay thảo những nét
Như phượng múa rồng bay ! ’’
Nhưng mỗi năm mỗi vắng,
Người thuê viết nay đâu ?
Giấy đỏ buồn không thấm
Mực đọng trong nghiên sầu ...
Ông đồ vẫn ngồi đấy,
Qua đường không ai hay.
Lá vàng rơi trên giấy,
Ngoài giời mưa bụi bay.
Năm nay đào lại nở,
Không thấy ông đồ xưa.
Những người muôn năm cũ,
Hồn ở đâu bây giờ ?
Vũ Đình Liên
(1913-1996)
Traduction par Đông Phong :
Le vieux lettré calligraphe
Chaque année quand refleurissaient les pêchers1,
On voyait de nouveau le vieux lettré
Qui étalait son encre de Chine et ses papiers rouge foncé
Sur le trottoir où tant de gens passaient.
Et ceux qui le louaient pour écrire
Ne tarissaient pas leur admiration :
‘‘Un tel talent d’écriture,
C’est la danse du phénix et le vol du dragon !’’
D’année en année les amateurs se sont raréfiés,
Tous ces loueurs d’écriture, où sont-ils passés ?
Et les papiers rouges tout tristes ne pouvant plus l’absorber,
L’encre reste croupie dans le mélancolique encrier…
Le calligraphe est toujours assis là,
Mais les passants ne le voient pas.
Les papiers se couvrent de feuilles mortes,
Sous le crachin qui virevolte.
Cette année pendant que refleurissent les pêchers,
On ne voit plus le vieux lettré.
De tous les gens des années passées,
Où leur âme s’est-elle bien envolée ?
1. C’est-à-dire à l’arrivée du nouvel an lunaire, le tết :
on louait des écrivains publics pour calligraphier des vœux,
des compliments, qu’on offrait ou qu’on affichait à la maison.
(Extrait de Dông Phong, Des poètes de ma terre lointaine,
Ed. Publibook, 2008)