l'épouse de Gilbert Quioc, cliquez sur l'image
Ornée de joyaux1
L'agneau pour flambeau2
La cité* carrée3
Est illuminée4
Et déborde d'eau5
*Au Moyen Âge, la Cité prend une connotation plus religieuse, avec la Cité de Dieu. Elle n'est pas qu'une association d'hommes libres : la Cité, dans son sens théorique, tire son essence dans Dieu.http://fr.wikipedia.org/wiki/Cité_(ville)
Temps-pestif va prendre deux semaines de vacances, Janus s"en va cette fois compter les coquilles sur le chemin de Bourgogne entre Vézelay et Cluny, merci de votre fidélité et à bientôt...
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur l'image
Calmes aux quais déserts s’endorment les bateaux.
Les besognes du jour rude sont terminées,
Et le bleu Crépuscule aux mains efféminées
Éteint le fleuve ardent qui roulait des métaux.
Les ateliers fiévreux desserrent leurs étaux,
Et, les cheveux au vent, les fillettes minées
Vers les vitrines d’or courent, illuminées,
Meurtrir leur désir pauvre aux diamants brutaux.
Sur la ville noircie, où le peuple déferle,
Le ciel, en des douceurs de turquoise et de perle,
Le ciel semble, ce soir d’automne, défaillir.
L’Heure passe comme une femme sous un voile ;
Et, dans l’ombre, mon cœur s’ouvre pour recueillir
Ce qui descend de rêve à la première étoile.
Albert Samain (1858-1900)
extrait de soirs
recueil : Au jardin de l'infante (1893)
les Alyscamps par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Le Garno.
l’hiver bat la vitre et le toit.
Il fait bon dans la chambre,
à part cette sale odeur d’ambre
et de plaisir. Mais toi,
les roses naissent sur ta face
quand tu ris près du feu…
ce soir tu me diras adieu,
ombre, que l’ombre efface.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
passion de Gilbert Quioc, cliquez sur l'image
Epine* en couronne1
L'arbre noir festonne2
des roses de sang3
au coeur d'un printemps
où la vie se donne4
*L’Épine noire ou le Prunellier (Prunus spinosa) est un arbuste de la famille des Rosaceae http://fr.wikipedia.org/wiki/Prunellier
auteur né une année en 3 :
roses anciennes à Lorient photo Jalm, cliquez sur l'image
Le clair soleil d'avril ruisselle au long des bois.
Sous les blancs cerisiers et sous les lilas roses
C'est l'heure de courir au rire des hautbois.
Vos lèvres et vos seins, ô les vierges moroses,
Vont éclore aux baisers zézayants du zéphyr
Comme aux rosiers en fleur les corolles des roses.
Déjà par les sentiers où s'étouffe un soupir,
Au profond des taillis où l'eau pure murmure,
Dans le soir où l'on sent le sommeil s'assoupir,
Les couples d'amoureux dont la jeunesse mûre
Tressaille de désir sous la sève d'été
S'arrêtent en oyant remuer la ramure
Et hument dans l'air lourd la langueur du Léthé.
Stuart MERRILL (1863-1915)
pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
Si vous êtes mes amis, cessez vos discours frivoles ;
pour adoucir mes chagrins, versez-moi du vin.
Lorsque je serai redevenu terre, faites de moi une brique,
et encastrez-la dans quelque fissure des murs de la taverne.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
tentation de Gilbert Quioc, cliquez sur l'image
Une faim de pierre1
Au creux de l'hiver2
Le goût du pouvoir
et la soif d'avoir3
s'en vont4 au désert*
*Le mot désert désignait en ancien français non pas des étendues stériles et vides de végétation, mais toute vaste zone inhabitée et non cultivée par l’Homme, en particulier les forêts profondes qui abritaient par exemple des moines ermites qui « allaient au désert » pour y vivre en méditation. http://fr.wikipedia.org/wiki/Désert
Temps-pestif va prendre un long we de repos, Janus s"en va à nouveau compter les coquilles sur le chemin des étoiles du côté de Marcillac-Lanville à l'occasion de l'installation "enlumimurs" dans l'abbatiale du prieuré, merci de votre fidélité et à bientôt...
Mme Roulin par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
C’était longtemps avant la guerre.
sur la banquette en moleskine
du sombre corridor,
aux flonflons d’Offenbach s’endort
une blanche arlequine.
… zo’qui saute entre deux mmrs,
nul falzar ne dérobe
le double trésor sous sa robe
qu’ont mûri d’autres cieux.
On soupe… on sort… Bauby pérore…
dans ton regard couvert,
Faustine, rit un matin vert…
… amour, divine aurore.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929