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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 06:35
affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur l'image

 

Dans le calme jardin de la grande maison
J'ai vu fleurir trois fleurs qui se sont envolées,
Mais vous lui reviendrez à la belle saison
Et vous serez fidèle à l'ombre des allées.
Nous vous verrons encore orner le reposoir,
Quand viendra le Printemps, de lys, de tubéreuse.
Votre parfum sera celui des encensoirs :
Car vous fûtes toujours et resterez pieuse.
Nous vous verrons encor, lorsque viendra l'Été,
Puiser à son azur votre regard céleste
Où votre esprit se mire avec simplicité :
Car vous fûtes toujours et resterez modeste.
Nous vous verrons encor donner à vos oiseaux
Le mil de vos greniers, lorsque viendra l'Automne.
Vous tisserez leurs nids du fil de vos fuseaux :
Car vous fûtes toujours et vous resterez bonne.
Nous vous verrons encor lorsque viendra l'Hiver,
Chez les pauvres, remplir l'écuelle d'argile.
Celui qui vous a pris la main peut être fier :
Car vous serez toujours la femme d'évangile.
Tout mariage est écrit. Alors que l'homme naît,
Au profond de son coeur veille une fiancée.
Elle fleurit un jour. Et, comme un lierre fait,
Elle mourra plutôt que d'être détachée.

Poèmes inédits ou isolés

 
Francis JAMMES (1868-1938) 
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 00:04

tn cathédrale

cathédrale N.D. de Paris photo Jalm, cliquez sur l'image


Mon cœur, ô ma Chimère, est une cathédrale
Où mes chastes pensers, idolâtres du Beau,
S’en viennent à minuit sous la flamme lustrale
Râler leur requiem au pied de ton tombeau.

J’ai dressé sous le ciel du dôme un sarcophage
Dont la grave épitaphe en strophes de granit
Proclamera de l’aube à l’ombre et d’âge en âge
L’amen et l’hosanna de notre amour bénit.

 

Stuart Merrill
Les Gammes (vers)
Chez Vanier, 1887 (pp. 35-36)


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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 00:59

auteur né une année en 3 :

tn Automne6

hêtres de la vallée du Costour photo Jalm, cliquez sur l'image  

 

Tu le sais, inimitable fraise des bois
Comme un charbon ardent aux doigts de qui te cueille :

Leçons et rires buissonniers
Ne se commandent pas.

Chez le chasseur qui la met en joue
L'automne pense-t-elle susciter l'émoi
Que nous mettent au coeur les plus jeunes mois ?

Blessée à mort, Nature,
Et feignant encor
D'une Ève enfantine la joue
Que fardent non la pudeur mais les confitures
Ta mûre témérité
S'efforce de mériter
La feuille de vigne vierge.

Raymond RADIGUET (1903-1923)


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:57

tn contrerime8

les laveuses à Arles Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image

 

mgr Pou n’aime ici-bas
que le sçavoir antique,
ses aïeux, et la politique
du journal des débats.

elle qui naquit sous le feutre
des chevaliers mandchoux,
sa femme a le cœur dans les choux :
Dieu punisse le neutre !

Mgr Pou, mauvais époux,
tu cogites sans cesse.
Pas tant de g pour la princesse :
fais-lui des petits Pous.

 

Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929


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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 00:23

pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image

 

Personne n'a soulevé le rideau du destin ;
personne ne détient les secrets de la Providence.
Durant soixante et douze ans j'ai réfléchi jour et nuit ;
je n'ai pourtant rien appris, et l'énigme est restée totale.


 Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates


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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 00:53

 

affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur l'image

Je sortais d'une orgie âcre et stupéfiante
Où ma raison avait brûlé c
omme un sarment ;
Plus lourde que le plomb, l'atmosphère ambiante
Faisait craquer mes os tordus d'accablement.
La fièvre secouait les cloisons de ma tempe,
Et dans le cercle blanc et rouge de la lampe
L'horreur des visions tournait cruellement.
                
Émile Goudeau
extrait de La Ronde du remords
recueil : Fleurs du bitume, petits poèmes parisiens
Paul Ollendorff, éditeur, 1895


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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 00:22

auteur né une année en 3 :

tn Ange2

pont du château saint ange à Rome photo Jalm, cliquez sur l'image  

 

Toujours le malheureux t'appelle,
Ô nuit, favorable aux chagrins !
Viens donc, et, porte sur ton aile
L'oubli des perfides humains.
Voile ma douleur solitaire ;
Et, lorsque la main du Sommeil
Fermera ma triste paupière,
Ô dieux ! reculez mon réveil ;
Qu'à pas lents l'aurore s'avance
Pour ouvrir les portes du jour :
Importuns, gardez le silence,
Et laissez dormir mon amour.

Evariste de PARNY (1753-1814)


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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 00:57

tn Clunyfarinier et abbatiale de Cluny photo Jalm, cliquez ur l'image

 

J'ai pris l'eau des morts au chevet
de l'édifice religieux.
De Rimont à Cluny, sommeillent
les pierres du pouvoir des clercs,
moissonneurs des peurs séculaires
masquant la lumière qui veille.
Sous le noyer cachant les cieux,
J'ai plongé dans un rêve inquiet.

de Jean-Luc Aotret


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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 00:00

 

tn contrerime11terrasse de café à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image

 

Princes de la Chine.

les trois princes Pou, Lou et You,
ornement de la Chine,
voyagent. Deux vont à machine,
mais You, c’est en youyou.

Il va voir l’alboche au crin jaune
qui lui dit : " i love you. »
— elle est française ! Assure You.
Mais non, royal béjaune.

Si tu savais ce que c’est, You,
qu’une française, et tendre ;
douce à la main, douce à l’entendre :
du feu… comme un caillou.

 

  Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929


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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 00:00

auteur née une année en 3 :

tn Crépuscule

jetée sur la bassin d'Arcachon photo Jalm, cliquez sur l'image  

 

... Quand sur les champs du soir la brume étend ses voiles,
Lorsque, pour mieux rêver, la Nuit au vol errant,
Sur le pâle horizon détache en soupirant
Une ceinture d'or de sa robe d'étoiles ;

Lorsque le crépuscule entr'ouvre, aux bords lointains,
Du musical éther les portes nuageuses ;
Alors, avec les vents, les âmes voyageuses
Vont chercher d'autres cieux dans leurs vols incertains.

Frédéric MONNERON (1813-1837)
A vous(extrait)


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L'univers d'An Amzer

 

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