Jeune lièvre peint par Albrecht Dürer musée Albertina, cliquez sur les liens :
Le rondel est une forme fixe, d'origine française, apparue entre le XIVème et le XVIème siècle et reprise par certains poètes du XIXème. C'est une sorte de rondeau qui, comme ce dernier, est fondé sur le principe de la répétition, ainsi que le montre ce poème "Le lièvre" de Maurice Rollinat in "Dans les brandes, poèmes et rondels" 1877 :
Le lièvre, le long du fossé,
S’en revenait d’un pied qui boite,
Et son allure maladroite
Révélait qu’il était blessé.
Tout fumant, le poil hérissé,
La bouche en sang, l’oreille droite,
Le lièvre, le long du fossé,
S’en revenait d’un pied qui boite.
— « Ah ! s’il pouvait être pansé !
Mais la pauvre bête est bien coite. »
Et quand j’arrivai le front moite,
Hélas ! il avait trépassé,
Le lièvre, le long du fossé.
Dans de nombreuses cultures, le lièvre et le lapin, symboles de fertilité et de renouveau, sont associés au printemps et à Pâques. En Asie de l'Est et en Amérique centrale, le lapin lunaire ou le lièvre de jade, visible dans les parties sombres de l'astre, symbolise l'élixir de vie qu'il est censé fabriquer.
Pour ce nouveau jeu poétique du printemps, je vous propose d'écrire des rondels sur une thématique associant le lièvre lunaire et le lapin de Pâques.
règle : composez un poème constitué de deux quatrains (strophe de 4 vers) et d'un sizain (strophe de 6 vers) d'octosyllabes (vers de 8 pieds) sur deux rimes réparties de la manière suivante : abba, abab, abbaab. Faites en sorte que les deux premiers vers du poème se répètent aux troisième et quatrième vers du second quatrain et aux cinquième et sixième vers du sizain. Glissez-y où vous voulez les mots Pâques et/ou lune et lapin et/ou lièvre. Vous obtiendrez ainsi un petit poème que j'appellerais bien un « léporondel » comme celui-ci :
Si de Pâques je suis lapin,
Toi, tu es forcément Alice.
Il te faut donc suivre l'indice
qui sur la face du destin
De la lune pâle, au matin
Prestement dans l'ombre, se glisse.
Si de Pâques je suis lapin,
Toi tu es forcément Alice.
Afin d'entrer dans le jardin,
Il faudra que tu rapetisses,
Alors une souris complice,
Te conduira sur le chemin.
Si de Pâques je suis lapin,
Toi tu es forcément Alice.
de Jean-Luc Aotret
Mâchouillez vos plumes comme des lapins de lune pour nous pondre des "léporondels" dignes de Cyrano de Bergerac ! Vous êtes, bien entendu, instamment convié.e.s à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.