3 mars 2015
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coquelicots photo Jalm, cliquez sur l'image
Dans les bassins la lune est morte. Parle bas
Pour entendre, en passant par le sentier des saules,
Le bruissement obscur des feuilles que tu frôles.
Puis retenons, pour un baiser furtif, nos pas.
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Adagio
Mercure de France, 1909
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merrillades
2 mars 2015
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vergers en fleurs Arles 1889 Van Gogh, cliquez sur l'image
Nous jetâmes l’ancre, Madame,
Devant l’île Bourbon
A l’heure où la nuit sent si bon
Qu’elle vous troublait l’âme.
(O monts, ô barques balancées
Sur la lueur des eaux,
Lointains appels, plaintes d’oiseaux
Étrangement lancées.)
… Au retour, je vous vis descendre
L’écumeux barachois,
Dans les bras d’un nègre de choix :
Virgile, ou Alexandre.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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contrerimes
1 mars 2015
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square Charles Péguy à Paris, photo Jalm, cliquez sur l'image
Elle avait jusqu'au fond du plus secret hameau
La réputation dans toute Seine et Oise
Que jamais ni le loup ni le chercheur de noise
N'avaient pu lui ravir le plus chétif agneau.
Tout le monde savait de Limours à Pontoise
Et les vieux bateliers contaient au fil de l'eau
Qu'assise au pied du saule et du même bouleau
Nul n'avait pu jouer cette humble villageoise.
Sainte qui rameniez tous les soirs au bercail
Le troupeau tout entier, diligente bergère,
Quand le monde et Paris viendront à fin de bail
Puissiez-vous d'un pas ferme et d'une main légère
Dans la dernière cour par le dernier portail
Ramener par la voûte et le double vantail
Le troupeau tout entier à la droite du père.
Charles Péguy (1873-1914)
1912 (Ed. Gallimard, coll. La Pléiade,
Œuvres poétiques complètes, p. 841)
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temps-pestif
28 février 2015
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auteur né une année en 5 :
étang de Chavagne photo Jalm, cliquez sur l'image
Au bord tristement doux des eaux, je me retire,
Et vois couler ensemble, et les eaux, et mes jours,
Je m'y vois sec, et pâle, et si j'aime toujours
Leur rêveuse mollesse où ma peine se mire.
Au plus secret des bois je conte mon martyre,
Je pleure mon martyre en chantant mes amours,
Et si j'aime les bois et les bois les plus sourds,
Quand j'ai jeté mes cris, me les viennent redire.
Dame dont les beautés me possèdent si fort,
Qu'étant absent de vous je n'aime que la mort,
Les eaux en votre absence, et les bois me consolent.
Je vois dedans les eaux, j'entends dedans les bois,
L'image de mon teint, et celle de ma voix,
Toutes peintes de morts qui nagent, et qui volent.
Jacques DAVY DU PERRON (1555-1618)
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né une année en 5
27 février 2015
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l'île vierge à Plouguerneau photo Jalm, cliquez sur l'image
Tu ne trouverais plus à la fin de ta course
L’île vierge à laquelle aspirent tes ennuis.
Des pirates en ont empoisonné les sources.
Incendié les bois et dévoré les fruits.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
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horizon chimérique
26 février 2015
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pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
O toi qui est le résumé de la création universelle !
cesse donc un instant de te préoccuper de gain ou de perte ;
prends une coupe de vin, de la main de l'échanson éternel,
affranchis-toi ainsi des soucis de ce monde et de ceux de l'autre !
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
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roubaïates
25 février 2015
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur l'image
À Émile Pétriat.
Ce livre est simple et pur comme l’eau d’un torrent.
Si des gens, devant toi, le trouvent ridicule
Parce qu’il a servi de sujet de pendule :
N’écoute que ton âme et dis qu’elle comprend.
Songe que des vieillards le lurent en pleurant,
Et vois-y que l’amour, frêle ainsi qu’une bulle,
A le vol plus léger qu’un vol de libellule,
Et que nous naviguons à bord d’un Saint-Géran.
Songe aux vieux bâtiments ornés de galeries
Qui s’en allaient jadis aux lointaines patries.
Songe que tu pourrais avoir ce rêve encor :
Aller, en descendant le Morne, aux Pamplemousses,
Et revenir, la nuit, sous un tiède ciel d’or,
Laissant tes pieds neiger sur la fraîcheur des mousses.
1891. reccueil VERS
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le chat noir
24 février 2015
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auteur né une année en 5 :
Tristan Corbière, cliquez sur l'image
Mannequin idéal, tête-de-turc du leurre,
Eternel Féminin ! ... repasse tes fichus ;
Et viens sur mes genoux, quand je marquerai l'heure,
Me montrer comme on fait chez vous, anges déchus.
Sois pire, et fais pour nous la joie à la malheure,
Piaffe d'un pied léger dans les sentiers ardus.
Damne-toi, pure idole ! et ris ! et chante ! et pleure,
Amante ! Et meurs d'amour !... à nos moments perdus.
Tristan CORBIERE (1845-1875)
Recueil : Les Amours jaunes
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né une année en 5
23 février 2015
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misères humaines Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l’Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme ;
Douce aux ramiers, douce aux amants,
Toi de qui la ramure
Nous charmait d’ombre et de murmure,
Et de roucoulements ;
Où j’écoute frémir encore
Un aveu tendre et fier —
Tandis qu’au loin riait la mer
Sur le corail sonore.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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22 février 2015
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faîtière en céramique à St Amand en Puisaye photo Jalm, cliquez sur l'image
A Mme C. M.
Amour, c’en est fini des pleurs et des désastres !
La vie au point du jour va chanter dans les nids.
Attendons le soleil, et, l’un à l’autre unis,
Recueillons dans nos cœurs la promesse des astres.
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Adagio
Mercure de France, 1909
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