Pendant que je tirais l'horoscope du livre de l'amour,
tout à coup, du coeur brûlant d'un sage sortirent ces mots :
"Heureux celui qui en sa demeure possède une amie belle comme la lune,
et qui a en perspective une nuit longue comme une année !"
Pendant que je tirais l'horoscope du livre de l'amour,
tout à coup, du coeur brûlant d'un sage sortirent ces mots :
"Heureux celui qui en sa demeure possède une amie belle comme la lune,
et qui a en perspective une nuit longue comme une année !"
ciel lourd sur l'île de Batz photo Jalm, cliquez sur les liens
Moguériec, Moguériec,
Depuis le môle, tout là-bas
On voit s’ambrer le ciel de Sieck
Et s’embraser le ciel de Batz.
Moguériec
Eau-de-vie ! Au-delà !
À l’heure du plaisir,
Choisir n’est pas trahir,
Je choisis celui-là.
Je choisis celui-là
Qui sait me faire rire,
D’un doigt de-ci, de-là,
Comme on fait pour écrire.
Comme on fait pour écrire,
Il va par-ci, par-là,
Sans que j’ose lui dire:
J’aime bien ce jeu-là.
J’aime bien ce jeu-là,
Qu’un souffle fait finir,
Jusqu’au dernier soupir
Je choisis ce jeu-là.
Eau-de-vie ! Au-delà !
À l’heure du plaisir,
Choisir n’est pas trahir,
Je choisis celui-là.
1937
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur les liens
O jour qui meurs à songer d’elle
Un songe sans raison,
Entre les plis du noir gazon
Et la rouge asphodèle ;
N’est-ce pas, aux feux du plaisir
Inclinée et rebelle,
Elle encor, mais cent fois plus belle,
Et de flamme à saisir ?
… Là-bas monte la voix dernière
D’un bouvier sous les cieux.
On n’entend plus que ses essieux
Qui grincent dans l’ornière.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
colombe de la paix à Assise, photo Jalm, cliquez sur les liens
Celuy est sans parens, sans famille, sans loix,
(Dit Homere) lequel en son pais desire,
Discord civil regner, un des discords le pire,
Horrible à toutes gens, mesmement aux Gaulois.
Les Gaulois ont senty n'agueres par trois fois,
Que c'est que de troubler un pacificq' empire :
Mais voiant que le mal de jour en jour empire,
CHARLES y a pourveu, le meilleur Roy des Rois.
Meu de l'esprit de Dieu, qui le coeur du Roy tient
En sa main enfermé, il a mis paix en France,
Que les bons desiroient voians tant de soufrance.
Louons donc ce bon Roy, qui son peuple maintient
En bonne sauveté, aiant par sa prudence
Changé discord civil en civille alliance.
" nouvelle année
un autre calendrier
au même clou "
Livret exposition "Vers la cinquième saison" Haikouest
spot de surf à Guidel-Plage, photo Jalm, cliquez sur les liens
Toi qui te connais mal et que les autres n’aiment
Qu’en de vains ornements qui ne sont pas toi-même,
Afin que ta beauté natale ne se fane,
Mon âme, pare-toi comme une courtisane.
Lorsque reviendra l’ombre et que tu seras nue,
Seule devant la nuit qui t’aura reconnue
Et loin de la cité dont la rumeur t’offense.
Tu te retrouveras pareille à ton enfance,
Mon âme, sœur des soirs, amante du silence.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
De la cuisine de ce monde tu n'absorbes que la fumée.
Jusqu'à quand, par l'étude de l'être et du néant, seras-tu voué au chagrin?
Ce monde ne contient que regrets pour ceux qui s'y attachent.
Sois insensible à ce qu'on perd et ton profit sera complet.
Passe, rêve et souris, surtout nulle pensée !
Evite le secret qui dort au banc de mousse,
Les pieds nus dans la source où son ombre s'émousse,
Evite le secret qui parle à ta pensée.
Sois l'instinct fleurissant l'âme errante du loup.
Vogue et rôde et mélange au chalumeau discord
Du vent si bucoliquement faux, ton accord.
Sous les ronciers déserts, cherche l'âme du loup.
***
Garde-toi de palper les murailles du cloître,
N'essaie pas d'ouvrir les portes verrouillées,
Mais, pour mieux oublier, jette ces clefs rouillées,
Jette avec ta douleur ces clefs au puits du cloître.
Reste l'inconscient, pèlerin pauvre et nu,
Dont les rustiques doigts brûlent des manuscrits,
Et, pour n'en pas pleurer, ignore tous les cris
Qu'ont poussés tant de coeurs brisés vers l'Inconnu.
Sois le désir sans aile et l'espalier sans vigne
Sois un peu de néant que le néant épie,
S'écoulant à travers la nature assoupie,
Sois cet hôte sans lendemain qui se résigne
A n'être qu'un néant que le néant épie.
près de l'église de Dun-les-Places sur le chemin d'Assise photo Jalm, cliquez sur les liens
Au fond de la forêt glapit la mâle meute :
J’entends par heurts d’horreur haleter l’hallali,
Et c’est là-bas, là-bas, comme un émoi d’émeute.
Demain, ayant occis sangliers et dix-cors,
Les dames reviendront au trot des haquenées
Dans la gloire des fers, des cuivres et des ors.
Stuart Merrill
La douleur de la Princesse
in les gammes éd. Vanier 1887