11 janvier 2020
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Pointe ouest de l'île de Batz, photo Jalm, cliquez sur les liens
Une vague écumante s’effondre là
dans un fracas sonore éblouissant.
Les mouettes rieuses piaillent, se grisent
dans le lit du vent puissant, qui siffle
ardemment sur la dune dévêtue.
Un solide arbrisseau se penche à terre
comme un sujet devant son souverain.
Les nuages sombres versent un déluge
dans un crépitement accéléré.
Un escadron d’étourneaux s’enfuit, vole
dans un chuintement de cris couverts.
Le ciel ombreux se griffe de lumière
L’orage grogne au large, en mer ;
La respiration océane gonfle.
Les rouleaux pilonnent le littoral ;
La terre mouillée boit son essence.
Marie-Hélène
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an amzer
10 janvier 2020
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Lune blanche alias Sélène, photo Jalm janvier 2016, cliquez sur les liens
De la musique avant toute chose écrivait
Paul1 en vers, de la musique encore et toujours,
mélodie d'un impair où rien ne pèserait,
un vers d'une âme en allée vers d'autres amours.
Musique aussi qui prend Charles2 comme une mer
et qui fait gonfler la voile de ses poumons,
vaisseau souffrant allant voguant sous le plafond
de brume, bercé par le vent d'un pur éther.
Ether bleu dont Sully3 veut abreuver son âme
par le chant de cette voix qui telle une lame
viendrait trancher les liens terrestres, délicieux
appel l'enveloppant l'emportant vers les cieux.
Les mêmes qui pleuvent sur les oiseaux boiteux
qu'aime Théo4, ces bandits, ces mendiants ces gueux
qui chantent faux, hélas, dès que revient le jour,
Pierrots faisant de la musique au fond des cours.
Comme ce musicien avatar de Guillaume5
flustiste aveugle, la musique guidait ces pas
pour conduire un cortège où se glissa Mia,
amenant les femmes vers un autre royaume.
Musique indéfinie sous la lune profonde
Albert6 regarde ses prunelles se pâmer
Entre le ciel et l'onde, l'âme loin du monde
Rien n'est aussi doux que l'agonie d'un baiser.
de Jean-Luc Aotret
1- Paul Verlaine l'art poétique
2- Charles Baudelaire La Musique
3- Sully Prudhomme La Musique
4- Théodore de Banville Musique
5- Guillaume Apollinaire Le Musicien de Saint-Merry
6- Alber Samain Musique de l'eau
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9 janvier 2020
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Le vielleur de Georges de La Tour, musée des beaux arts de Nantes, cliquez sur les liens
Colporteur zélé magnifiant des babioles,
flagorneur de chaland, maître du baisemain,
il arpentait le monde pour gagner son pain
en faisant tournoyer son moulin à paroles.
De si longues années,
de sinueux chemins,
il est las aujourd’hui
ne rêve plus demain.
Il s’écarte de la voie.
Il laisse la place au train des phraseurs dans le vent,
et marchands de chansons poussant les wagonnets.
Il ne croit plus aux mots ni même à l’alphabet.
Mais ses mains savent bien, Elles, qu’il a tant et tant à Dire !
De concert, elles écrivent la musique de son cœur.
Elles délivrent ses harmonies secrètes en singulières mélodies.
De notes cristallines, elles arpègent le vent sur la bruyère des dunes
et les nuages mauve- gris caressant le granite
Et l’instant d’un silence,
Elles s’élancent et planent avec le goéland dans l’air pur d’un matin.
Quand les soirs se grisent aux embruns de l’Iroise,
elles accordent le spleen au plaintif vibrato.
Elles et lui nous racontent des histoires sans paroles.
Yvette Aroca-Lehre
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an amzer
8 janvier 2020
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La soeur aînée de William Bouguereau musée des beaux-arts de Houston, cliquez sur les liens
Il est là, bien ancré, au fond de ma mémoire,
Ce magnifique carrosse drapé de blanc,
Des plumeaux aériens, splendides accessoires,
Ebrouant à l’envi, leur pleurs ruisselant.
Deux chevaux harnachés piaffant d’impatience,
Un homme déposant, délicat, sur le seuil,
Une boîte fleurie aux cent lys de l’absence,
Et ma mère pleurant sous son voile de deuil.
Cortège s’ébranlant, laissant un vide étrange,
Et moi qui reste là, du haut de mes six ans,
Germaine est repartie, disparu mon bel ange,
Elle repose en paix et pour la nuit des temps.
Quand le doute parfois me submerge et me hante
Je me demande, inquiète, a-t-elle su vraiment
Retrouver ce chemin dans sa jeune tourmente,
Chemin qui mène droit au cœur du firmament !...
Annie Avril
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an amzer
7 janvier 2020
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Galette bénie,
Grâces à l'Epiphanie,
Magie de la vie.
Dông Phong
le 7 janvier 2008
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an amzer
1 janvier 2020
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Mimosa en joie
précoce au jardin surprend
pour ce nouvel an
Sélène
1 janvier 2010
A l'occasion des dix ans de la création, par Sélène, des Haïkhouhous, je viens vous offrir mes meilleurs voeux poétiques pour cette nouvelle année et vous remercie, à nouveau, pour votre fidélité à fréquenter le blog d'An Amzer Poésies qui fêtera ses quatorze ans en juillet 2020.
Janus
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haïkhouhou
31 décembre 2019
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coucher de soleil à l"île de Batz, photo Jalm, cliquez sur les liens
Un soir me promenant
Au front bleu du rivage,
Je reçus au visage
La main douce du vent.
Sa caresse légère
Tamisant les embruns,
Sur mon regard éteint
Réveillait la lumière.
J'avais quitté la veille
Une ville étouffée,
Cette brise iodée
Dénouait mes entrailles.
Compagnon des rochers
Je cheminais en veille,
De rayons de soleil
En habits de soirée.
Au balcon des merveilles
Je musardais longtemps,
Grisé par l'océan
En parure vermeille.
Le sentier douanier
Déroulait ses splendeurs,
J’aurais voulu que l'heure
S’arrêtât de tourner.
Jacques Premel-Cabic
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30 décembre 2019
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chemin dans les Alpilles entre Maussane et Eyguières, photo Jalm, cliquez sur les liens
Mon petit chemin a le charme du bonheur
Bordé de cèdres beaux parleurs, je leur chuchote
tant de mots enjôleurs qu'ils m'ont nommée ptit' fleur
me tendent leurs bras ainsi que leur âme en hôtes
Mon petit chemin court au milieu de senteurs
de figuiers, de mûriers où l'été me transporte
invitant mes sens à savourer ces douceurs
à rêvasser, à hiberner comme marmotte
Mon petit chemin suave plein de candeur
me ravit également l'âme car il porte
très haut ma flamme telles de jolies lueurs
du couchant qui m'éclaboussent de leur force
Mon petit chemin me ravit car il conduit
à un sacré paradis, ouvert vers le ciel
avec lequel il se confond, où me sourient
ses eaux miroitantes où file argos frêle !
Je t'ai dénichée, enfin, toi, ma toute belle
où j'aime m'abandonner en épicurienne
dans tes eaux sereines et je t'aime, ma reine,
ma piscine qui me grise et m'émerveille !
Claudie Caratini
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28 décembre 2019
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Retour de l'âne vers la forme humaine de Lucius. Miniature d'un manuscrit de 1345 des Métamorphoses de Lucius Apulée
Il est de ces chemins que l'on ne prend jamais.
Des chemins si ténus que pas même un baudet1,
aussi têtu qu'il soit, n'y mettrait ses sabots.
Tel ce chemin de lune voguant sur les eaux.
Certains parcourent nos tables sous nos couverts
étalant leurs dentelles et leurs broderies
de coton ou de soie à l'heure des desserts
des repas familiaux, quand les enfants s'ennuient.
Il est de ces chemins qui ne mènent à rien.
Tous ces chemins de vie qui n'ont plus aucun sens
ou ces chemins de ronde usant la vigilance
de guetteurs abrutis par tant de tours en vain.
Certains trop meurtriers sont de triste mémoire.
Tel celui des dames2 où, avant les poilus3,
par milliers au combat, les "Marie-Louise"4 ont chu
pour servir la cause d'une funeste gloire.
Il est de ces chemins que l'on n'ose emprunter.
Le chemin de traverse est de ce type là,
car on craint de s'y perdre ou de trop s'y trouver
et on peine alors à faire le premier pas.
C'est en effet l'inverse d'un chemin royal,
rien n'y est balisé tout nous paraît fatal.
Mais si nous choisissons ce chemin hasardeux,
enfin il se pourrait que nous marchions heureux.
de Jean-Luc Aotret
1- nom populaire de l'âne
2- Adélaïde et Victoire filles du roi Louis XV
3- surnom des soldats de la guerre 14-18
4- surnom des conscrits de la classe 1814
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éditogramme
26 décembre 2019
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Terne jour d'hiver
miracle des salles obscures
riant est le coeur
Sélène
26 décembre 2009
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