Lune blanche alias Sélène, photo Jalm janvier 2016, cliquez sur les liens
De la musique avant toute chose écrivait
Paul1 en vers, de la musique encore et toujours,
mélodie d'un impair où rien ne pèserait,
un vers d'une âme en allée vers d'autres amours.
Musique aussi qui prend Charles2 comme une mer
et qui fait gonfler la voile de ses poumons,
vaisseau souffrant allant voguant sous le plafond
de brume, bercé par le vent d'un pur éther.
Ether bleu dont Sully3 veut abreuver son âme
par le chant de cette voix qui telle une lame
viendrait trancher les liens terrestres, délicieux
appel l'enveloppant l'emportant vers les cieux.
Les mêmes qui pleuvent sur les oiseaux boiteux
qu'aime Théo4, ces bandits, ces mendiants ces gueux
qui chantent faux, hélas, dès que revient le jour,
Pierrots faisant de la musique au fond des cours.
Comme ce musicien avatar de Guillaume5
flustiste aveugle, la musique guidait ces pas
pour conduire un cortège où se glissa Mia,
amenant les femmes vers un autre royaume.
Musique indéfinie sous la lune profonde
Albert6 regarde ses prunelles se pâmer
Entre le ciel et l'onde, l'âme loin du monde
Rien n'est aussi doux que l'agonie d'un baiser.
de Jean-Luc Aotret
1- Paul Verlaine l'art poétique
2- Charles Baudelaire La Musique
3- Sully Prudhomme La Musique
4- Théodore de Banville Musique
5- Guillaume Apollinaire Le Musicien de Saint-Merry
6- Alber Samain Musique de l'eau








