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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 03:01

J'peux pas m'empêcher d'aimer la poésie de ce simple p'tit gas d'la campagne :

Un soir d'hiver, quand de partout,
Les corbeaux s'enfuient en déroute,
Dans un fossé de la grand'route,
Prés d'une borne, n'importe où
Pleurant avec le vent qui blesse
Leurs petits corps chétifs et nus,
Pour souffrir des maux trop connus,
Les gueux naissent.

"Les Gueux" Gaston Couté (188O-1911)

http://gastoncoute.free.fr/

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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 13:54
Les poèmes qui font rimer rose et chose, quatrième épisode.
On peut aussi écouter Gérard Philippe qui récite Malherbe (mais c'est pas gai).

Consolation à Monsieur Du Perier
Gentilhomme d'Aix en Provence
Sur la mort de sa fille

Ta douleur, Du Perier, sera donc eternelle,
        Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
        L'augmenteront tousjours!

Le malheur de ta fille au tombeau descenduë
        Par un commun trespas,
Est-ce quelque dedale où ta raison perduë
        Ne se retreuve pas?

Je sçay de quels appas son enfance estoit pleine,
        Et n'ay pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
        Avecque son mespris.

Mais elle estoit du monde, où les plus belles choses
        Ont le pire destin,
Et rose elle a vescu ce que vivent les roses,
        L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi seroit, que selon ta priere,
        Elle auroit obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carriere,
        Qu'en fust-il advenu?

Penses-tu que, plus vieille, en la maison celeste
        Elle eust eu plus d'accueil?
Ou qu'elle eust moins senti la poussiere funeste
        Et les vers du cercueil?

Non, non, mon Du Périer, aussi-tost que la Parque
        Oste l'ame du corps,
L'âge s'évanoüit au deça de la barque,
        Et ne suit point les morts.

Tithon n'a plus les ans que le firent cigale,
        Et Pluton aujourd'huy,
Sans égard du passé, les merites égale
        D'Archemore et de luy.

Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes,
        Mais sage à l'advenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres esteintes
        Esteins le souvenir.

C'est bien, je le confesse, une juste coustume,
        Que le coeur affligé,
Par le canal des yeux vuidant son amertume,
        Cherche d'estre allegé.

Mesme, quand il advient que la tombe separe
        Ce que nature a joint,
Celuy qui ne s'esmeut a l'ame d'un barbare,
        Ou n'en a du tout point.

Mais d'estre inconsolable, et dedans sa memoire
        Enfermer un ennuy,
N'est-ce pas se hayr pour acquerir la gloire
        De bien aimer autruy ?

Priam, qui vit ses fils abbatus par Achille,
        Desnué de support,
Et hors de tout espoir du salut de sa ville,
        Receut du reconfort.

François, quand la Castille, inégale à ses armes,
        Luy vola son Dauphin,
Sembla d'un si grand coup devoir jetter des larmes
        Qui n'eussent point de fin.

Il les secha pourtant, et comme un autre Alcide
        Contre fortune instruict,
Fit qu'à ses ennemis d'un acte si perfide
        La honte fut le fruict.

Leur camp, qui la Durance avoit presque tarie
        De bataillons espais,
Entendant sa constance eut peur de sa furie,
        Et demanda la paix.

De moy, desja deux fois d'une pareille foudre
        Je me suis vu perclus,
Et deux fois la raison m'a si bien fait resoudre
        Qu'il ne m'en souvient plus.

Non qu'il ne me soit grief que la tombe possede
        Ce qui me fut si cher;
Mais en un accident qui n'a point de remede,
        II n'en faut point chercher.

La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles:
        On a beau la prier,
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
        Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
        Est sujet à ses loix,
Et la garde qui veille aux barrieres du Louvre
        N'en défend point nos rois.

De murmurer contr'elle et perdre patience,
        II est mal à propos:
Vouloir ce que Dieu veut est la seule science
        Qui nous met en repos.

François de MALHERBE (1555-1628)
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 01:41

Un brin de poésie cueillie, avant-hier soir à Argenton, sur l'étal de la libraire ambulante http://www.la-librairie-ambulante.net/ :

Le bonheur est dans le pré.

Cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré.

Cours-y vite. Il va filer.

Paul Fort

 

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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 01:32

Après une petite balade sur le rivage d'Argenton :

Septième souvenance

Inscriptions
sur les courbes de la nature
Seuls vrais chemins
de traverse du temps

Olivier Cousin "Digne mémoire des talus"
Puiser aux mondes éd. L'étagère étanche

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 12:11
Il eut pour professeur de quatrième Maurice Fombeure :
Ici
les femmes s’habillent en noir
pour mieux cacher

le bleu des rêves sous leurs paupières,
le bleu des enfants qui dorment en elles.

Gérard Le Gouic
Extrait de Poèmes de l’île et du sel
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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 01:54

A l'occasion de notre rencontre avec Charles Le Quintrec, ce dernier nous a récité un poème de

Maurice Fombeure, voici un autre texte de cet auteur :

JE PASSAIS MES VACANCES  
 

Je passais mes vacances

Devant un rosier blanc,

Rose au cœur de la France,

Rosier au cœur tremblant.


Une abeille s'y pose.

Les mésanges aussi.

Rose au cœur de la rose,

Fleur des jours sans souci.


Et puis la nuit s'y pose

- Les toiles aussi -

Noire au cœur de la rose,

Et l'aube y pleure aussi.


Je passais mes vacances

Devant un rosier blanc.

Dans un pays de France

Dont je rêve souvent.
 

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 22:23

A l'occasion du lancement des manifestations sur le Mexique
à Brest :

"Nous ne pourrons plus
jamais cacher nos visages
indigènes métis, européens :
tous sont les nôtres"

Carlos Fuentes

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 13:27

Lorsque  hommes et femmes dans leur désirs changeants
Oublient leurs traditions et leurs dieux tant chéris
Ils les font disparaître, les yeux fraîchement emplis
De futures conquêtes, d’horizons flamboyants…

Mais qu’importe le temps et les mouvances humaines
Rien à jamais ne meurt, et au fond des mémoires
Comme dans de sombres puits demeurent les histoires
De ce monde formant une éternelle chaîne.

Mon île est en sommeil, et prend des forces nouvelles
Ceux qui la peuplent encore savent que le jour viendra
Où, émergeant enfin des eaux de sa longue veille
Dans un halo d’argent Avalon jaillira.

Mon âme se souvient, mon cœur souvent aspire
Aux joies des jours lointains et les liens du passé
Captant parfois le soir, dans un rêve éveillé
Les murmures chaleureux  des êtres  qui soupirent.

Parfois de courts instants, je les rejoins en songe
N’étant plus de leur terre, je ne peux m’attarder
Mais ces brèves rencontres en mon esprit prolongent
Le sentiment intense de leur fraternité.

Fidèle aux pierres levées,  aux cercles enchantés
Aux vieux duirs en colère lorsque gronde la tempête
A la mer exaltée qui s’unit aux rochers
J’attends depuis longtemps, je suis là, je suis prête…

Chantal Duros Mémoires d’Avalon-L’Attente  2006   

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 02:01

Arpentant le cimetière
il m'est revenu un air
de cette "Chanson d'hiver" :

Grains de givre,
Les fleurs tombent...
Il faut vivre
Sur des tombes :
Incohérent
S'égrène au vent
Le monde.

Et pourtant,
Sous la peau,
Vif et chaud
Bat le sang
Portant au coeur
Joie ou douleur
Du monde...

Geneviève Gautier
Cantique du brin d'herbe au vent
éd. An Amzer 2003

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 13:13

Après avoir été trainé mes guêtres, hier à  Landivisiau, sur les
pas de Xavier, je ne peux m'empêcher de vous livrer ce qu'il dit de
lui-même dans un hommage à Charles le Quintrec :

Mon nom de bretonne mutation en bretonne mutation vient, parait-il, de Gradlon, roi d'Ys.
Je demeure toujours en l'île engloutie.
Charles s'en est sorti, la musette pleine de merveilles et de pain blanc.
Je loge en Ys.
Au fond de la mer.
Je suis un roi des décombres.
Des murènes à gueule de mort m'épient dans le palais cassé.
Charles court la route, moud son grain en belle terre, s'en va un temps suivre la procession.
Je lui souhaite belle rime et bon vent.
Prince naufragé, je ne règne sur rien.

Xavier Grall
extrait d'une chronique des cahiers de l'Iroise janvier-mars 1974

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