15 août 2006
2
15
/08
/août
/2006
21:07
Hier j'ai reçu un coup de fil de Gilles Baudry qui a évoqué Max Jacob
dont il prévoyait de lire un texte à la veillée du 15 août. Je ne
résiste pas au plaisir de vous livrer celui-ci :
Le Phare d’Eckmühl
Le phare d’Eckmühl est une grosse lanterne.
Si tu as perdu ta route sur la lande tu regardes à droite
ou à gauche et tu vois où est Saint-Guénolé.
Depuis que je vous connais, Marie Guiziou, j’ai cherché vos
yeux sur toutes les mers de cette terre-ci.
Mais vos yeux tournent de côté et d’autre partout
Où il y a des amoureux.
Marie Guiziou, Marie Guiziou ! La vie est comme la lande
pour moi et vous êtes pour moi comme le phare d’Eckmühl.
Marie Guiziou ! Ma vie est comme l’océan autour
de Penmarch ! et si je ne vois vos yeux je suis un naufragé
sur les rochers.
Max Jacob Poèmes de Morvan le Gaëlique, Gallimard, 1953.
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
14 août 2006
1
14
/08
/août
/2006
08:08
En parcourant pieds nus
La longue et blanche grève
De l'anse du Pouldu,
J'aperçois comme en rêve
L'île qu'un coeur aima.
Chevalier de la croix
Et poète de Groix,
Yann-Ber est né là-bas :
Me zo ganet é kreiz er mor
Ter leu ér méz
Un tug gwenn duhont em-es,
Er benal 'gresk étal en mor
Hag el lann e hol en amvez
Me zo ganet é kreiz er mor,
E bro Arvor.
Je suis né au milieu de la mer
Trois lieues au large ;
J'ai une petite maison blanche là-bas,
Le genêt croît près de la porte,
Et la lande couvre les alentours.
Je suis né au milieu de la mer,
Au pays d'Armor.
Jean-Pierre Calloc'h
Extrait de "prière dans les ténèbres"
Ar en deulin, A genoux
Kendalc'h, 1963
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
12 août 2006
6
12
/08
/août
/2006
00:45
Hier à la bibliothèque Neptune de Brest, j'ai croisé James Sacré :
"On peut croire qu'un souvenir
Creuse la couleur du mot bleu, à force
Il en reste plus rien, du bleu ;
Et du souvenir pas plus.
Qu'est-ce qu'on raconte ?"
"Une ancienne cour que l'enfance a fermée
Si t'ouvres le portail
Quelques mots reviendront, pas grand-chose.
La couleur d'autrefois c'est pareil qu'aujourd'hui, presque :
De la tôle toute neuve, mais quand même
Encore du vieux bois qui pourrit."
"Un mur s'est éboulé
C'est comme des mots (mais tombés d'où ?)
La douceur du ciel continue son bleu
On dirait qu'on peut rêver
A travers les choses défaites, les trous du poème."
James Sacré, La petite herbe des mots (1986), Si peu de terre, tout – éd. Le Dé bleu (2000), p. 27, 28 et 31.
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
9 août 2006
3
09
/08
/août
/2006
02:03
Dimanche dernier en rentrant de Ouessant, j'ai aperçu en accostant
à Camaret les 4 tours du manoir de Saint Pol Roux :
Sept, menus comme les fœtus de cinq mois, marquant l'heure ;
Sept, mignons comme les nourrissons, marquant le jour ;
Sept, petits comme les communiants, marquant la semaine ;
Sept, grands comme les adolescents, marquant le mois ;
Sept, hauts comme les titans, marquant l'année ;
Sept, colossaux comme les clochers de cathédrale, marquant le lustre ;
Un, enfin, le dernier, incommensurable comme le génie marquant le siècle.
Saint Pol Roux extrait des Sabliers 1892
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
6 août 2006
7
06
/08
/août
/2006
03:20
En cheminant sur le Tro Arvorig :
Un château enchâssé
Comme un caillou précieux
Dans les griffes boisées
Des boucles du Trieux
Un manoir évoquant
Le meurtre mystérieux
De l'élu militant
Ancien maître des lieux
Traou Nez illustrée
Par la Roche Jagu
Deux rives opposées
Sur le cours de l'histoire
Deux pages déjà lues
Dans une série noire
De Jean-Luc Aotret
Published by Chronos
-
dans
temps-pestif
5 août 2006
6
05
/08
/août
/2006
03:09
En souvenir de la superbe soirée où Pascal, le croque-note,
nous a chanté quelques chansons de maître Georges avec sa guitare :
Jadis au lieu du jardin que voici,
C'était la zone et tout ce qui s'en suit
Des masures, des taudis insolites,
Des ruines pas romaines pour un sou
Quant à la faune habitant la-dessous,
C'était la fine fleur, c'était l'élite.
La fine fleur l'élite du pavé,
Des besogneux, des gueux, des réprouvés
Des mendiants rivalisant de tares,
Des chevaux de retour, des propres à rien
Ainsi qu'un croque-notes, un musicien,
Une épave accrochée à sa guitare
Extrait de La Princesse et du Croque-note
Georges Brassens
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
4 août 2006
5
04
/08
/août
/2006
20:59
En feuilletant une biographie de Charles Trenet,
j'ai croisé Cocteau :
Rien ne m'effraye plus que la fausse accalmie
d'un visage qui dort
Ton rêve est une Egypte et toi c'est la momie
Avec son masque d'or
Où ton regard va-t-il sous cette riche empreinte
D'une reine qui meurt,
Lorsque la nuit d'amour t'a défaite et repeinte
Comme un noir embaumeur ?
Abandonne ô ma reine, ô mon canard sauvage,
les siècles et les mers;
Reviens flotter dessus, regagne ton visage
Qui s'enfonce à l'envers.
Jean Cocteau Plain-Chant (extrait)
Published by Janus
-
dans
temps-pestif
27 juillet 2006
4
27
/07
/juillet
/2006
05:38
Eil bugaleaj
E milin an amzer ’m eus malet
Pilhou va yaouankiz
Holl druilhou va c’hoantiz.
Drailhennou va hunvre.
Froudennou. Sorc’hennou.
Ha poaniou ha kanvou.
Holl ’m eus o distrempet
Gant c’hwezenn a daerou.
Ha poazet an doazenn
E tanflamm va c’halon.
Graet ganto follennou
A feri d’o lufran
Gant houarn va youkl.
Ha warno, me ’skrivo,
Gant liviou va sonjou,
Fallaziou diboell
Va eil bugaleaj,
E yezh varzhus va gouenn.
Eost 1963
Seconde enfance
Au moulin du temps, j'ai moulu
Les guenilles de ma jeunesse
Tous les haillons de ma beauté,
Les lambeaux de mes rêves,
Les caprices, les fantaisies,
Et les peines, les deuils.
Tous trempés de sueur et de larmes.
Cuisant la pâte
Au feu ardent de mon coeur,
J'en ai tiré des pages,
Repassées et polies,
Au fer de ma volonté.
Dessus j'écrirai,
En couleur de mes rêves,
Les imaginations insensées
De ma seconde enfance,
Dans la merveilleuse langue de
Mon peuple.
Août 1963
Anjela Duval
Published by Chronos
-
dans
temps-pestif
26 juillet 2006
3
26
/07
/juillet
/2006
17:34
Published by Jean-Luc Autret
-
dans
temps-pestif
25 juillet 2006
2
25
/07
/juillet
/2006
19:39
Published by Jean-Luc
-
dans
temps-pestif