Voici venir l'an neuf
Au mitan de l'automne
Et d'octobre le neuf
Voici venir l'an neuf
Et son saint qui étonne
Portant tête comme oeuf
Voici venir l'an neuf
de Jean-Luc Aotret
Voici venir l'an neuf
Au mitan de l'automne
Et d'octobre le neuf
Voici venir l'an neuf
Et son saint qui étonne
Portant tête comme oeuf
Voici venir l'an neuf
de Jean-Luc Aotret
Avant-hier soir nous avons entendu un grand petit homme :
O Silence, berceau de toute chose, silence où même les galaxies se meuvent comme nefs en océan. Silence plus subtil que les voiles évanescents des déesses imaginées au coeur de l'aube.
Ce soir, il n'est ni tempête, ni grondement de tonnerre, ni lacération fulgurante d'éclairs, ni même d'inquiétude sur le sort de l'univers. ...
De la terre endormie, des berceuses en toutes langues se sont élevées vers les nuées, mêlées de sonorités, de parures, de gémissements, de chagrin, de félicité ou d'enfantement.
Et vous voici, femmes en vigilance, maîtresses des grandes germinations, vous êtes parmi nous, filles du cosmos, porteuses des cadences lunaires. .. Vous êtes racine unique nourrissant de multiples rameaux déployés sur le monde.
Pierre Rabhi, Extrait de l'Offrande au Crépuscule
En préparant notre rencontre avec le grand Charles :
La longue route du mal vivre
Charrie des cadavres ardents
Route de vent route de givre
Et route de chiens vagabonds
Route de maudits mercenaires
Route de feu route de guerre
Chaque croix fait croisement
Sur cette route de misère.
Charles Le Quintrec Les Temps Obscurs Debresse éditeur
En visitant le musée de l'école rurale de Trégarvan :
L'hirondelle part en automne
Et nous, écoliers nous rentrons :
Le savoir que nous vendangeons
Commence à bouillir et s'étonne.
De l'odeur des cormes des pommes,
Du froid qui donne des frissons
L'hirondelle part en automne
Et nous, écoliers nous rentrons.
Pour que les enfants soient des hommes
Il faut plus de quatre saisons.
L'hirondelle part en automne
Et nous, écoliers nous rentrons.
Pierre Ménanteau (1895-1992)
Sur le chemin des cimes et des tourbières du Yeun Elez à l'occasion de la saint Michel comment ne pas repenser à la belle évocation de Patrick :
De clarté
vespérale
fut l'infinitude
de ton errance
hissée,
cependant
débordée,
congédiée
par les rocs
allongeant
leur ombre
enclose...
Insondable
fut
ton chemin
de tourbes
sous l'émergence
d'une roche
frangée
d'or...
Patrick Thuillier
extrait de "Yeun Elez" éd. An Amzer 2003
Dans les ermitages perdus dans la montagne dominant Assise un beau jour de juin 2006 :
Le cloître nous sourit
Inondé de lumière
Quand son eau désaltère
L’oiseau des Carceri
Une vierge à l’enfant
Au fond du sanctuaire
Secrètement attend
Comme toutes les mères
La roche se souvient
De ce « poverello »
Méditant en son sein
Et l’arbre a retenu
Le prêche du moineau
A ses frères des nues
de Jean-Luc Aotret 18/06/06
Lors d'une balade au Pouldu où je croise deux cygnes près de la maison
de Mr Hily charpentier de Marine, je pense à Marie-Louise :
Anatifes
La mer murmure son chant d'été
des trémomlos dans la vague
tempête vite oubliée.
Sur le sable le filet de dérive
reste, cage ouverte, blessée,
aux teintes trop vives.
Ces coquilles blanches,nacrées
envolée riche de plume ?
ou prières de fées ?
ongles de sirène plaintive
aux vernis fragiles irisés ?
Simplement des anatifes.
Marie-Louise Cornille
Petits croquis... nature éd. An Amzer 2003
Le temps passe,
Point ne nous lasse,
Tant la vie pétille
De joies, desourires
Qu'il faut svoir découvrir.
Viennent des blessures : en cent milles secondes ce temps les guérira.
Il faut accepter de la vie ses aléas : sourire reviendra,
peu à peu,
Faisant jours heureux.
Yves Mocaër
19-09-06