Lorsque hommes et femmes dans leur désirs changeants
Oublient leurs traditions et leurs dieux tant chéris
Ils les font disparaître, les yeux fraîchement emplis
De futures conquêtes, d’horizons flamboyants…
Mais qu’importe le temps et les mouvances humaines
Rien à jamais ne meurt, et au fond des mémoires
Comme dans de sombres puits demeurent les histoires
De ce monde formant une éternelle chaîne.
Mon île est en sommeil, et prend des forces nouvelles
Ceux qui la peuplent encore savent que le jour viendra
Où, émergeant enfin des eaux de sa longue veille
Dans un halo d’argent Avalon jaillira.
Mon âme se souvient, mon cœur souvent aspire
Aux joies des jours lointains et les liens du passé
Captant parfois le soir, dans un rêve éveillé
Les murmures chaleureux des êtres qui soupirent.
Parfois de courts instants, je les rejoins en songe
N’étant plus de leur terre, je ne peux m’attarder
Mais ces brèves rencontres en mon esprit prolongent
Le sentiment intense de leur fraternité.
Fidèle aux pierres levées, aux cercles enchantés
Aux vieux duirs en colère lorsque gronde la tempête
A la mer exaltée qui s’unit aux rochers
J’attends depuis longtemps, je suis là, je suis prête…
Chantal Duros Mémoires d’Avalon-L’Attente 2006







