16 janvier 2009
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La veille de la sainte Agnès (le 20 janvier), pour les jeunes filles espérant rêver de leur futur mari, il est une tradition médiévale qui consiste à jeûner toute la journée, à ne se laisser embrasser par personne, à gober un oeuf rempli de sel, à se vêtir d'une chemise de nuit propre et à se coucher à reculons en récitant ce quatrain :
bonne sainte Agnès fais ce que dois
et envoie mon amoureux vers moi
non dans ses plus beaux ou ses pires atours
mais dans ses habits de tous les jours
("la fille de l'orfèvre" Kate Sedley éditions 10/18)
Cela confirme bien, s'il en était encore besoin, la survivance, derrière la christianisation, de croyances ancestrales liées au cycle des saisons et la complexité de certains rites divinatoires pratiqués en cette période de l'année. Je vous invite donc sur cette thématique plutôt jubilatoire à vous amuser poétiquement en imaginant à votre tour un nouveau quatrain incantatoire dédié à sainte Agnès.
cliquez sur l'image
règle : composez sur la thématique de la vision du futur mari un quatrain d'ennéasyllabes (vers de neuf pieds) sur deux rimes plates ou alternées. Glissez-y où vous voulez l'expression "bonne sainte Agnès" et vous obtiendrez ce que j'appellerais bien une "Incantagnès" telle que celle-ci :
j'ai gobé l'oeuf avec tout le sel
bonne sainte Agnès fais donc moi voir
le tendre mari promis à celle
qui sagement se couche ce soir
de Jean-Luc Aotret
Ressortez vos grimoires empoussiérés de la Samain pour y trouver l'inspiration incantatoire nécessaire à rédiger la bonne formule.
Ce jeu durera jusqu'à la chandeleur, date à compter de laquelle un jury de l'association An Amzer Poésies statuera pour désigner une gagnante ou un gagnant à qui sera offerte une publication des Editions An Amzer.
Vous êtes également instamment conviés à laisser vos appréciations dans les commentaires.
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lune en exil
15 janvier 2009
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auteur né une année en 9 :
marais salants de Guérande photo Jalm cliquez sur l'image
À André Borel.
Pauvre bougre !
JULES JANIN.
Là dans ce sentier creux, promenoir solitaire
De mon clandestin mal,
Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre
Comme un brute animal.
Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre,
Appeler le sommeil.
Pour étancher un peu ma brûlante paupière ;
Je viens user mon écot de soleil !
Là-bas dans la cité, l'avarice sordide
Des chefs sur tout champart :
Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ;
J'ai payé, j'ai ma part !
Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste,
Tu verses tes rayons,
Qui ne sont pas plus doux au front d'un Sire auguste,
Qu'au sale front d'une gueuse en haillons.
Petrus BOREL (1809-1859)
(Recueil : Rhapsodies)
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né une année en 9
14 janvier 2009
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pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image Qui croira jamais que celui qui a modelé la coupe
puisse songer à la détruire ? Toutes ces belles têtes,
tous ces beaux bras, toutes ces mains charmantes,
par quel amour ont-ils été créés, et par quelle haine sont-ils détruits ? Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
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roubaïates
13 janvier 2009
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roses de Landévénnec photo Jalm cliquez sur l'image
Belle épousée,
J'aime tes pleurs !
C'est la rosée
Qui sied aux fleurs.
Les belles choses
N'ont qu'un printemps,
Semons de roses
Les pas du Temps !
Soit brune ou blonde
Faut-il choisir ?
Le Dieu du monde,
C'est le Plaisir
Gérard de NERVAL (1808-1855)
(Recueil : Odelettes)
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chose et rose
12 janvier 2009
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auteur né une année en 9 :
Auray port de Saint Goustan photo Jalm cliquez sur l'image
Le soir, après avoir veillé tard sur un livre,
Quand ma lampe charbonne en son cercle de cuivre,
Quand au loin, dans Paris silencieux et noir,
L'écho des derniers pas meurt le long du trottoir,
Je sors de mon travail fiévreux, comme d'un rêve.
Émile BLÉMONT (1839-1927)
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né une année en 9
11 janvier 2009
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traduction Simone Rihouët-Coroze quarante poèmes mystiques éditions triades illustration Geneviève Ploquin pour en savoir plus sur Morgenstern cliquez sur le cerf
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temps-pestif
10 janvier 2009
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auteur né une année en 9 :
estampe populaire vietnamienne de Dong Ho, "l'école des crapauds" cliquez sur l'image
pour obtenir la tradution de ce poème par Dông Phong cliquez sur l'école des crapauds
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né une année en 9
9 janvier 2009
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statue d'Auguste Brizeux parc Chevassu à Lorient photo Jalm cliquez sur l'image
Ô maison du Moustoir ! combien de fois la nuit,
Ou quand j'erre le jour dans la foule et le bruit,
Tu m'apparais ! - Je vois les toits de ton village
Baignés à l'horizon dans des mers de feuillage,
Une grêle fumée au-dessus, dans un champ
Une femme de loin appelant son enfant,
Ou bien un jeune pâtre assis près de sa vache,
Qui, tandis qu'indolente elle paît à l'attache,
Entonne un air breton si plaintif et si doux
Qu'en le chantant ma voix vous ferait pleurer tous.
Oh ! les bruits, les odeurs, les murs gris des chaumières,
Le petit sentier blanc et bordé de bruyères,
Tout renaît comme au temps où, pieds nus, sur le soir,
J'escaladais la porte et courais au Moustoir ;
Et dans ces souvenirs où je me sens revivre,
Mon pauvre coeur troublé se délecte et s'enivre !
Aussi, sans me lasser, tous les jours je revois
Le haut des toits de chaume et le bouquet de bois,
Au vieux puits la servante allant emplir ses cruches,
Et le courtil en fleur où bourdonnent les ruches,
Et l'aire, et le lavoir, et la grange ; en un coin,
Les pommes par monceaux ; et les meules de foin ;
Les grands boeufs étendus aux portes de la crèche,
Et devant la maison un lit de paille fraîche.
Et j'entre, et c'est d'abord un silence profond,
Une nuit calme et noire ; aux poutres du plafond
Un rayon de soleil, seul, darde sa lumière,
Et tout autour de lui fait danser la poussière.
Chaque objet cependant s'éclaircit : à deux pas,
Je vois le lit de chêne et son coffre ; et plus bas
(Vers la porte, en tournant), sur le bahut énorme
Pêle-mêle bassins, vases de toute forme,
Pain de seigle, laitage, écuelles de noyer ;
Enfin, plus bas encor, sur le bord du foyer,
Assise à son rouet près du grillon qui crie,
Et dans l'ombre filant, je reconnais Marie ;
Et, sous sa jupe blanche arrangeant ses genoux,
Avec son doux parler elle me dit : " C'est vous ! "
Auguste BRIZEUX (1803-1858)
(Recueil : Marie)
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temps-pestif
8 janvier 2009
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur l'image
Moi, ça m’emmerde l’jour de l’an :
C’est des giri’s, c’est des magnières,
On dirait qu’on est des rosières
Qui va embrasser sa maman.
C’en est des fricassé’s d’museau :
Du p’tit môme à la trisaïeule,
Les gén’rations s’ lich’nt la gueule...
Et d’dans ça s’dit : Crèv’ donc, chameau !
Su’ l’ boulevard on n’est pas chez soi :
Ya’ cor’ pus d’ mond’ que les dimanches,
Autour d’un tas d’ baraqu’ en planches,
Des magnièr’s de nich’ oùsqu’on voit :
Des poupé’s, des sing’s, des marrons
Glacés, des questions nouvelles,
Des dragé’s, des porichinelles,
J’ te vas en fout’, moi, des bonbons !
Tas d’ propr’ à rien, tas d’ saligauds,
Avec vos môm’, avec vos grues,
Vous m’barrez l’ trottoir et les rues,
J’ peux pas rammasser mes mégots !
C’est qu’il a du mal, el’ trottoir,
Pour caler les jou’ à son monde :
J’ peux pus compter su’ ma gironde,
On m’ l’a ramméssé’ l’aut’ soir.
Et faudrait q’ j’ay’ el’ coeur content ?
Ah ! nom de Dieu ! c’est rien de l’ dire :
J’étais ben pus chouett’ sous l’empire...
Ça m’emmerdait pas l’ jour de l’an !
Aristide Bruant
(1851-1925)
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le chat noir
7 janvier 2009
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bataiile de Pavie 1525 Bernard van Orley 1531 pour en savoir plus sur Bernard van Orley cliquez sur l'image Il était affable et doux,
De l’humeur de feu son père,
Et n’entrait guère en courroux
Si ce n’est dans la colère. Bernard de La Monnoye (1641-1728)
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la palice en lices