clocher de Guimiliau photo Jalm, cliquez sur l'image
vois le soleil roi revient
radieux
il parcourt les cieux
serein
la gent ailée s'éveille
essaime
les cloches célestes de même
merveille
Ólöf
Nous retrouvons à nouveau enjambement et hétéromètrie dans ce superbe quatrain de Francis Jammes tiré de son poème "dimanche des rameaux" (De l'Angelus de l'aube à l'Angelus du soir, 1897) qui aujourd'hui s'imposait :
Les cloches sonnaient larges
et toutes,
comme des gouttes
d'orage.
Je vous propose de jouer poétiquement autour de la thématique du voyage des cloches de Pâques en utilisant cette prosodie lapidaire du poète des Pyrénées.
règle : composez deux quatrains (strophe de quatre vers) hétéromètres constitués chacun d'un hexamètre (vers de 6 pieds) d'un dissyllabe (vers de 2 pieds), d'un tétramètre (vers de 4 pieds) et d'un second dissyllabe sur 4 rimes embrassées : abba et cddc. Glissez-y où vous voulez le mot "cloche" vous obtiendrez, comme il est question de pied, d'enjambement et de cloche, un petit poème bancal que j'appellerais bien un "cloche-pied" comme celui-ci :
clocher de l'abbatiale de St Méen le Grand photo Jalm, cliquez sur l'image
on ne les entend plus,
silence...
est-ce l'absence,
en plus ?
Pâques nous les ramène
les cloches,
des oeufs en poches,
bien pleines.
de Jean-Luc Aotret
Laissez-vous emporter sur leurs ailes pour retrouver cet esprit d'enfance qui vous fera sonner des vers de Pâques pleins de sourires.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
auteur né une année en 2 :
Icarus and Daedalus, par Charles Paul Landon (1799), cliquez sur l'image
J'ai souvent répété les paroles des sages,
Que tout bonheur humain se paye et qu'il vaut mieux,
Libre et fort, dans la paix immobile des dieux,
Voir la vie à ses pieds, du bord calme des plages.
Mais maintenant, l'abîme a fasciné mes yeux ;
Je voudrais, comme Icare, au-dessus des nuages,
Vers la zone de flamme où germent les orages
M'élancer, et mourir quand j'aurai vu les cieux.
Je sais, je sais déjà tout ce que vous me dites,
Mais la vision sainte est là ; je veux saisir
Mon rêve et, sous le ciel embrasé du désir,
Braver la soif ardente et les fièvres maudites
Et les remords sans fin, pour ce bonheur d'un jour,
Le divin, l'infini, l'insatiable amour.
Louis MÉNARD (1822-1901)
bataille de Pavie 1525 de Bernard van Orley 1531
où mourut Monsieur de la Palice en perdant la vie cliquez sur l'image
Il fuyait assez l’excès ;
Mais dans les cas d’importance,
Quand il se mettait en frais,
Il se mettait en dépense.
auteur né une année en 2 :
Simonetta Vespucci par Botticelli, cliquez sur l'image
Quand nature forma d'un art industrieus
Cette beauté divine à nulle autre seconde,
Elle prit dans des feux qui font tousjours la ronde
Par le cercle estoilé, pour en faire ses yeux.
Elle mit le croissant sur son front gracieus,
Elle emprunta les rais du grand flambeau du monde,
Afin d'en colorer sa belle tresse blonde :
Bref, elle butina tout le tresor des Cieux.
Elle prit au zéfirs leur odorante haleine,
Les perles à la mer, à la terre l'ebene,
Les roses et les lis, et la belle en orna.
Se faut-il estonner si cest larronnesse
Vole ainsi tant de coeurs, et desrobe sans cesse ?
Nature de larçins toute la façonna.
Claude Gaspar Bachet de MEZIRIAC (1592-1638)