30 janvier 2018
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Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.
Jacques Prévert
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De la pluie
29 janvier 2018
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Aujourd'hui je vous propose d'écouter l'enregistrement de l'évènement "JOLIMAGO"
Brest St Marc Janvier 2018
Invités : Paul Fournel, Hervé Le Tellier, Hervé Eléouet, et Jean Bernard Pouy
organisé et animé par l'équipe de l'association :
Le Goëland Masqué
en cliquant sur le lien ci-dessus vous arriverez sur le site de l'association et à droite de la page d'accueil vous pourrez écouter comme si vous y étiez grâce à la : Webradio Oufipo
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Evénements ici et là
28 janvier 2018
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Je ne sais la beauté
Mais l'entends parfois
Me questionner
Je suis alors
Un écueil
Dans les affres sereines
Il y a tant de vie dans un instant
Tant de vie et de Terre mêlées
Que mes yeux se perdent
Hayat Ait-Boujounoui
Recueil : Dans la chair. Editions L'Harmattan - collection Poètes des cinq continents
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Les femmes aussi..
26 janvier 2018
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
pour en savoir plus sur le chat noir cliquez sur le lien
Mélancolique mer que je ne connais pas,
Tu vas m’envelopper dans ta brume légère ;
Sur ton sable mouillé je marquerai mes pas,
Et j’oublierai soudain et la ville et la terre.
O mer, ô tristes flots, saurez-vous, dans vos bruits,
Qui viendront expirer sur les sables sauvages,
Bercer jusqu’à la mort mon cœur, et ses ennuis
Qui ne se plaisent plus qu’aux beautés des naufrages ?
Jean MORÉAS (1856-1910)
Les Stances
Société du Mercure de France, 1905
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le chat noir
25 janvier 2018
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Elle éternue
comme un chat errant
la petite vieille du cimetière
Alain Kervern,
Ce grand vent ira - t- il plus loin que le matin?,
La Part Commune, 2009
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Le haïku du jeudi
23 janvier 2018
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une île au creux de tes mains une ville dans l'écrin
d'un long regard cette ville-miroir un visage un pays
toi ni rêve ni songe tu te regardes passer au bras
de la mystérieuse Cité et te demandes de quel nom
baptiser ta ville perdue
ainsi le temps passe comme tu passes voyageur interdit
marchand de sons et de cris à côté d'un enfant
surgi de ce mystère
et puis le temps jaseur picore la ville-miroir
le temps peureux vole le temps d'aimer le temps las
fuit le temps saltimbanque le temps plat griffe les yeux
du temps qui meugle le temps avant-coureur prend l'heure
à son cou le temps beau joueur roucoule à la gorge
du voyageur et puis en même temps le met au garde à vous
le cajole et puis le perd et disparaît à tire-d'aile
Published by Yvette
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Ile Iliens Iliennes
21 janvier 2018
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Je ne sais pourquoi
la poésie cul-de-poule
ou celle auriculaire
me fait froid dans le dos
la poésie des paravents
des énigmatiques
belles lettres
.../...
La poésie est sur la table
.../...
J'aime les gens qui marchent et les gens qui reculent
les gens qui bafouillent et les gens qui piétinent
j'aime les banquettes affaissées
et les gens qui les usent
les fonds de verres, le marc de café
et les cabines de plage désossées,
les galets de la grève de Somme
qui ont des formes que l'on prend dans la main
j'aime les gens qui tremblent
ou qui imitent la pierre
et le vent, le chant des fauvettes et les rizières
les mots qui restent à leur place furtive
et ne se croient pas de racines divines
la poésie est sur la table.
.../...
Anne JULLIEN
Recueil : Dans la tête du cachalot
Collection : Minuscule Asphodèle Editions
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Les femmes aussi..
19 janvier 2018
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clair de lune à Pont-Aven photo Jalm, cliquez sur les liens
Diane, Séléné, lune de beau métal,
Qui reflète vers nous, par ta face déserte,
Dans l’immortel ennui du calme sidéral,
Le regret d’un soleil dont nous pleurons la perte,
Ô lune, je t’en veux de ta limpidité
Injurieuse au trouble vain des pauvres âmes,
Et mon cœur, toujours las et toujours agité,
Aspire vers la paix de ta nocturne flamme.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
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horizon chimérique
18 janvier 2018
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Avec ses pattes
le rouge-gorge écrit sur la neige
des petits Y.
Jean Féron,
Le soleil en miettes, éditions des Lisières, 2017
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Le haïku du jeudi
17 janvier 2018
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Guitarra morisca, cliquez sur les liens
A Paul Verlaine
A l’ombre des lauriers et des cerisiers roses
Les tourtereaux rêveurs qu’endort le lourd midi
Roucoulent leur amour aux corolles mi-closes.
Et le long des degrés de porphyre des cours
Tintent les cordes d’or des lentes mandolines
Sous les doigts indolents d’un chœur de troubadours.
Stuart Merrill
La douleur de la Princesse
in les gammes éd. Vanier 1887
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merrillades