22 août 2013
4
22
/08
/août
/2013
00:29
les Alyscamps par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Le Garno.
l’hiver bat la vitre et le toit.
Il fait bon dans la chambre,
à part cette sale odeur d’ambre
et de plaisir. Mais toi,
les roses naissent sur ta face
quand tu ris près du feu…
ce soir tu me diras adieu,
ombre, que l’ombre efface.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
13 août 2013
2
13
/08
/août
/2013
00:06
Mme Roulin par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
C’était longtemps avant la guerre.
sur la banquette en moleskine
du sombre corridor,
aux flonflons d’Offenbach s’endort
une blanche arlequine.
… zo’qui saute entre deux mmrs,
nul falzar ne dérobe
le double trésor sous sa robe
qu’ont mûri d’autres cieux.
On soupe… on sort… Bauby pérore…
dans ton regard couvert,
Faustine, rit un matin vert…
… amour, divine aurore.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
10 juillet 2013
3
10
/07
/juillet
/2013
00:45
Mme Roulin par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Fô a dit…
« ce tapis que nous tissons comme
« le ver dans son linceul
« dont on ne voit que l’envers seul :
« c’est le destin de l’homme.
« mais peut-être qu’à d’autres yeux,
« l’autre côté déploie
« le rêve, et les fleurs, et la joie
« d’un dessin merveilleux. »
tel Fô, que l’or noir des tisanes
enivre, ou bien ses vers,
chante, et s’en va tout de travers
entre deux courtisanes.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
4 juillet 2013
4
04
/07
/juillet
/2013
00:31
les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur l"image
Nocturne.
O mer, toi que je sens frémir
à travers la nuit creuse,
comme le sein d’une amoureuse
qui ne peut pas dormir ;
le vent lourd frappe la falaise…
quoi ! Si le chant moqueur
d’une sirène est dans mon cœur —
O cœur, divin malaise.
Quoi, plus de larmes, ni d’avoir
personne qui vous plaigne…
tout bas, comme d’un flanc qui saigne,
il s’est mis à pleuvoir.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
31 mai 2013
5
31
/05
/mai
/2013
00:18
paysage d'Arles par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Dans le silencieux automne
d’un jour mol et soyeux,
je t’écoute en fermant les yeux,
voisine monotone.
Ces gammes de tes doigts hardis,
c’était déjà des gammes
quand n’étaient pas encor des dames
mes cousines, jadis ;
et qu’aux toits noirs de la rafette,
où grince un fer changeant,
les abeilles d’or et d’argent
mettaient l’aurore en fête.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
15 mai 2013
3
15
/05
/mai
/2013
00:27
les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur l"image
Le microbe : Botulinus
fut, dans ses exercices,
découvert au sein des saucisses
par un alboche en us.
Je voudrais, non moins découverte
Floryse, que ce fut
vous que je trouve, au bois touffu
dormante à l’ombre verte ;
si même l’archer de Vénus
des traits en vous dérobe
plus dangereux que le microbe
nommé : Botulinus.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
9 mai 2013
4
09
/05
/mai
/2013
00:10
Arlésiennes par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
il pleuvait. Les tristes étoiles
semblaient pleurer d’ennui.
Comme une épée, à la minuit,
tu sautas hors des toiles.
— minuit ! Trouverai-je une auto,
par ce temps ? Et le pire,
c’est mon mari. Que va-t-il dire,
lui qui rentre si tôt ?
— et s’il vous voyait sans chemise,
vous, toute sa moitié ?
— ne jouez donc pas la pitié.
— pourquoi ? … doublons la mise.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
12 avril 2013
5
12
/04
/avril
/2013
00:01
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur l"image
Dans le lit vaste et dévasté
j’ouvre les yeux près d’elle ;
je l’effleure : un songe infidèle
l’embrasse à mon côté.
Une lueur tranchante et mince
échancre mon plafond.
Très loin, sur le pavé profond,
j’entends un seau qui grince…
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
17 mars 2013
7
17
/03
/mars
/2013
00:53
Le mas d'Arles Paul Gauguin 1888, cliquez sur l'image
Ces roses pour moi destinées
par le choix de sa main,
aux premiers feux du lendemain,
elles étaient fanées.
Avec les heures, un à un,
dans la vasque de cuivre,
leur calice tinte et délivre
une âme à leur parfum
liée, entre tant, ô ménesse,
qu’à travers vos ébats,
j’écoute résonner tout bas
le glas de ma jeunesse.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
11 mars 2013
1
11
/03
/mars
/2013
00:24
La Nuit étoilée, 1889, Van Gogh, cliquez sur l'image
Iris, à son brillant mouchoir,
de sept feux illumine
la molle averse qui chemine,
harmonieuse à choir.
Ah, sur les roses de l’été,
sois la mouvante robe,
molle averse, qui me dérobe
leur aride beauté.
Et vous, dont le rire joyeux
m’a caché tant d’alarmes,
puissé-je voir enfin des larmes
monter jusqu’à vos yeux.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes