16 mars 2016
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les laveuses à Arles Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Pour une dame imaginaire
Aux yeux couleur du temps,
J’ai rimé longtemps, bien longtemps :
J’en étais poitrinaire.
Quand vint un jour où, tout à coup,
Nous rimâmes ensemble.
Rien que d’y penser, il me semble
Que j’ai la corde au cou.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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3 mars 2016
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terrasse de café à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
Dessous la courtine mouillée
Du matin soucieux,
Tu balances, harmonieux,
Ta branche dépouillée,
Beau peuplier qui de l’été
Fais voir encor la grâce :
Pourquoi l’âge a−t−il sur ma face
Aboli ma fierté ?
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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11 février 2016
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les Alyscamps par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur les liens
C’était sur un chemin crayeux
Trois châtes de Provence
Qui s’en allaient d’un pas qui danse
Le soleil dans les yeux.
Une enseigne, au bord de la route,
— Azur et jaune d’œuf, —
Annonçait : Vin de Chateauneuf,
Tonnelles, casse-croute.
Et, tandis que les suit trois fois
Leur ombre violette,
Noir pastou, sous la gloriette,
Toi, tu t’en fous : tu bois…
C’était trois châtes de Provence,
Des oliviers poudreux,
Et le mistral brûlant aux yeux
Dans un azur immense.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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19 janvier 2016
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Mme Roulin par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
Dans la rue−des−Deux−Décadis
Brillait en devanture
Un citron plus beau que nature
Ou même au Paradis ;
Et tel qu’en mûrissait la terre
Où mes premiers printemps
Ombrageaient leurs jours inconstants
Sous ton arbre, ô Cythère.
Dans la rue−des−Deux−Décadis
Passa dans sa voiture
Une dame aux yeux d’aventure
Le long des murs verdis.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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31 décembre 2015
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Mme Roulin par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Au détour de la rue étroite
S’ouvre l’ombre et la cour
Ou Diane en plâtre, et qui court
N’a que la jambe droite.
Là-bas sur sa flûte de Pan,
Un Ossalois nous lance
Ces airs aigus comme une lance
Qui percent le tympan,
O Faustine, et je vois se tendre
L’arc pur de ton sourcil ;
Telle une autre Diane, si
Le trait n’était si tendre.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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27 novembre 2015
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les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur les liens
A Londres je connus Bella,
Princesse moins lointaine
Que son mari le capitaine
Qui n’était jamais là.
Et peut−être aimait−il la mangue ;
Mais Bella, les Français
Tels qu’on le parle : c’est assez
Pour qui ne prend que langue ;
Et la tienne vaut un talbin.
Mais quoi ? Rester rebelle,
Bella, quand te montre si belle
Le désordre du bain ?
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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2 novembre 2015
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paysage d'Arles par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur les liens
Tout ainsi que ces pommes
De pourpre et d’or
Qui mûrissent aux bords
Où fut Sodome ;
Comme ces fruits encore
Que Tantalus,
Dans les sombres palus,
Crache, et dévore ;
Mon cœur, si doux à prendre
Entre tes mains,
Ouvre-le, ce n’est rien
Qu’un peu de cendre.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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28 septembre 2015
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les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur lles liens
— « Enfin, puisque c’est sa demeure,
Le bon Dieu, où est-Y ?
— « Chut, me dit-elle : il est sorti,
On ne sait à quelle heure. »
« Et de nous tous le plus calé,
Je dis : Satan lui-même,
Ne sait en ce désordre extrême
Où diable il est allé. »
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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9 septembre 2015
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Arlésiennes par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
C’était, dans les vapeurs du nard,
Un cri, des jeux infâmes,
Et ces yeux fatals qu’ont les femmes
Du cruel Fragonard.
Parfois, pour ranimer l’orgie,
Brillait un sang nouveau.
Bacchus, rose comme le veau,
Cuvait sa nostalgie.
Cet air des Brigands l’attristait.
Il voulait qu’on s’en aille.
Une voix se tut. La canaille
Dansait, et sanglotait.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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1 juin 2015
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19:58
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur les liens
On descendrait, si vous l’osiez,
D’en haut de la terrasse,
Jusques au seuil, où s’embarrasse
Le pas dans les rosiers.
D’un martin pêcheur qui s’élance
L’éclair n’a que passé ;
Et la source, à son pleur glacé,
Alterne un noir silence.
L’Angelus, dans le couchant roux,
Comme un parfum s’efface.
Lilith, en détournant sa face,
A tiré les verroux.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
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