20 janvier 2014
1
20
/01
/janvier
/2014
00:51
Arlésiennes par Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Amarissimes.
est-ce moi qui pleurais ainsi
— ou des veaux qu’on empoigne —
d’écouter ton pas qui s’éloigne,
beauté, mon cher souci ?
Et (je t’en fis, à pneumatique,
part, — sans aucun bagou)
ces pleurs, ma chère, avaient le goût
de l’onde adriatique.
Oui, oui : mais vous parlez de cri,
quand je repris ma lettre
grands dieux… ! J’aurais mieux fait, peut-être
d’écrire à son mari.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
14 janvier 2014
2
14
/01
/janvier
/2014
00:43
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur l"image
Rêves d’enfant.
circé des bois et d’un rivage
qu’il me semblait revoir,
dont je me rappelle d’avoir
bu l’ombre et le breuvage ;
les tambours du morne maudit
battant sous les étoiles
et la flamme où pendaient nos toiles
d’un éternel midi ;
rêves d’enfant, voix de la neige,
et vous, murs où la nuit
tournait avec mon jeune ennui…
collège, noir manège.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
9 janvier 2014
4
09
/01
/janvier
/2014
00:04
Le mas d'Arles Paul Gauguin 1888, cliquez sur l'image
Géronte d’une autre Isabelle,
à quoi t’occupes-tu
d’user un reste de vertu
contre cette rebelle ?
La perfide se rit de toi,
plus elle t’encourage.
Sa lèvre même est un outrage.
Viens, gagnons notre toit.
Temps est de fuir l’amour, Géronte,
et son arc irrité.
L’amour, au déclin de l’été,
ni la mer, ne s’affronte.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
27 novembre 2013
3
27
/11
/novembre
/2013
00:41
La Nuit étoilée, 1889, Van Gogh, cliquez sur l'image
D’un noir éclair mêlés, il semble
que l’on n’est plus qu’un seul.
Soudain, dans le même linceul,
on se voit deux ensemble.
Près des flots aux chantants adieux
Dinard tient sa boutique…
ne pleure pas : d’être identique,
c’est un rêve des dieux.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
20 novembre 2013
3
20
/11
/novembre
/2013
00:11
L'Allée des Alyscamps Paul Gauguin 1888, cliquez sur l'image
Trottoir de l’élysé’-palace
dans la nuit en velours
où nos cœurs nous semblaient si lourds
et notre chair si lasse ;
dôme d’étoiles, noble toit,
sur nos âmes brisées,
taxautos des champs-élysées,
soyez témoins ; et toi,
sous-sol dont les vapeurs vineuses
encensaient nos adieux —
tandis que lui perlaient aux yeux
ses larmes vénéneuses.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
25 octobre 2013
5
25
/10
/octobre
/2013
00:01
vergers en fleurs Arles 1889 Van Gogh, cliquez sur l'image
En souvenir des grandes Indes,
harmonieux décor,
la rafette nourrit d’accord
un paon et quatre dindes.
Et l’on croirait-tous ces échos
gloussants, l’autre qui grince —
d’un préfet d’or, dans sa province,
borné de radicaux.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
18 octobre 2013
5
18
/10
/octobre
/2013
00:44
misères humaines Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
Le coucou chante au bois qui dort.
L’aurore est rouge encore,
et le vieux paon qu’iris décore
jette au loin son cri d’or.
Les colombes de ma cousine
pleurent comme une enfant.
Le dindon roue en s’esclaffant :
il court à la cuisine.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
22 septembre 2013
7
22
/09
/septembre
/2013
00:10
la chambre à coucher à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
sous les pampres de pourpre et d’or,
dans l’ombre parfumée,
ivre de songe et de fumée,
le prince Lou s’endort.
Tandis que l’opium efface
Badoure à son côté,
il rêve à la jeune beauté
qui brilla sur sa face.
Ainsi se meurt, d’un beau semblant,
Lou, l’ivoire à la bouche.
Badoure en crispant sa babouche
pense à son deuil en blanc.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
16 septembre 2013
1
16
/09
/septembre
/2013
00:57
les laveuses à Arles Paul Gauguin en 1888, cliquez sur l'image
mgr Pou n’aime ici-bas
que le sçavoir antique,
ses aïeux, et la politique
du journal des débats.
elle qui naquit sous le feutre
des chevaliers mandchoux,
sa femme a le cœur dans les choux :
Dieu punisse le neutre !
Mgr Pou, mauvais époux,
tu cogites sans cesse.
Pas tant de g pour la princesse :
fais-lui des petits Pous.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes
11 septembre 2013
3
11
/09
/septembre
/2013
00:00
terrasse de café à Arles par Van Gogh en 1888, cliquez sur l'image
Princes de la Chine.
les trois princes Pou, Lou et You,
ornement de la Chine,
voyagent. Deux vont à machine,
mais You, c’est en youyou.
Il va voir l’alboche au crin jaune
qui lui dit : " i love you. »
— elle est française ! Assure You.
Mais non, royal béjaune.
Si tu savais ce que c’est, You,
qu’une française, et tendre ;
douce à la main, douce à l’entendre :
du feu… comme un caillou.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Published by Janus
-
dans
contrerimes