port de Camaret phoo Jalm, cliquez sur l'image
Les ports ont un parfum dangereux pour les hommes
Et si mon cœur est faible et las devant l’effort,
S’il préfère dormir dans de lointains arômes,
Mon Dieu, vous le vouliez, je suis né dans un port.
Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)
L’Horizon chimérique Recueil posthume 1920
les alyscamps par Van Gogh, cliquez sur l"image
La première fois.
« maman ! … je voudrais qu’on en meure. »
fit-elle à pleine voix.
« c’est que c’est la première fois,
madame, et la meilleure.
Is elle, d’un coude ingénu
remontant sa bretelle,
« non, ce fut en rêve », dit-elle.
« ah ! Que vous étiez nu… »
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
Le vent se lève !... Il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs !
Paul Valéry
extrait de "Le Cimetière marin"
Charmes 1920
l'épouse de Gilbert Quioc, cliquez sur l'image
Ornée de joyaux
L'agneau pour flambeau
La cité carrée
Est illuminée
Et déborde d'eau
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Le choix de l’Agora de Lorient après celui de l’abbatiale du prieuré de Marcillac-Lanville est délibéré. En effet, il nous a semblé qu’après avoir été dans le recueillement d’un chœur roman, cette œuvre se devait d’aller au cœur de la cité dans le bourdonnement du monde. Quel meilleur endroit donc, que le quadrilatère de cette agora contemporaine, lieu de rassemblement par excellence, où se côtoient, hébergement intergénérationnel, restaurant, activités associatives et séminaires professionnels pour oser ce grand écart culturel, cette écriture picturale singulière… QA
pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
Si tu bois du vin, toi, bois-en avec des gens intelligents,
bois avec ces beautés qui ont le sourire sur les lèvres et un teint de tulipe.
N'en bois pas trop, ne le divulgue pas, n'en fais pas un refrain,
bois-en peu, de temps à autre et en cachette.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
Salomé tatouée musée Gustave Moreau, cliquez sur l'image
à Gustave Moreau.
En casques de cristal azur, les baladines,
Dont les pas mesurés aux cordes des kinnors
Tintent sous les tissus de tulle roidis d’ors,
Exultent de leurs yeux pâles de paladines.
Toisons fauves sur leurs lèvres incarnadines,
Bras lourds de bracelets barbares, en essors
Tentants vers la lueur lunaire des décors,
Elles murmurent en malveillantes sourdines :
“ Nous sommes, ô mortels, danseuses du Désir,
Salomés dont les corps tordus par le plaisir
Leurrent vos heurs d’amour vers nos pervers arcanes.
Prosternez-vous avec des hosannas, ces soirs !
Car, surgissant dans des aurores d’encensoirs,
Sur nos cymbales nous ferons tonner vos crânes.
Stuart Merrill
Les Fastes (Thyrses — sceptres — torches)
Chez Léon Vanier, 1891 (p. 64).
auteur né une année en 4 :
la rivière d'argent forêt d'Huelgoat phoyo Jalm, cliquez sur l'image
Doux ruisseaux coulez sans violence,
Rossignols modérez votre voix ;
Taisez-vous, Zéphyrs, faites silence,
C'est Iris qui chante dans ces bois.
Je l'entends et mon coeur qu'elle attire
La connaît à ses divins accents,
Aux transports que sa douceur m'inspire,
Mais bien mieux aux peines que je sens.
Que ses yeux ont d'attraits et de charmes !
Que mon coeur a pour eux de tourment !
J'ai payé mille fois de mes larmes
Le plaisir de les voir un moment.
Jean Regnault de SEGRAIS (1624-1701)