affiche de Théophile-Alexandre Steinlenauteur né une année en 4 :
orage en Bourgogne photo Jalm, cliquez sur l'image
Dans l'instant, le ciel se couvre :
Un voile épais noircit l'air,
Et du nuage qui s'ouvre
Sortent la foudre et l'éclair :
Nise éperdue et tremblante,
Tient son amant dans ses bras,
Et la flèche étincelante
Donne à tous deux le trépas.
Nicolas-Germain LÉONARD (1744-1793)
extrait de l'orage
frondaison de hêtre en automne photo Jalm, cliquez sur l'image
Pendant que gronde la tempête
Qui lui brise nombre de branches,
Jamais son vieux tronc ne flanche,
Même s’il doit courber la tête.
Grinçant dans le soir, notre hêtre
Sous les rafales se balance
Et offre aux vents sa résistance,
Fier d’avoir été et d’être.
Tiens bon, ô arbre bien-aimé,
Car si par malheur tu nous manques,
Le jardin sera dépeuplé.
Je sais, tout est impermanent,
Mais ta présence est importante
En ce monde empli de tourments.
Dông Phong
Quiberon, 31.8.2014
oliviers par Van Gogh en 1889, cliquez sur l"image
Un Jurançon 93
aux couleurs du maïs,
et ma mie, et l’air du pays :
que mon cœur était aise.
Ah, les vignes de Jurançon,
se sont-elles fanées,
comme ont fait mes belles années,
et mon bel échanson ?
Dessous les tonnelles fleuries
ne reviendrez-vous point
à l’heure où Pau blanchit au loin
par delà les prairies ?
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929
pour en savoir plus sur Omar cliquez sur l'image
Jusqu'à quand aurons-nous à rougir de l'injustice des autres ?
Jusqu'à quand brûlerons-nous dans le feu de ce monde insipide ?
Lève-toi, bannis loin de toi le chagrin de ce monde, si tu es homme ;
c'est aujourd'hui fête, viens, buvons le vin couleur de rose.
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
La cordelle sur la colline de Vézelay photo Jalm, cliquez sur l'image
C’est la pluie, comme un frais pardon,
Sur la route qui poudroie au soleil,
Et parmi les jardins de ce printemps vermeil,
C’est le tintement clair des gouttes qui font
Des ronds dans l’eau glauque des citernes.
Sur les collines les nuages roses cernent
Amoureusement le léger horizon
Comme des lèvres humides d’anges.
Stuart Merrill
Une Voix dans la Foule : poèmes
extrait de Foi
Mercure de France, 1909
Temps-Pestif va être en vacances durant les deux prochaines semaines, car Janus s'en va à nouveau compter les escargots du côté des chemins de Bourgogne. Merci de votre fidélité, malgré cette publicité très intempestive qui squate désormais notre blog sans que nous l'ayons désirée. J'en suis vraiment désolé, mais je crains que ce soit malheureusement le prix à payer pour être publié dans les conditions actuelles... à bientôt !
Le mas d'Arles Paul Gauguin 1888, cliquez sur l'image
Ce fut par un soir de l’automne
à sa dernière fleur
que l’on nous prit pour mgr
l’évêque de Bayonne,
sur la route de Jurançon.
J’étais en poste, avecque
Faustine, et l’émoi d’être évêque
lui sécha sa chanson.
Cependant cloches, patenôtres,
volaient autour de nous.
Tout un peuple était à genoux :
nous mêlions les nôtres,
O Vénus, et ton char doré,
glissant parmi la nue,
nous annonçait la bienvenue
chez Monsieur Lesquerré.
Paul-Jean Toulet
Les Contrerimes : poèmes
Édition Émile-Paul frères, 1929