Sais-tu pourquoi le cyprès et le lis
ont acquis la réputation de liberté dont ils jouissent parmi les hommes ?
C'est que celui-ci, ayant dix langues, reste muet,
et que celui-là, possédant cent mains, les tient fermées.
Sais-tu pourquoi le cyprès et le lis
ont acquis la réputation de liberté dont ils jouissent parmi les hommes ?
C'est que celui-ci, ayant dix langues, reste muet,
et que celui-là, possédant cent mains, les tient fermées.
Nous voilà tous réunis au milieu des amoureux;
nous voilà tous affranchis des peines que le temps inflige ,
ayant vidé la coupe de mon amour, nous voilà tous libres,
tous tranquilles, tous pris de vin.
J'ai, de mes moustaches, balayé le seuil de la taverne.
J'ai renoncé à réfléchir sur le bien et le mal de ce monde et de l'autre.
Je les verrais, semblable à deux boules, rouler dans un fossé et, quand je dors
pris de vin, je ne m'en soucirais pas plus qu'en voyant rouler un grain d'orge.
Pour toi, ce qu'il y a de mieux,
c'est de fuir l'étude des sciences et la dévotion ;
c'est de t'accrocher à la chevelure d'une ravissante amie ;
c'est d'emplir ta coupe du sang de la vigne avant que le temps ait versé le tien.
Fuir tout ce qui n'est pas allégresse est le mieux ;
recevoir la coupe des mains de belles captives des princes est le mieux ;
l'ivresse, l'insouciance des Kélenders, l'oubli de soi est mieux encore.
Mais une gorgée de vin dépasse tout ce qui existe entre la lune et le poisson.
Quel est l'homme ici-bas qui n'a point commis de péché, dis ?
Celui qui n'en aurait point commis, comment aurait-il vécu, dis ?
Si, parce que je fais le mal, tu me punis par le mal,
quelle est donc la différence qui existe entre toi et moi, dis ?
C'est nous qui achetons du vin vieux et du vin nouveau,
et c'est nous qui vendons le monde pour deux grains d'orge.
Sais-tu où tu iras après la mort ?
Apporte-moi du vin et va où tu voudras.
Je suis tel que m'a produit ta puissance. J'ai vécu cent ans,
comblé de ta bienveillance et de tes bienfaits.
Je voudrais cent ans encore commettre des péchés
et voir si la somme de mes fautes l'emporterait sur celle de ta miséricorde.
Cette roue des cieux court après ma mort et la tienne, ami;
elle conspire contre mon âme et la tienne.
Viens, viens t'asseoir sur la gazon, car bien peu de temps nous reste encore
avant qu'un autre gazon germe de ma poussière et de la tienne.
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Mon pauvre coeur, plein de douleur et de folie
n'a pu être affranchi de l'ivresse où l'a plongé l'amour de ma bien aimée.
Oh ! le jour où le vin de cet amour a été distribué,
ma portion a été sans doute puisée dans le sang de mon coeur !
Omar Khayyam (1046-1131) les roubaïates
Temps-pestif va être en vacances au moins une quinzaine de jours, Janus s'en va découvrir l'île de beauté à l'aune de son pas, merci de votre fidélité malgré une publication de plus en plus aléatoire. A bientôt, poétiquement vôtre...