28 octobre 2007
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Durant le temps de la Toussaint il est d'usage de détourner un banal potiron de son destin habituel pour en faire une "lanterne épouvantail". En clin d'oeil à cette tradition conjuratoire d'origine celte, je vous propose de vous amuser en procédant de la même manière avec l'inoffensif personnage de Toto. A cette fin, je vous invite à utiliser une technique poétique ayant fait les beaux jours de "l'Oulipo" mais que Jean Molinet pratiquait déjà au XVème sous le nom de "rime senée" et que l'on désigne aujourd'hui sous le terme de "Tautogramme"(du grec tautos : même et gramma : lettre). Cela consiste à écrire un texte (vers, phrase ou proposition) dont chaque mot commence par la même lettre comme ceci :
« Mazarin, ministre malade, méditait même moribond malicieusement mille maltôtes. »
Louis de Court, Variétés ingénieuses, ou Recueil et mélange de pièces sérieuses et amusantes, 1725.

règle :
composez un quatrain d'alexandrins sur deux rimes disposées comme bon vous semble. Faites en sorte qu'un des vers soit un tautogramme et glissez où vous voulez le mot "Toto" et vous obtiendrez un "totogramme" tel que celui-ci :
Sot servile servant ses souveraines sciences,
qui guident nos destins vers des cieux incertains,
gommant l'idée d'un sens jusque dans nos consciences,
Toto est un zéro entre de viles mains.
de Jean-Luc Aotret
Faites briller les lampes de vos citrouilles pour éclairer la toile de vos traits de génies à glisser dans le commentaire comme d'habitude...
Vous êtes instamment conviés à donner vos appréciations, en notant que le jeu durera une quinzaine de jours; en décembre un jury de l'association An Amzer Poésies statuera, à partir de celles-ci, pour désigner une gagnante ou un gagnant à qui sera offerte une publication des Editions An Amzer.
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lune en chute
27 octobre 2007
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auteur allemand né une année en 7 :

Kermeur sur les bords du Belon, Tro Arvorig photo Jalm
Chêne amputé (Gestutze Eiche)
Pauvre arbre, comme ils t’ont taillé!
Quelle étrange et triste figure!
Tu n’es plus, cent fois cisaillé,
Que défi, que volonté pure.
Comme toi tronqué, tourmenté,
Sans me briser, ma vie entière,
Jour après jour j’ai résisté,
Dressant mon front dans la lumière.
Ce qui fut en moi doux, sensible,
Le monde l’a crucifié.
Mais mon être est indestructible :
Je vis heureux, pacifié.
Je pousse mes feuilles nouvelles
Malgré mes rameaux douloureux,
Toujours, dans mes peines cruelles,
De ce monde absurde amoureux.
Hermann Hesse (1877-1962), Poèmes choisis, José Corti, 1994
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né une année en 7
26 octobre 2007
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rivière de Daoulas photo Jalm
Quand pourrais-je habiter un champ qui soit à moi ;
Et, villageois tranquille, ayant pour tout emploi
Dormir et ne rien faire, inutile poète,
Goûter le doux oubli d'une vie inquiète !...
Oh ! oui, je veux un jour, en des bords retirés,
Sur un riche coteau ceint de bois et de prés,
Avoir un humble toit, une source d'eau vive
Qui parle, et dans sa fuite et féconde et plaintive,
Nourrisse mon verger, abreuve mes troupeaux..
André Chénier (30 octobre 1762 - 25 juillet 1794)
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temps-pestif
25 octobre 2007
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auteur né une année en 7 :

Saint Martin en Ré photo Jalm
Ha ! que j'en voy bien peu songer à ceste mort
Et si chacun la cerche aux dangers de la guerre !
Tantost dessus la Mer, tantost dessus la Terre,
Mais las ! dans son oubli tout le monde s'endort.
De la Mer, on s'attend à ressurgir au Port,
Sur la Terre, aux effrois dont l'ennemy s'atterre :
Bref, chacun pense à vivre, et ce vaisseau de verre
S'estime estre un rocher bien solide et bien fort.
Je voy ces vermisseaux bastir dedans leurs plaines
Les monts de leurs desseins, dont les cimes humaines
Semblent presque esgaler leurs coeurs ambitieux.
Geants, où poussez-vous ces beaux amas de poudre ?
Vous les ammoncelez ? Vous les verrez dissoudre :
Ils montent de la Terre ? Ils tomberont des Cieux.
Jean de SPONDE (1557-1595)
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né une année en 7
24 octobre 2007
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Décidément, je manque à tous mes devoirs. Voici réparation faite chère Claudie :

Quel musical appeau
Appel' d'un' chaud' voix
Les danseus' d'fandangos
Epris' d'rythm' et d'hidalgos
L'espoir d'êtr' rein' du tournoi
Claudie
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lune gibbeuse
23 octobre 2007
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voici un ultime apocopigramme qui a été malencontreusement oublié, je prie l'auteur de bien vouloir m'en excuser :

Damoisell' de fenêtre
Regardant s'échapper
Douce oiselle à lunettes
"Ne peux-t-on être honnête
En rêvant au verger ?"
Dourvac'h
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lune gibbeuse
22 octobre 2007
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le bel octobre a apporté
ses longs pinceaux et ses couleurs
bruns, rouges et ocres à la feuillée
le bois s'empourpre de splendeur
le soleil glisse un regard d'or...
se peut-il que nature s'endort ?
se peut-il que nature se meurt ?
frémissements sur la portée
feuilles envolées, éparpillées
le bel octobre a ramassé
ses longs pinceaux et ses couleurs
et s'en repart triste et songeur
Marie-Thérèse Hachet
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temps-pestif
21 octobre 2007
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Saint Michel de Braspart photo Jalm
Petit nuage, à Vénaco
Pourquoi t'es-tu donc arrêté,
Avant le grand Monte d'Oro
Tu paraissais bien fatigué.
Tu-t'es posé sur un ancrage
En équilibre sur le temps,
Dans ton pays, même un nuage
Plastronne d'un air indolent.
Je t'ai veillé pendant des heures
Bien essayé de t'énerver,
De te sortir de ta torpeur
Je n'ai pas su te réveiller.
Je t'ai laissé vivre ta nuit
En hypnose sous les étoiles,
En priant bien le Saint-Esprit
Afin que tu hisses les voiles.
Le lendemain, au point du jour
J'ai balayé le matin bleu,
Tu t'étais remis en parcours
Sous le bon vent, vers d'autres cieux.....
......A moins qu' en perles d'eau tombées
Sur l'herbe tendre du chemin,
La triste pluie, ingrate ondée,
Ne t'ait conduit vers ton destin.
Jacques Prémel-Cabic
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temps-pestif
20 octobre 2007
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Bords de l'Odet, Tro Arvorig photo Jalm
Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées
Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !
Tous ces jours passeront; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.
Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les feuilles d'automne)
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19 octobre 2007
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site du Stangala, Tro Arvorig photo Jalm
Qu'on me donne la vie que je veux,
Que près de moi le torrent coule.
Qu'on me donne en haut le ciel joyeux
Et devers moi les chemins loin de la foule.
Un lit dans les buissons pour voir les étoiles,
Le pain que je trempe dans la rivière
Pour un homme comme moi c'est la vie,
A jamais c'est la vie.
Que le coup s'abatte tôt ou tard,
Que ce qui doit être soit;
Qu'on me donne la face de la terre
Et la route devant moi.
Je ne cherche richesse, espoir ni amour,
Ni véritable ami;
Tout ce que je cherche, c'est le ciel en haut
Et la route sous mes pas.
Ou bien que l'automne s'abatte sur moi
Dans les champs où je flâne,
L'automne qui rend muet l'oiseau sur l'arbre
Et mord les doigts bleuis.
Blanc comme la farine est le champ givré
Chaud est le refuge de l'âtre
Je ne cèderai pas à l'automne,
Et même pas à l'hiver !
Qu'on me donne la vie que je veux,
Que près de moi le torrent coule...
R.L. Stevenson, traduction Claude Kosmann
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