26 décembre 2007
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Dans la Grotte secrète
Brillent les précieux dons des Mages
et l'encens s'élève
Chantal
Published by Janus
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dans
lune en exil
25 décembre 2007
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Il est de tradition encore aujourd'hui, en Alsace et en Bavière, d'inscrire à la craie sur le fronton des portes des maisons, les initiales des trois rois mages Gaspar, Melchior et Balthazar encadrées des chiffres de la nouvelle année, comme ceci 20+G+M+B+08. L'opération consiste à se mettre sous leur protection. En effet au moyen âge, avec l'influence des mystères où ils participaient au merveilleux, ils étaient l'objet d'un véritable culte. La légende ira jusqu'à imaginer que leur tombeau se situe à Cologne. Je vous propose donc dans ce jeu de rhétorique de Noël d'évoquer poétiquement ces trois mystérieux personnages qui ont suivi l'étoile pour venir vénérer un enfançon !

règle : Composez un petit épigramme aux allures d'haïku, c'est à dire constitué de trois vers de 5, 7 et 5 pieds. Faites en sorte d'y mettre trois mots commençant respectivement par G, M et B et glissez où vous voulez l'un des trois présents l'or, la myrrhe ou l'encens et vous obtiendrez ce que j'appellerais bien un "épiphanigrammme" comme celui-ci :
la Gerbe de Blé
Met son or dans la mangeoire
et l'enfant sourit
de Jean-Luc Aotret
Faites chauffer vos mots dans des athanors d'imagination pour obtenir par ce que Rimbaud appelait "l'Alchimie du verbe" la pierre philosophale de la poésie !
Vous êtes instamment conviés à donner vos appréciations. Ce jeu durera le temps des 12 jours de Noël, c'est à dire jusqu'au 6 janvier, date à compter de laquelle un jury de l'association An Amzer Poésies statuera, à partir de celles-ci, pour désigner une gagnante ou un gagnant à qui seront offertes des publications des Editions An Amzer.
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lune en exil
24 décembre 2007
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Vieux bonhomme d'hiver
Qui charme les enfants
Doux porteur de lumière
Passeur du bout de l'an
de Jean-Luc Aotret
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temps-pestif
23 décembre 2007
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Vallée du Kam Guipavas photo Jalm Que la lumière du fil
Doucement se pose
Sur la vive cascade
Que l'oiseau bleu délivre
Les êtres sans mystère
Vivent leur galère
Pourront-ils dans l'oubli
Humer le sans-souci
Viendra un jour l'étoile
Inondée de rêves
Où les pensées brèves
Caresseront la toile
Viendra l'espoir... l'avenir...
Chantal Quillec
revue An Amzer Poésies n°36
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temps-pestif
22 décembre 2007
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petit bac de Concarneau Tro Arvorig photo Jalm
C'est un mur empierré, doté de barbacanes
- d'où jaillit d'une graine et la tige et les fanes.
Muni de contreforts, grisâtres et menaçants
- évité des oiseaux, par vol enlaçant,
Qui se posent, craintifs, aux toitures voisines,
Il se dresse, arrogant, sillonné de roubines...
L'autre côté du mur montre un havre marin
Où souffle le noroît, frais, iodé, salin.
Un esquif ébrieux aux vagues se trémousse
Sous le vent qui le drosse et le flux qui le pousse.
La blanche écume, au large, évoque le rideau
De perles au soleil fusant au batardeau...
Jacques Lamy extrait de "Le mur"
revue An Amzer Poésies n°35
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temps-pestif
21 décembre 2007
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Après avoir découvert que Gabriel Betancourt était un ami de Pablo Neruda :
île de Ré photo Jalm
AQUÍ en la isla
el mar
y cuánto mar
se sale de sí mismo
a cada rato,
dice que sí, que no,
que no, que no, que no,
dice que si, en azul,
en espuma, en galope,
dice que no, que no.
No puede estarse quieto,
me llamo mar, repite
pegando en una piedra
sin lograr convencerla,
entonces...
ICI dans l'île
la mer
et quelle étendue!
sort hors de soi
à chaque instant,
en disant oui, en disant non,
non et non et non,
en disant oui, en bleu,
en écume, en galop,
en disant non, et non.
Elle ne peut rester tranquille,
je me nomme la mer, répète-t-elle
en frappant une pierre
sans arriver à la convaincre,
alors...
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poètes sans frontières
20 décembre 2007
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auteur né une année en 7 :
jardin de l'abbaye de Beauport photo Jalm
Esprit, dès le berceau dans le ciel emporté,
Qui dédaignes l'éclat des choses moins durables,
Et toujours t'arrêtant aux desseins honorables,
Ne t'es jamais soumis à nulle vanité ;
Sujet à la raison, tu vis en liberté ;
Tant de vaines grandeurs, aux autres admirables,
Tant de plaisirs pipeurs, tant d'honneurs misérables,
N'ont jamais pu toucher tes ans ni ta beauté.
Le plaisir de nos jours, qui sans cesse varie,
Est semblable aux couleurs d'une plaine fleurie,
Qu'on voit après six mois en neiges se tourner ;
Mais nos saintes amours sont hors de la nature,
Le Ciel et la Vertu seront leur sépulture ;
Car jamais les saisons ne les pourront borner.
Nicolas VAUQUELIN DES YVETEAUX (1567-1649)
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né une année en 7
19 décembre 2007
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Ménez Meur à Hanvec fête de fin de saison photo Jalm
Je ne veux pas ce soir, te vouvoyer pays,
Te parler sans accent, te faire des chichis,
Et sur chaise de paille et devant feu de bois,
Je veux manger ma crêpe en me brûlant les doigts.
Je veux en mon pichet, un valeureux champagne,
Le bon cidre bouché qu'on boit à la campagne,
Et puis vent dans la tête et coeur griffé d'ajonc,
Je veux sur la falaise embraser l'horizon.
Puis au son des tambours, de toutes cornemuses,
De tous les binious braz, de tous les binious coz,
Je veux danser enfin, jabadao, rigodon,
Et de la tête aux pieds, redevenir Breton !
Marie-Raymonde Barré (revue An Amzer Poésies n°39)
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temps-pestif
18 décembre 2007
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tombeau de Matisse à Nice photo Elga
Petit mort pour rire
Va vite, léger peigneur de comètes !
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton œil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...
Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux...
Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes...
Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux...
Ils te croiront mort — Les bourgeois sont bêtes —
Va vite, léger peigneur de comètes !
Tristan CORBIERE (1845-1875)
(Recueil : Les Amours jaunes)
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17 décembre 2007
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jubé de la chapelle saint Nicolas du Faouët photo Jalm
Tête de faune
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,
Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.
Et quand il a fui - tel qu'un écureuil -
Son rire tremble encore à chaque feuille,
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
(Recueil : Poésies)
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