Un poème hétéromètre utilise plusieurs types de vers comme peut en témoigner ce premier quatrain du fameux texte d'Apollinaire :
"Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine"
Le pont Mirabeau
où deux décasyllabes viennent encadrer un tétramètre et un hexamètre qui se succèdent. Par ailleurs, un enjambement est un prolongement syntaxique au-delà du mètre du vers tel qu'il se perçoit dans ces deux vers de Molière :
"Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations"
Le Misanthrope (vers 43-44)
Je vous propose donc durant ce temps d'été de poétiser sur le thème des "ponts qui emjambent" en vous inspirant de la prosodie de Guillaume et de Jean-Baptiste.
règle : composez un quatrain hétéromètrique constitué successivement d'un décasyllabe, d'un tétramètre, d'un hexamètre et d'un second décasyllabe, sur deux rimes embrassées : a,b,b,a. Faites en sorte que le premier et le quatrième vers assurent une prolongation syntaxique (y compris métaphorique) de façon à constituer un enjambement au-dessus des deux autres vers. Glissez-y où vous voulez l'expression "sous le pont" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien tout simplement un "soulpon" comme celui-ci :
pont de Venise photo Jalm, cliquez sur l'image
Maintenant je me couche sous le pont
pauvre de tout
tout seul et je m'en fout
des habitudes et des conventions
de Jean-Luc Aotret
Lancez vos vers dans les rivières de l'imagination pour mieux pêcher l'inspiration vous permettant de considérer de manière poétique ces prétentieux enjambements.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.







