C'est en français que le poète de langue allemande Rainer Maria Rilke nous conte ses fenêtres de vie comme dans ce premier quatrain hétérométrique du poème "la fenêtre" tiré de son recueil "Vergers" :
N'es-tu pas notre géométrie,
fenêtre très simple forme
qui sans effort circonscris
notre vie énorme ?
Dans la petite ville allemande de Gengenbach, en Forêt Noire, les fenêtres de l'hôtel de ville deviennent durant le temps de l'Avent les équivalents grandeur nature de leurs petites soeurs du calendrier en carton que des millions d'enfants vont s'empresser d'ouvrir jour après jour pour y découvrir la surprise tant attendue. Histoire de prolonger la thématique de la dernière revue d'an amzer poésies, c'est donc bien par la fenêtre que je vous propose, cette année, d'illustrer poétiquement le virtuel calendrier de l'Avent de temps-pestif. En effet, élément incontournable de notre quotidien, elle devient alors la vitrine privilégiée de ce temps qui précède noël durant lequel nous y mettrons des décorations et nous y placerons des bougies. En nous inspirant tant de sa prosodie que du regard qu'il porte sur ce cadre où se peignent nos vies, amusons nous à l'instar de Rilke à composer des petits quatrains remplis d'humanité...
règle : sur le rapport de la fenêtre à nos vies, composez un quatrain hétérométrique (petite strophe de 4 vers de mètres différents) selon le schéma suivant : 9,7,7,5 avec deux rimes alternées a,b,a,b. Glissez-y où vous voulez le mot fenêtre et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien tout simplement une "fenêtre" comme celle-ci :
hôtel de ville de Genegenbach, cliquez sur l'image
Fenêtre colorée des histoires
de l'enfance racontées
dans la quiétude d'un soir
qu'elle a éclairé
de Jean-Luc Aotret
Prenez vos plumes telles des diamants de vitriers pour nous découper des fenêtres dans la poésie de vos vies. Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.








