en passant par l'île de Brehat, voici un auteur né une année en 7 :

Louis Guillaume (1907-1971)
en passant par l'île de Brehat, voici un auteur né une année en 7 :

Louis Guillaume (1907-1971)

"Ô jour lève-toi ! des atomes dansent, les âmes, éperdues d'extase, dansent,
A l'oreille, je te dirai où l'entraîne sa danse,
Tous les atomes dans l'air et dans le sésert,
Sache-le bien, sont tels des insensés,
Chaque atome, heureux ou misérable,
Est épris du Soleil dont rien ne peut être dit."
Rûmî (1207-1273)
à l'occasion d'une escapade à Nice, la semaine dernière, j'ai glané le texte d'un auteur né une année en 7 :

O tu, la miéu bella Nissa
Coura voli emb'au pensié,
Dapé de li tiéu taulissa
Tra li rega d'oulivié.
Lou couor palpita de plési
E mille dous souveni
Mi rappellon lu bei an
Qu'èri enfan ;
Coura courii per lu prat
E sautavi lu valat
Coum'un pichoun devagat.
L'aubre flourit, un parpaioun,
O lou chièu-chièu d'un passeroun
Mi rendion tant countènt :
Eri gai, san e riènt.
O bei tem, o bella Nissa
A tu voli emb'au pensié,
Saludi li tiéu taulissa,
Lu tiéu bei pourtegalié.
Ô toi, ma belle Nice
Quand je vole par la pensée,
Près de tes toits
Entre les rangées d'oliviers.
Le cœur palpite de plaisir
Et mille doux souvenirs
Me rappellent les belles années
Quand j'étais enfant ;
Quand je courais par les prés
Et sautais les ruisseaux
Comme un petit dissipé.
L'arbre fleuri, un papillon,
Ou le cui-cui d'un passereau
Me rendaient tellement content :
J'étais gai, sain et riant.
Ô beaux temps, ô belle Nice
À toi je vole par la pensée,
Je salue tes toits,
Tes beaux orangers.
extrait de "La miéu bella Nissa"
(Ma belle Nice)
Eugène Emanuel (1817-1880)
Auteur né une année en 7 :

Les étoiles éteintes
... A l'heure où sur la mer le soir silencieux
Efface les lointaines voiles,
Où, lente, se déploie, en marche dans les cieux,
L'armée immense des étoiles,
Ne songes-tu jamais que ce clair firmament,
Comme la mer a ses désastres ?
Que, vaisseaux envahis par l'ombre, à tout moment
Naufragent et meurent des astres ? [...]
Auguste DORCHAIN (1857-1930)

auteur né une année en sept :
Sur l'oracle de Pan
Sainct Remy qui premier imposa la couronne
Aux Rois Chrestiens François, et vous leur successeur
En son huictiéme mois vous ramenant vainqueur,
L'an huictiéme ensuivant plus grand heur vous ordonne..
Tous nombres sont divins, mais Christ pour sa personne
Le huict s'est reservé : et la Sibylle autheur,
Huict cens octante huict faict en Grec le SAUVEUR,
Comme le nombre et nom qui tout salut nous donne.
Or pour vous faire foy, Sire, de l'an qui vient,
Mesme mois l'an passé (si bien vous en souvient)
Vostre fort fut, VAINCRA l'amour de la patrie.
Si le sept vostre fort si bien vous a conduit
A grand victoire et paix : le salutaire huict
D'UN BEAU LIS couronné verra France fleurie
Jean DORAT (1517-1588)
Auteur né une année en 7 :

Le temps des cerises
Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles.
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.
J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte,
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.
Jean-Baptiste CLEMENT (1837-1903)
auteur né une année en 7 :

Pour fêter le retour normal de l'âpre hiver
Pour fêter le retour normal de l'âpre hiver,
J'ai gravi, dès le jour, ma montagne rouillée.
Le vent du nord-ouest a souffle tout hier.
J'en voulais savourer la rafale mouillée,
Jeux de pluie aux clartés du ravin partiel,
Sur le treillis brumeux des branches dépouillées.
La lumière est instable aux décors irréels
Des vallons d'ombre ensoleillés de claire brume
Où se joignent, pour fuir, des lambeaux d'arc-en-ciel.
Le roc ruisselle et luit et les pics d'argent fument.
Sous le vent brusque obstinément ailé de nuit,
Et l'aile sombre éteint le rayon qui s'allume ;
Et tout le paysage pâle tourne et luit,
Cependant qu'au taillis fauve des petits chênes
Chaque feuille légère et plaintive bruit.
Et le mont tout entier pleure des larmes vaines.
Olivier CALEMARD DE LA FAYETTE (1877-1906)
auteur né une année en 7 :

Beau soir d'hiver
La neige - le pays en est tout recouvert -
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l'horizon désert,
Par des vibrations d'azur tendre et d'or vert,
Dans l'éblouissement, la pleine lune émerge.
A l'Occident s'endort le radieux soleil,
Dans l'espace allumant les derniers feux qu'il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.
Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l'arrose.
L'ombre de ses replis a des pâleurs d'iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.
1883.
Jules BRETON (1827-1906)
poète né une année en 7 :

De l'inconstance humaine (extrait)
À de vagues desseins l'homme est toujours en proie,
Son instabilité ne meurt qu'avecque lui,
Et nous voyons, Seigneur, que sa plus douce joie
Dégénère souvent en son plus grand ennui.
Bien que vers son bonheur constamment il s'empresse,
Bien qu'en ce seul objet il mette ses plaisirs,
Comme c'est hors de vous qu'il le cherche sans cesse,
Il n'est rien ici-bas qui fixe ses désirs.
 cent objets divers tour à tour il s'engage,
Et de cent tour à tour dégage ses souhaits,
Ce qui fait son bonheur se change en son dommage,
Ce qui lui plait de loin le rebute de près...
Georges de BRÉBEUF (1617-1661)
auteur né une année en 7 :

Amour, adieu...
Amour, adieu, je prends congé de toi
Amour, adieu, je m'en vais, je te laisse,
Je ne veux plus aimer cette maîtresse
Qui m'a tenu si longtemps en émoi.
Je ne veux plus la voir rire de moi,
S'éjouissant de me voir en tristesse.
Ni son bel oeil, qui m'oeillade sans cesse,
Ni de sa bouche une parjure foi,
Ni sa beauté, de moi tant admirée,
Ni de ses yeux une flèche tirée,
Ne me vaincront pour me rendre encor sien.
Adieu donc, l'oeil, adieu doncques, la bouche,
Adieu, beauté, adieu, flèche sans touche,
Cruelle, adieu, car je ne suis plus tien.
Pierre de BRACH (1547-?)