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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 00:40

auteur né une année en 7 et rimant en chose et rose :

La belle Rose, à Vénus consacrée,
L'oeil et le sens de grand plaisir pourvoit ;
Si vous dirai, dame qui tant m'agrée,
Raison pourquoi de rouges on en voit.

Un jour Vénus son Adonis suivait
Parmi jardin plein d'épines et branches,
Les pieds sont nus et les deux bras sans manches,
Dont d'un rosier l'épine lui méfait ;
Or étaient lors toutes les roses blanches,
Mais de son sang de vermeilles en fait.

De cette rose ai jà fait mon profit
Vous étrennant, car plus qu'à autre chose,
Votre visage en douceur tout confit,
Semble à la fraîche et vermeillette rose.

Clément MAROT (1497-1544)
(Recueil : L'Adolescence clémentine)

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 00:50

auteur né une année en 7 :

L'usage du temps

L'homme n'a rien du temps que l'instant qu'il possède,
Quand le temps est perdu, sa perte est sans remède :
Après tant d'embarras, tant de peine et de bruit,
On se trouve à la fin et sans temps et sans fruit.
Chacun se donne en proie au siècle qui l'entraîne,
Au plaisir qui l'amuse, au dessein qui le gêne,
Et comme s'il régnait une fatale loi,
Chacun fait ce qu'il peut pour n'être point à soi.
Homme trop partagé, possède-toi toi-même,
Fais servir tout le temps à ton bonheur suprême :
Chaque instant recueilli te vaut l'éternité.
Ne perds point tant de biens après la vanité.
N'attends pas à demain ; prends pour toi la journée :
Celle que l'on possède est la plus fortunée.
Le présent te regarde, et non pas l'avenir
Ne laisse point couler ce que tu peux tenir.
L'avare ne dit point : à demain la fortune ;
Il prend pour amasser la rencontre opportune.
Il abandonne au temps son esprit et son corps.
Le temps est son grand bien, le fond de ses trésors.
De notre illusion l'oubli du temps dérive.
De nos sens enchantés la fausse perspective
Nous montre de bien loin la mort et le tombeau ;
Et l'homme après un siècle à mourir est nouveau.
Ainsi perdant les jours, et comptant par années,
Cent ans dans son erreur ne sont que cent journées.
Le temps pousse le temps d'un insensible effort :
Et vivre, c'est toujours s'approcher de la mort. [...]

François MALAVAL (1627-1719) 

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 00:28

auteur né une année en 7 :

La fiancée

Où vas-tu, jeune fille, en ta robe de fête ?
Comme un lys du matin, ne lèves-tu la tête
Que pour montrer au jour l'éclat de tes attraits ?
Quel bonheur rêves-tu? Dis, quels sont tes souhaits ?
Cherches-tu les plaisirs nourris par la mollesse,
Ou bien ceux que procure une vaine richesse,
Les discours ou l'encens d'amis adulateurs,
Ton empire et ta chute au milieu des honneurs ?
" Mettre au pied de l'autel ma couronne de rose,
Souvenir virginal qui d'amour se compose,
Prononcer un serment qui naît de la candeur
Je vais où me conduit le choix qu'a fait mon coeur,
Pour aimer mon époux et lui vouer mon âme,
Exister de lui-même et brûler de sa flamme,
Pour être grande et noble. O ! si belle à ses yeux !
Et porter nos regards, notre espoir vers les cieux. "
- Dieu veille sur tes pas, jeune fille adorée
Qu'il donne à ces vertus une gloire assurée.

De blanches fleurs parent son front.
Son coeur bat d'une vive joie.
Rien ne la distrait sur sa voie.
Or du ciel s'échappe un rayon
Pour embellir son innocence.
Elle marche avec l'espérance
Et l'amour dans sa pureté.
On la contemple et on l'admire ;
Sa hanche n'offre qu'un soupir,
L'adieu de sa virginité.

Charles LEVESQUE (1817-1859)

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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 01:34

auteur né une année en 7 :

La colombe poignardée
Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le choeur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu'il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le coeur ;

Et l'on n'a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c'est son âme elle-même.

Jules LEFÈVRE-DEUMIER (1797-1857) 

 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 01:12

auteur né une année en 7 :

A la lune

Quand tu luis au-dessus de la forêt mouvante,
On dirait que des feux s'allument tout au fond.
Tu donnes un baiser à l'océan profond,
Et l'océan frémit comme une âme vivante.

Es-tu notre compagne ? Es-tu notre servante ?
Ton éclat nous ravit, ton pouvoir nous confond.
Sous ton voile brillant comme l'or qui se fond,
N'es-tu qu'un astre mort où règne l'épouvante ?

Donne au toit sans lumière un rayon de pitié,
Au rêve du poète, une aile audacieuse,
Et sur les nids d'amour plane silencieuse.

Tu n'offres à nos yeux souvent qu'une moitié...
De même faisons-nous, blonde lune que j'aime ;
Cachons-nous des défauts par ce vieux stratagème.

Léon-Pamphile LE MAY (1837-1918) 
(Recueil : Les gouttelettes)

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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 01:36

auteur né une année en 7 :

A quoi bon prolonger la lutte et la révolte ?

A quoi bon prolonger la lutte et la révolte ?
Transmettre, sans scrupule, à d'autres combattants
Un mot d'ordre menteur qui mène aux guet-apens ?
Les laboureurs sont las de semer sans récolte.
Ce monde peut mourir ! je suis prêt et j'attends...

J'attends, j'attends encore... Ah ! suprême ironie !
Le rêve du néant, même, est un faux espoir !
Car voici que, soudain, là-bas, dans le fond noir
Tressaille, radieuse, ardente, rajeunie,
La fleur des vieux matins, comme un rouge ostensoir !
.................................................

Puisque la vie est là, cruelle, mais certaine,
Dans l'ivresse d'agir il faut bien oublier !
J'ai les bras, j'ai le coeur d'un vaillant ouvrier ;
Je ne veux m'endormir que sur ma gerbe pleine ;
Rêvant d'un maître juste et qui saura payer.

A la vie ! A la vie ! Et tous dans la lumière !
Sur la glèbe ou les flots, main calleuse et grands fronts,
Moissonneurs de pensers, ramasseurs d'épis blonds,
Tous les hommes, à l'oeuvre, et les lâches derrière !
Toi, poète, en avant, pour sonner les clairons !

Georges LAFENESTRE (1837-1916) 

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 01:19

auteur née une année en 7 :

Sérénade printanière

Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,
Je t'adore !
Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,
C'est l'aurore !
Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,
Que l'on souffre,
Que la vie est un pont qui tremble, se penchant
Sur un gouffre ?
Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,
Les désastres ?
Avril gazouille et rit dans les tendres vergers
Fleuris d'astres !
Le sombre hiver a fui ; le radieux printemps
Nous délivre.
Viens mêler à mes pleurs tes baisers haletants ;
Je veux vivre !
Nos coeurs sont confondus, nos âmes pour toujours
Sont unies ;
Nous avons épelé le livre des amours
Infinies !
Et je ne vois plus rien que l'éclair de tes yeux
Pleins de fièvres...
Viens ! je veux soupirer les suprêmes aveux
Sur tes lèvres !...

Augusta HOLMÈS (1847-1903) 

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 12:24

auteur né une année en 7 :

L'éternel fardeau

Il est, mon frère, un meuble sombre
Qu'en t'éveillant tu vois d'abord :
La nuit dans ta chambre est encor,
Tu vois au mur la croix dans l'ombre !

Il faut la porter tout le jour.
Mais elle est douce, elle rayonne,
Mais de fleurs la croix se couronne
Pour qui la porte avec amour !

Le Bon Dieu, de ses mains divines,
Pour notre épaule a fait ce poids :
Quand on veut secouer la croix,
La croix se hérisse d'épines !

Elle est d'un bois très différent ;
Divers est le mal qu'elle cause.
Elle est parfois en bois de rose :
Elle est d'un bois toujours pesant !

Apollinaire GINGRAS (1847-1935) 

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 12:21

auteur né une année en 7 :


Traitres yeux mis au guet de ma haute eschauguette
Contre les ennemis du coeur vostre Seigneur,
Que donnés vous passage à l'oeil assassineur
De ma laronne amie en ma moëlle segrette ?

Helas il n'est plus temps de sonner la retraite
Quand le fort est tenu du soldat butineur !
Aussi mon mur sapé par ce cruel mineur,
D'une mer de vos pleurs vous fait paier la dette.

Las ! je faus, ce n'est vous qui dedans mon cerveau
Desseignés nuit et jour ce nonpareil tableau :
C'est la daimon chambrier de nature et de l'astre

Qui obeit aux lois de si rare beauté :
Puisque nature donc nous guide à son coté,
Nous sommes (coeur, yeux, moi) en bienheureux desastre.

Jean Edouard DU MONIN (1557-1586) 
(Recueil : Amours de Rondelette)

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 12:17

auteur né une année en 7 :

Epitaphe à Ninon de Lenclos

Clusine, qui dans tous les temps
Eut de tous les honnêtes gens
L'amour ou l'estime en partage ;
Qui toujours pleine de bon sens,
Sut de chaque saison de l'âge
Faire toujours un juste usage,
Qui dans son entretien dont on fut enchanté
Faisait un heureux alliage
D'un agréable badinage
Avec la politesse et la solidité.
Et que le ciel doua d'un esprit droit et sage,
Toujours l'intelligence avec la vérité
Clusine est, grâce au Ciel
En parfaite santé.
Et voici l'épitaphe inutile :

Ci-gît la femme qui voulut
Etre un honnête homme et le fut
Voilà votre épitaphe faite
Et par avance, Dieu merci,
Puissiez-vous comme je le souhaite
La lire dans cent ans d'ici.

Bernard Le Bovier de FONTENELLE (1657-1757) 

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L'univers d'An Amzer

 

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