cœur tressé de l'île de Groix, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Il est beau, trop jeune, mais qu’importe
Il est doux le béguin
Loin des raisonnements importuns
Quand les sens nous emportent
Muriel
cœur tressé de l'île de Groix, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Il est beau, trop jeune, mais qu’importe
Il est doux le béguin
Loin des raisonnements importuns
Quand les sens nous emportent
Muriel
cœur graffé dans le vallon du Stangalar, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Dans l'ombre d'un soir ennuyeux
Son œil clair et limpide
Accroche la fille intrépide
Le béguin pour ses yeux.
Marylène
cœur vert d'hiver aux lapins, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Belle voyez, toutes ces roses
Sont mon plus grand béguin.
C'est celle à la robe carmin
Qu'à vos pieds je dépose !...
Annie
Deux cœurs en bois enrubannés, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Ce soir je sens encor flotter
Ton parfum de jasmin,
Quand j’avais pour toi le béguin
En ces printemps passés.
cœur graffé dans le vallon du Stangalar, photo Jalm. cliquez sur les liens.
Au bal masqué de son lycée
accrochée à ses basques
elle eut le béguin de ses frasques
il lui fit un baiser
Claudie
cœur bas-relief de l'église de Villefranche sur Cher, photo Jalm. cliquez sur les liens.
le béguin est une petite coiffe s'inspirant de celle que portaient les religieuses laïques du moyen âge dénommées "béguines". Au sens figuré, le mot désigne cette affection soudaine pour une personne que le poète Paul-Jean Toulet qualifie de "passion canaille dénommée béguin" dans son roman "Mon Amie Nane" aux éditions Le Divan, 1922. Ce sens a donné lieu aux expressions populaires "avoir le béguin" (attirance) ou "faire un béguin" (soupirant).
Le même auteur est à l'origine d'une forme de poème qu'il baptisera "contrerime". Cette forme est constituée d'un ou plusieurs quatrains combinant rimes embrassées et structure métrique croisée, donnant une impression de déséquilibre systématique dont voici un exemple tiré de son recueil "Les Contrerimes" aux éditions Émile-Paul frères, 1929 :
Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L’arôme de ta chair ;
A l'occasion de la prochaine saint Valentin, je vous propose de nous amuser à écrire des petits poèmes en s'inspirant à la fois du "béguin" et de la prosodie inventée par Toulet.
Règle : Composez, sur la thématique de la saint Valentin, un quatrain (strophe de quatre vers) constitué de l'alternance d'un octosyllabe (vers de 8 pieds) et d'un hexamètre (vers de 6 pieds) avec deux rimes embrassées abba. Glissez-y où vous voulez l'expression conjuguée "avoir le béguin" ou "faire un béguin" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien tout simplement un "béguin", comme celui-ci :
Dans l'allée du vaste jardin
En croisant son regard
Tandis qu'il sortait du brouillard
Elle en eut le béguin
de Jean-Luc Aotret
Saisissez votre plume telle la flèche de cupidon pour transpercer les cœurs et créer des béguins à foison.
mascaron de Prague, illustration de Jalm, cliquez sur les liens
Ma boulangère est bien mielleuse
Mon boucher tranche à la sauvette
Ma bistrote est mise en veilleuse
Je les croise à la supérette
Ils sont pressés, râleurs, fuyants,
C’est le mal de tous les Français
Travailleurs, peuple ou commerçants
Ils sont masqués
David
mascaron de Prague, illustration de Jalm, cliquez sur les liens
Brighello en pourpoint olive
Bourse et poignard au ceinturon
Et masque noir pour l'offensive
Contre le noble Pantalon,
Ânonne un bel épithalame
Elogieux, ronflant à souhait,
Mieux lui faut oublier la Dame,
Ils sont masqués !
Annie
mascaron de Prague, illustration de Jalm, cliquez sur les liens
Revêtir un déguisement
Soustraire peu ou prou de soi
Le noble devenant manant
Quand le manant lui devient roi
Voici ces étranges cortèges
De carnavaleux déguisés
Jouissant de tous privilèges
Ils sont masqués !