cœur bas-relief de l'église de Villefranche sur Cher, photo Jalm. cliquez sur les liens.
le béguin est une petite coiffe s'inspirant de celle que portaient les religieuses laïques du moyen âge dénommées "béguines". Au sens figuré, le mot désigne cette affection soudaine pour une personne que le poète Paul-Jean Toulet qualifie de "passion canaille dénommée béguin" dans son roman "Mon Amie Nane" aux éditions Le Divan, 1922. Ce sens a donné lieu aux expressions populaires "avoir le béguin" (attirance) ou "faire un béguin" (soupirant).
Le même auteur est à l'origine d'une forme de poème qu'il baptisera "contrerime". Cette forme est constituée d'un ou plusieurs quatrains combinant rimes embrassées et structure métrique croisée, donnant une impression de déséquilibre systématique dont voici un exemple tiré de son recueil "Les Contrerimes" aux éditions Émile-Paul frères, 1929 :
Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L’arôme de ta chair ;
A l'occasion de la prochaine saint Valentin, je vous propose de nous amuser à écrire des petits poèmes en s'inspirant à la fois du "béguin" et de la prosodie inventée par Toulet.
Règle : Composez, sur la thématique de la saint Valentin, un quatrain (strophe de quatre vers) constitué de l'alternance d'un octosyllabe (vers de 8 pieds) et d'un hexamètre (vers de 6 pieds) avec deux rimes embrassées abba. Glissez-y où vous voulez l'expression conjuguée "avoir le béguin" ou "faire un béguin" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien tout simplement un "béguin", comme celui-ci :
Dans l'allée du vaste jardin
En croisant son regard
Tandis qu'il sortait du brouillard
Elle en eut le béguin
de Jean-Luc Aotret
Saisissez votre plume telle la flèche de cupidon pour transpercer les cœurs et créer des béguins à foison.
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