
Le bois de Luzigou, Tro Arvorig photo Jalm
LA VIGNE NUE
Une à une elles tombent, au moindre souffle d’air
Les jaunes toujours vives, mais cachant leurs blessures
Se mêlant à leurs sœurs, les rouges comme des fruits mûrs
La vigne vierge se dénude, et c’est le temps des pierres
Puis le vent se fait dur et arrache les tenaces
Celles qui ne savent pas que la fin est si proche
Et la pluie se fait drue, les condamnant sans grâce
A se coller au sol auquel elles se raccrochent.
Elles deviendront abris de bestioles craintives
De tendres tapis rouille où je pose mes pas,
Où les derniers pétales, des roses encore tardives
Seront gouttes de sang pour l’ultime trépas.
La terre reprend ses droits, après avoir donné
Elle se nourrit des siens, pour en parfaire l’éclat
Feuilles d’automne vaincues, qu’octobre a sacrifiées
Eteignent en silence leur lumière ici-bas..
Chantal







