Hier j'ai reçu un coup de fil de Gilles Baudry qui a évoqué Max Jacob
dont il prévoyait de lire un texte à la veillée du 15 août. Je ne
résiste pas au plaisir de vous livrer celui-ci :
Le Phare d’Eckmühl
Le phare d’Eckmühl est une grosse lanterne.
Si tu as perdu ta route sur la lande tu regardes à droite
ou à gauche et tu vois où est Saint-Guénolé.
Depuis que je vous connais, Marie Guiziou, j’ai cherché vos
yeux sur toutes les mers de cette terre-ci.
Mais vos yeux tournent de côté et d’autre partout
Où il y a des amoureux.
Marie Guiziou, Marie Guiziou ! La vie est comme la lande
pour moi et vous êtes pour moi comme le phare d’Eckmühl.
Marie Guiziou ! Ma vie est comme l’océan autour
de Penmarch ! et si je ne vois vos yeux je suis un naufragé
sur les rochers.
Max Jacob Poèmes de Morvan le Gaëlique, Gallimard, 1953.







